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Le deal sur l’AVS séduit le PS mais pas le peuple

Alors que le PS s’est écharpé sur le sujet samedi, les Suisses refuseraient le paquet mêlant réforme fiscale des entreprises et «cadeau» à l’AVS.

Les délégués du PSS ont approuvé le paquet par 148 voix contre 68 ce samedi à Olten. Les Jeunesses socialistes suisses soutiendront le référendum.
Les délégués du PSS ont approuvé le paquet par 148 voix contre 68 ce samedi à Olten. Les Jeunesses socialistes suisses soutiendront le référendum.
KEYSTONE, Keystone

Pour ceux qui l’ont conçu, c’est le deal politique de l’année. Le projet de réforme fiscale couplé à un financement supplémentaire de l’AVS (RFFA) a passé la rampe des Chambres vendredi dernier, le compromis ayant trouvé grâce aux yeux du PLR, du PDC et du PS. Pour faire simple, il s’agit de mettre fin aux statuts fiscaux spéciaux des grandes multinationales, d’abaisser le plus souvent les impôts des PME et du même coup, de reverser à l’AVS près de 2 milliards de francs par an.

Mais selon un premier sondage réalisé par Tamedia, ce compromis très helvétique ne recueille pas les faveurs des Suisses. Dans la foulée, le référendum a été annoncé samedi par Les Verts qui n’y voient qu’une pâle copie de la réforme des entreprises (RIE III), rejetée par le peuple l’an passé. Les Jeunes UDC et d’autres organisations du camp écologique et social sont également dans la bataille.

Selon l’enquête menée auprès de 19 412 personnes lundi et mardi derniers et des résultats pondérés selon des variables démographiques, géographiques et politiques, 51% des Suisses se disent ainsi opposés ou plutôt contre ce deal et 42% y seraient plus ou moins favorables. Le paquet fait encore 8% d’indécis. Les signatures n’ont pas encore été récoltées mais l’éventuel vote a déjà été fixé au 20 mai 2019. Il se pourrait donc que les choses aillent très vite.

Des débats houleux

Les prises de position n’ont d’ailleurs pas tardé à tomber, prémisses de la campagne tendue qui s’annonce. Si les organisations patronales soutiennent globalement le texte, émettant quelques réserves, les milieux syndicaux sont très critiques et le SSP a déjà annoncé qu’il soutiendrait le référendum. L’Union syndicale suisse a de son côté accepté le projet d’un cheveu (46 voix contre 41) et a décidé de laisser la liberté de vote en raison d’une appréciation divergente de l’objet alors que son président, Paul Rechsteiner, en est un des artisans.

Dans ce contexte, les yeux étaient rivés sur l’Assemblée des délégués du Parti socialiste, qui se tenait ce samedi à Olten. Car la droite estime avoir fait un pas dans le sens des compensations sociales après l’échec de la RIE III devant le peuple et attend du PS qu’il se mobilise sérieusement en faveur de ce paquet. Au bout de trois heures de débats houleux, où les intervenants ont dû être triés et le temps de parole limité, les délégués ont finalement accepté, par 148 voix contre 68, de soutenir le paquet, se ralliant ainsi à la position du président Christian Levrat, lui aussi un des grands forgerons du deal. Mais signe de la tension, les Jeunes socialistes envisagent même de soutenir le référendum.

À ce titre, le fait que les sympathisants du PS soient, selon le sondage, particulièrement divisés sur la question (47% de oui contre 44% de non), ne surprend pas vraiment la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD). «Qu’il subsiste des cadeaux fiscaux passe forcément un peu mal et personne au Parti socialiste ne s’en réjouit. Mais cet accord – qui est uniquement politique – permet tout de même de les limiter, d’imposer les dividendes même si ce n’est pas à 100% et, surtout, il offre une compensation sociale indispensable à l’AVS.» Si elle reconnaît que la bataille s’annonce rude, le résultat plutôt négatif de ce premier sondage ne l’inquiète pas outre mesure. «Pour un sujet aussi technique, qu’il y ait déjà 42% de oui est plutôt rassurant.»

Un sujet très technique

Invoquant également la complexité du dossier, Christian Lüscher (PLR/GE) ne se dit pas plus inquiet. «Le résultat de ce sondage me paraît à la fois inodore et incolore. La population n’a pas encore toutes les cartes en main.» Pour lui, la campagne saura faire comprendre que le paquet est équilibré et constitue une réponse pragmatique. Elle-même sceptique au départ, Ada Marra partage l’analyse et soutiendra le projet en cas de référendum, tout en ne se privant pas de pointer les aspects qui la dérangent. «Dans tous les cas, avec un parlement à majorité de droite, il ne fallait pas s’attendre à un projet correspondant au programme du Parti socialiste», nuance-t-elle. Dans tous les cas, aucun des deux ne souhaite céder au discours du «zéro alternative».

