«Je crois que les Suisses seront fidèles à leur fournisseur de courant»

Libéralisation de l'électricitéDoris Leuthard a mis en consultation le projet de libéralisation complète du marché le l'électricité qui permettra à chaque Suisse de choisir dès le 1er janvier 2018 son fournisseur de courant.

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Dès le 1er janvier 2018, les petits consommateurs pourront aussi profiter de la libre concurrence pour leur approvisionnement en électricité. Le Conseil fédéral, a mis mercredi 8 octobre en consultation jusqu'au 22 janvier le projet de libéralisation complète du marché.

Chaque été, dès que les entreprises d'approvisionnement en électricité auront communiqué leurs tarifs pour l'année suivante, les Suisses pourront choisir librement leur fournisseur de courant. Il pourront se tourner vers une autre offre chaque année moyennant un délai de résiliation de deux mois. Un système que Doris Leuthard a comparé avec celui de l'assurance maladie où l'on peut changer annuellement de caisse. Interview avec la ministre de l'Energie.

24 heures Ce modèle est basé sur le système des primes d’assurance maladie. Risque-t-on les mêmes dérives?

Doris Leuthard: Je pense que le marché de l’électricité est très différent. Aujourd’hui seuls les gros clients connaissent cette ouverture. Mais nous voulons vraiment que les petits consommateurs, les ménages et les PME puissent profiter de ce libre-choix. Et nous pensons, grâce à l’expérience acquise avec le modèle des primes maladie qui permet de changer chaque année de caisse, que c’est possible. Mais je ne crois pas qu’il y aura de gros changements. Si le fournisseur est en ordre et offre des prestations de qualité, je pense que le consommateur sera fidèle. En outre, nous avons aussi créé un modèle d’approvisionnement garanti qui permet aux petits clients de rester dans le modèle qu’ils connaissent actuellement.

Le but est de faire jouer la concurrence. Est-ce que les prix vont baisser?

C’est difficile à prévoir. Car le coût de production et la vente de l’électricité ne représente qu’une partie du prix final pour le consommateur. Il y a aussi le prix pour le réseau, des taxes communales, cantonales, etc. Mais dans la mesure où les prix européens de l’électricité sont très bas et qu’en Suisse il y a des fortes différences de tarifs - parfois jusqu’à 40% - nous espérons qu’il y aura des baisses de prix de la part des fournisseurs les plus chers actuellement.

Cette libéralisation n’est-elle pas contraire à la stratégie énergétique 2050, puisque les Suisses pourront acheter de l’électricité nucléaire française par exemple?

Je pense que la grande partie de nos compatriotes voudra de l’électricité de provenance suisse, parce que ce sont nos places de travail, et nos régions qui produisent de l’électricité. C’est un pilier économique très important! Je crois que nous aurons des clients qui vont d’abord se concentrer sur les prix, comme pour les primes maladie ou la télécommunication, et d’autres qui viseront un produit plus ciblé, répondant à leurs attentes d'énergies propres par exemple. Nous verrons comment le marché se développe. Mais pour nous, il est essentiel de pouvoir offrir le libre-choix aux Suisses, afin qu’ils puissent décider ce qu’il veulent. C'est bon pour notre pays.

Est-ce que cette libéralisation pourrait mettre en danger certains petits fournisseurs actuels?

Je ne pense pas. Mais comme souvent, les petits fournisseurs n’ont pas de structures vraiment professionnelles. Si j’ai un conseil à leur donner, c’est qu’ils coopèrent mieux avec leurs voisins, en termes de réseau, d’achat et de vente, afin de mettre sur pied une organisation professionnelle. Mais rester indépendant et autonome dans la future structure ne devrait pas être un danger.

Cette ouverture est une condition en vue de l’accord sur l’électricité avec l’UE. Cela veut dire que le dossier avance?

La libéralisation est une condition-clé à cet accord car en Europe, le marché est totalement libre actuellement. Et dans les pays similaires à la Suisse, comme la Belgique ou l’Autriche, on le voit, tout se passe bien, il n’y a pas de catastrophe. En outre, si la Suisse veut garantir son rôle d’îlot du réseau européen, cette ouverture du marché est une condition. Cela dit, c’est aussi dans l’intérêt européen de dire oui à cette libéralisation. Mais les négociations avancent avec l’UE et je suis optimiste. (nxp)

Créé: 08.10.2014, 17h47

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