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Le vote sur les épidémies et moi

Vous rappelez-vous du vote de 2013 sur la loi sur les épidémies? Pour l'avoir couverte, moi oui. Souvenirs d'une campagne où l'on débattit d'à peu près tout sauf de pandémie.

Juillet 2013. Dans l’indifférence générale, un office fédéral dont aucun responsable n’est encore une rock-star publie une feuille d’information. Elle dit ceci: «Il faut protéger l’être humain contre les maladies transmissibles. De nouvelles maladies (comme le SRAS ou la grippe pandémique H1N1), des propriétés jusque-là méconnues d’agents pathogènes existants ou de nouvelles formes de propagation sont apparues.»

Les Suisses se préparent alors à voter sur une nouvelle loi sur les épidémies. Oui, oui, cette loi qui sert aujourd’hui de base à tout ce que vous vivez: la situation extraordinaire et ces fameuses ordonnances par lesquelles le Conseil fédéral peut, d’une heure à l’autre, interdire les rassemblements de plus de cinq personnes, fermer les écoles et faire clore votre restaurant pour raisons sanitaires.

«Au-delà des modes langagières, les mots disent qui nous sommes»

Je repense souvent ces derniers jours à la campagne qui avait précédé le vote sur la loi sur les épidémies en 2013 et à ce que ça dit de l’exercice démocratique, politique et médiatique. Plantons le décor. À l’époque, le référendum est emmené par le naturopathe alémanique Daniel Trappitsch, l’UDF et les Jeunes UDC. Leurs convictions: «La loi sur les épidémies induirait une sexualisation précoce des enfants (ndlr: avec l’idée que l’éducation sexuelle pour prévenir des maladies transmissibles gâterait le cerveau des bambins…), représenterait un chèque en blanc à l’industrie pharmaceutique et aboutirait à un fichage jamais vu de la population.» C’était Ubu roi au pays de la pandémie. Alors les médias ont trouvé une marotte: les vaccins. Et à longueur d’interviews (dont la mienne retrouvée aux archives), le ministre de la Santé Alain Berset a dû expliquer que personne ne sera obligé de se faire vacciner en insistant: «Ce n’est pas une loi sur les vaccins mais une loi pour lutter contre les épidémies. Et au moment où l’épidémie s’annonce, ce n’est pas le vaccin qui est au centre des discussions – parfois, il n’existe même pas! – mais la manière dont on s’organise pour éviter la propagation de la maladie. C’est le cœur de la loi.»

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Sourires gênés. Une pandémie en Suisse? En 2013, c’était de la science-fiction pour la majorité d’entre nous! Le sras ou le H1N1 demeuraient des abréviations barbares réservées à des pays d’Asie dont les habitants masqués nous faisaient gentiment sourire. C’est sûr, le coronavirus va changer fondamentalement la perception des risques en Suisse. Et, sans doute, injecter un peu d’humilité dans nos certitudes.

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