«Je défendrai les idées de l’UDC au Conseil fédéral»

Candidature Le Vaudois Guy Parmelin estime qu’il aurait tout pour être ministre. Intransigeant quand il le faut mais très attaché à la collégialité. Et plus calme qu’Oskar Freysinger.

Le Vaudois Guy Parmelin un des candidats à la candidature UDC au Conseil fédéral.

Le Vaudois Guy Parmelin un des candidats à la candidature UDC au Conseil fédéral. Image: Patrick Martin

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Guy Parmelin se pose comme l’homme de la situation pour conquérir un deuxième siège UDC au Conseil fédéral. Lui, le blochérien pur et dur, sait se montrer affable et respectueux des institutions. L’ancien agriculteur-viticulteur de Bursins s’est présenté hier aux médias, sans se départir de son calme ni de son célèbre accent. Il évite soigneusement toute polémique et ne répond pas aux provocations d’Oskar Freysinger. Comme pour bien marquer une différence de style et prendre de la hauteur. Interview.

Depuis quand voulez-vous être conseiller fédéral?
Je me suis posé la question en 2011. L’UDC cherchait des candidats romands. Jean-François Rime était le candidat idéal à ce moment. Je me suis promis de me présenter le moment venu.

Vous êtes un agrarien, alors que c’est l’UDC urbaine qui a gagné les élections. Un handicap?
Est-ce que le bon sens est un handicap? Mon travail est respecté à Berne. Dans la commission de la santé, que je préside, on ne parle pas d’agriculture, mais d’assurances sociales, de caisses maladie et de retraites. Mon focus porte aussi sur le futur des énergies et j’ai de l’intérêt pour les dossiers où l’UDC est reconnue comme compétente: la sécurité tout comme l’immigration et l’asile. Le choix appartiendra à mon parti.

Si vous devenez conseiller fédéral, respecterez-vous la collégialité?
Oui, c’est primordial. Je défendrai très fort les idées de l’UDC au sein du Conseil fédéral, quitte à avoir des discussions animées. C’est du choc des idées que jaillit la lumière, selon le dicton. Mais une fois que le Collège a pris une décision, chaque membre doit la respecter. Les minoritaires ont l’obligation de ne pas interférer, sous peine d’affaiblir le Conseil fédéral et le pays tout entier. On ne peut pas continuellement étaler ses divergences sur la place publique, comme on l’a vu, par exemple, lors de la crise des otages en Libye.

Etes-vous prêt à vous engager pour les bilatérales?
Ni moi ni l’UDC n’avons remis en cause les bilatérales. Le premier qui les a remises en question c’est José Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission européenne, le 21 décembre 2012. Je rappelle que dans l’accord sur la libre circulation, les articles 14 et 18 permettent à un pays de demander une renégociation quand les conditions-cadres ont changé. C’est ce que la Suisse a fait après le vote du 9 février sur l’immigration de masse.

Quels compromis êtes-vous prêt à faire pour les bilatérales?
La question ne se pose pas en ces termes. Il faut que le gouvernement vienne avec son message et fixe une ligne. Et ensuite nous négocierons avec Bruxelles. Dans l’hypothèse où des négociations ne sont pas possibles, la Suisse devra prendre des décisions unilatérales. Cela n’implique pas encore qu’elle dénonce les accords, ni que les Vingt-Huit le fassent. Je rappelle qu’il y a des accords commerciaux très forts, en particulier avec les quatre pays qui nous entourent.

Si vous êtes élu, quel département vous intéresserait?
En priorité, le Département de l’intérieur (DFI), avec la santé et les assurances sociales. Le mieux est à mon sens de répartir les départements en fonction du critère d’efficacité: à quelle place les conseillers fédéraux peuvent-ils être immédiatement efficaces? Hormis le DFI, je pourrais déployer immédiatement mes capacités aux Transports (DETEC), à l’Economie ou à la Défense (DDPS).


Votre profil est modéré. Oskar Freysinger vous traite de mou… Je ne souhaite pas polémiquer. Tout dépend de ce qu’on entend par modéré. L’UDC a un programme clair, que je défends avec constance. S’il y a une différence avec Oskar Freysinger, c’est sur le style. Je suis strict sur les fondamentaux mais je ne ressens pas constamment le besoin de hausser le ton, c’est sans doute ce qui me fait passer pour un modéré.