S’il ne l’évoque pas non plus en ces termes, Guillaume Barazzone (PDC/GE) estime que ce sondage prouve la nécessité d’une campagne forte. «Le Conseil fédéral in corpore doit monter au front pour défendre cette réforme car elle est indispensable pour tous les secteurs du pays.» Et d’adresser un message au Parti socialise. «Nous avons mis de l’eau dans notre vin. Ils ont une très grande responsabilité et devront vraiment défendre ce paquet sur le terrain.» Pour lui, le succès viendra de la capacité à donner des exemples concrets.

Quant à l’UDC, guère emballée, elle ne fera pourtant pas campagne pour le référendum. Le Fribourgeois Jean-François Rime estime par ailleurs qu’il est bien trop tôt pour tirer des leçons. «Ce dossier est tellement compliqué que ce premier sondage n’a pour moi pas la moindre pertinence.»

Pour ceux qui l’ont conçu, c’est le deal politique de l’année. Le projet de réforme fiscale couplé à un financement supplémentaire de l’AVS (RFFA) a passé la rampe des chambres vendredi dernier, le compromis ayant trouvé grâce aux yeux du PLR, du PDC et du PS. Pour faire simple, il s’agit de mettre fin aux statuts fiscaux spéciaux des grandes multinationales, d’abaisser le plus souvent les impôts des PME et du même coup, de reverser à l’AVS près de deux milliards de francs par an. Alors que le référendum est déjà annoncé par les Verts, les jeunes UDC et d’autres organisations du camp écologique et social, la population est très sceptique sur cet objet qui réunit pourtant la gauche et la droite de la classe politique.

Selon un premier sondage Tamedia sur ce sujet, 51% des Suisses se disent ainsi opposés ou plutôt contre ce deal et 42% y seraient plus ou moins favorables. Le paquet fait encore 8% d’indécis. Les signatures n’ont pas encore été récoltées mais l’éventuel vote a déjà été fixé au 20 mai 2019. Il se pourrait donc que les choses aillent très vites. Les prises de position n’ont d’ailleurs pas tardé à tomber, prémisses de la campagne tendue qui s’annonce. Si les organisations patronales soutiennent globalement le texte, émettant quelques réserves, les milieux syndicaux sont très critiques et le SSP a déjà annoncé qu’il soutiendrait le référendum.

L’Union syndicale suisse a de son côté accepté le projet d’un cheveu (46 voix contre 41) et a décidé de laisser la liberté de vote en raison d’une appréciation divergente de l’objet alors que son président, Paul Reichsteiner, en est un des artisans. Les cantons, eux, y sont unanimement favorables.

Dans ce contexte, les yeux étaient rivés sur l’Assemblée des délégués du Parti Socialiste qui se tenait ce samedi à Olten. Car la droite estime avoir fait un pas dans le sens des compensations sociales après l’échec de la RIE III devant le peuple et attend du PS qu’il se mobilise sérieusement en faveur de ce paquet, comme nous le confie Christian Lüscher, conseiller national (PLR/GE). Au bout de trois heures de débat houleux, où les intervenants ont dû être triés et le temps de parole limité, les délégués ont finalement accepté, par 148 voix contre 68, de se rallier soutenir le paquet, se ralliant ainsi à la position du président Christian Levrat, lui aussi un des grands forgerons du deal. Mais signe de la tension, les Jeunes socialistes envisagent même de soutenir le référendum.

Dans ce contexte, le résultat du sondage qui annonce que les sympathisants du PS sont particulièrement divisés sur la question (47% de oui contre 44% de non), ne surprend pas vraiment la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD). «Qu’il subsiste des cadeaux fiscaux passe forcément un peu mal et personne au Parti socialiste ne s’en réjouit. Mais cet accord – qui est uniquement politique – permet tout de même de les limiter, d’imposer les dividendes même si ce n’est pas à 100% et, surtout, offre une compensation sociale indispensable à l’AVS.» Si elle reconnaît que la bataille s’annonce rude, le résultat plutôt négatif de ce premier sondage ne l’inquiète pas outre mesure. «Pour un sujet aussi technique, qu’il y ait déjà 42% de oui est plutôt rassurant.»

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