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Il est trop tôt pour tirer des leçons de l’évolution du nombre de cas

Le Conseil d’État a fait le point sur la situation et les nouvelles décisions prises pour faire face à l’épidémie.

De gauche a droite, le directeur general du CHUV Philippe Eckert, la conseillere d'Etat vaudoise Beatrice Metraux, la conseillere d'Etat vaudoise Rebecca Ruiz et le medecin cantonal vaudois Karim Boubaker le 5 mars 2020.
De gauche a droite, le directeur general du CHUV Philippe Eckert, la conseillere d'Etat vaudoise Beatrice Metraux, la conseillere d'Etat vaudoise Rebecca Ruiz et le medecin cantonal vaudois Karim Boubaker le 5 mars 2020.
Laurent Gillieron, Keystone

Tout le monde est rivé sur l’évolution de la courbe des personnes infectées par le coronavirus dans le canton. Elle continue de grimper, «mais le nombre de cas par jour se tasse un peu», a noté, lundi, le médecin cantonal, Karim Boubaker, avant de préciser qu’il est encore trop tôt pour en tirer une quelconque leçon. Dimanche, le canton comptait 1782 cas confirmés et seize décès.

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La vallée de Joux

Des seize personnes décédées à ce jour du coronavirus, cinq viennent de la vallée de Joux. Une part importante – presque un tiers – qui étonne. «C’est une situation particulière, a reconnu Karim Boubaker, mais nous n’avons pas de mesures spéciales à prendre autres que de la suivre de près.» La directrice générale du Pôle santé de la Vallée, Pascale Meylan, balaie d’un revers de main d’éventuelles causes liées à un manque de personnel ou de matériel: «Nous sommes dans la même situation que tous nos collègues vaudois. Ni plus ni moins.» Elle souligne en revanche que le site combier propose de l’hébergement médicosocial et accueille de ce fait des résidents plus vulnérables à la maladie. Pour Karim Boubaker, qui parle de «patients très âgés (de 85 à 95 ans) avec de multiples comorbidités», il se pourrait aussi que le nombre important d’infections trouve son origine lors de fêtes qui se seraient déroulées avant la prise des mesures visant à endiguer la propagation du virus.

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Réquisition de médicaments

Le Conseil d’État a décidé de réquisitionner les stocks existants de Plaquenil, comme le lui permet la loi sur la santé publique. Ce médicament, plus connu sous le nom de chloroquine, pourrait se révéler efficace contre le coronavirus. «Les experts consultés estiment qu’il s’agit d’un traitement expérimental dont l’usage doit être réservé aux infections Covid-19 qui nécessitent une prise en charge hospitalière», a expliqué la conseillère d’État Rebecca Ruiz. Le gouvernement demande aux médecins de limiter la prescription de cette substance aux patients atteints de maladies chroniques nécessitant un traitement à la chloroquine. D’autres médicaments pourraient être réquisitionnés à l’avenir.

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Les Communes

Le plan canicule, qui sert de base pour faire face l’épidémie, a été étendu aux personnes âgées de plus de 65 ans. La population va recevoir un courrier de la part des Communes expliquant la marche à suivre pour pouvoir bénéficier d’un soutien. «En clair, ce qu’on veut, c’est que les personnes de plus de 65 ans ne fréquentent plus les commerces», a expliqué Denis Froidevaux, chef de l'État major cantonal de conduite. Des solutions seront apportées aux seniors pour faire leurs courses ou organiser des transports par le biais des Communes.

D’ailleurs le Conseil d’État a édicté un certain nombre de prestations que les Communes doivent maintenir, comme la gestion des déchets, l’épuration des eaux ou encore les services financiers. Et «seules les tâches administratives indispensables sont maintenues», a encore indiqué la conseillère d’État Christelle Luisier. À ce titre, les Communes doivent s’abstenir de toute notification comprenant des délais (recours, mises à l’enquête, etc.), sauf en cas «d’urgence absolue». «Le mot d’ordre est de ne pas faire de zèle administratif», a assuré Christelle Luisier. Pour garder un semblant de fonctionnement institutionnel, les Conseils communaux ou généraux pourront prendre des décisions, mais sans se réunir et sans délibération. Les votes se feront par correspondance et les Communes devront au préalable demander l’autorisation au Conseil d’État.

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Vortex

Le bâtiment circulaire construit sur le site de l’Université de Lausanne est «immédiatement opérationnel» pour loger du personnel médical, notamment. Sur le terrain, la Protection civile a déployé 730 personnes. Du côté des forces de l’ordre, 700 policiers sont à pied d’œuvre. À ce jour, ils ont procédé à 30 dénonciations au Ministère public pour rassemblement et adressé 56 contraventions.

Enfin, les autorités appellent les familles à ne pas faire leurs courses à plusieurs pour ne pas engorger les commerces d’alimentation.

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