Votre pire adversaire dans cette candidature, n’est-ce pas Oskar Freysinger?
Sa candidature est sérieuse, il a des arguments à faire valoir: il fait partie d’un Exécutif et parle parfaitement le suisse allemand. Cela dit, je ne sais pas où en est formellement sa candidature. Mais ce n’est pas mon problème, je préfère me concentrer sur la mienne. Encore une fois, c’est le parti qui tranchera, puis cas échéant l’Assemblée fédérale en décembre.

Vous n’avez pas d’expérience dans un gouvernement, une lacune?
Non. Sauf erreur le conseiller fédéral Alain Berset n’a jamais siégé au sein d’un Exécutif et cela n’enlève rien à ses compétences. J’ai dirigé la section vaudoise de l’UDC de 1999 à 2003. La présidence d’un parti n’est pas un travail de tout repos. J’ai occupé certaines fonctions dans des conseils d’administration, je suis par exemple vice-président des coopératives agricoles Fenaco-Landi. J’ai aussi dirigé le groupe UDC à Berne pendant l’absence d’Adrian Amstutz. Je suis capable d’être un meneur d’hommes. Mes facultés à gérer, à diriger et à prendre des décisions ont été reconnues.

Vous avez le soutien de la gauche et du centre. Ne craignez-vous pas d’être le candidat alibi?
Non. Je suis de nature optimiste et, pour être élu, il faut que j’aie le soutien d’une grande partie de l’Assemblée fédérale. Je précise que, d’ici au 9 décembre, il peut se passer beaucoup de choses, mais dans l’immédiat il revient à l’UDC de définir un ticket. Quand les socialistes avaient choisi le ticket Pierre-Yves Maillard et Alain Berset, l’UDC n’était pas intervenue et à juste titre.

La langue ne sera-t-elle pas un handicap pour convaincre votre groupe?
Je parle l’allemand et je le comprends, hélas je ne pratique pas le suisse allemand. C’est peut-être un handicap, mais tant que mon groupe comprend ce que j’ai à dire, tout va bien. (Rires.)

Si vous figurez sur le ticket, ne craignez-vous pas d’être le faire-valoir d’un Alémanique?
Non. Le groupe choisira un ticket des candidats les plus compétents.

Créé: 31.10.2015, 08h01

«Un candidat de l’arc lémanique me semble indispensable»

Un troisième Romand au Conseil fédéral, aux côtés de Didier Burkhalter et d’Alain Berset? Pour Guy Parmelin, c’est envisageable. «Un candidat de l’arc lémanique me semble indispensable.
Je rappelle que le canton de Vaud est absent du Conseil fédéral depuis le départ de Jean-Pascal Delamuraz, et l’arc lémanique depuis celui de Micheline Calmy-Rey. Or la région est l’un des poumons économiques de ce pays.
Bien évidemment, je suis attaché aux équilibres du pays et je me rends compte qu’avec le départ d’Eveline Widmer-Schlumpf la Suisse orientale n’est plus représentée. La question régionale pèsera, mais j’ai l’impression que c’est avant tout le profil et la crédibilité des candidats qui comptent le plus.»

Domicilié à Bursins, exactement à mi-chemin entre Genève et Lausanne, Guy Parmelin estime être parfaitement placé pour représenter la région lémanique au Conseil fédéral. Et lorsqu’on fait remarquer qu’il ne s’y est guère distingué jusqu’ici, la riposte est ferme. «J’ai toujours soutenu les dossiers de l’arc lémanique et je continuerai à le faire. Tout comme je respecterai la collégialité, je respecte
le travail de mes collègues et n’interfère pas sans raison dans tous les dossiers.
Je participe lors des débats à l’interne
et je m’assure que l’arc lémanique est soutenu.»

Quant à la différence de sensibilité – notamment sur la question de l’immigration de masse – avec la majorité romande, elle ne lui semble pas un obstacle. «Non, on peut avoir des divergences avec la majorité électorale sur certains points et pas sur d’autres. C’est valable pour tous les partis. L’arc lémanique a aussi refusé certaines propositions socialistes ces dernières années. Cela signifierait-il que le PS doive s’interdire de gouverner? Je rappelle qu’un conseiller fédéral doit travailler pour tout le pays. Il est membre d’un parti, il vient d’une région, mais dans chaque décision l’intérêt national doit primer.»

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