Les défenseurs du paysage s’attaquent aux poulaillers

EnvironnementPour éviter le mitage du territoire, la Fondation pour la protection du paysage veut bannir les élevages en zone agricole

La production de viande de poulet suisse a augmenté ces dernières années.?

La production de viande de poulet suisse a augmenté ces dernières années.? Image: PASCAL FRAUTSCHI -A

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Les poulaillers industriels et autres bâtiments destinés à l’élevage d’animaux sont dans le collimateur de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP). L’organisation s’inquiète de la multiplication de telles constructions en dehors des zones à bâtir. «Des centaines de permis de construire sont délivrés chaque année pour des bâtiments destinés à l’élevage, dont une partie se situe dans des secteurs protégés ou des zones paysagères d’importance», souligne Raimund Rodewald, le directeur de la Fondation.

«Les Cantons donnent leur feu vert pour ces constructions en zone agricole parce que c’est là que les paysans ont leurs terres, poursuit Raimund Rodewald. Souvent, ces aménagements se font avec le soutien de fonds publics.» Pour l’organisation, une telle proximité est justifiée lorsque les bâtiments sont liés aux cultures qui les entourent. Mais c’est de moins en moins le cas, puisque la Suisse ne peut plus nourrir son bétail avec la seule production locale de fourrage. Les exploitations importent toujours plus de nourriture pour animaux, la quantité totale dépassant un million de tonnes. «Cette production engendre des problèmes écologiques, comme la pollution du sol, des eaux souterraines et de nos lacs», souligne Raimund Rodewald.

Selon l’organisation, un élevage qui n’est pas basé sur sa propre production alimentaire n’est pas agricole et a sa place en zone industrielle. Elle pointe en particulier du doigt la multiplication des poulaillers, liée à l’augmentation de la production de viande blanche. Selon les chiffres de Pro Viande, 51 013 tonnes de volaille suisse ont ainsi été vendues en 2013, contre 34 341 tonnes en 2004. Quelles surfaces agricoles sont-elles ainsi soustraites aux cultures? Raimund Rodewald ne peut pas fournir d’indication plus précise, le nombre de bâtiments et la surface utilisée pour ces projets étant inconnus.

Les paysans fâchés
«C’est n’importe quoi!» s’exclame Jacques Bourgeois, conseiller national (PLR/FR) et directeur de l’Union suisse des paysans. «La production agricole comprend les grandes cultures, mais aussi l’élevage d’animaux. Pour cela, nous avons besoin de bâtiments. Toutes ces activités appartiennent à l’exploitation et ont leur place en zone agricole.» Pour le Fribourgeois, c’est aussi une question pratique: le paysan doit être proche de son bétail pour le suivre régulièrement.

Sa conclusion: «Chacun est libre de consommer comme il l’entend. L’augmentation de la production de volaille correspond à une hausse de la demande. Nous importons déjà une denrée alimentaire sur deux, doit-on encore plus dépendre de l’étranger?»

Recensement exigé
A Berne, la question a fait l’objet d’interventions parlementaires. Quelle est exactement la situation? Pour le savoir, le conseiller national Kurt Fluri (PLR/SO) vient de déposer un postulat. Egalement président de la Fondation pour la protection du paysage, il demande à la Confédération de recenser les bâtiments agricoles situés en dehors des zones à bâtir. «Le premier but est de savoir comment l’espace est occupé, souligne-t-il. Ainsi, nous pourrons regarder si l’installation de tels bâtiments sur des terres agricoles contredit la loi sur l’aménagement du territoire et la protection du paysage du fait d’émissions en pleine nature.»

L’objectif est aussi d’aborder la question dans le cadre de la deuxième révision de la loi sur l’aménagement du territoire. Car cette législation, qui fait l’objet d’une procédure de consultation jusqu’à la mi-mai 2015, aborde justement la question des constructions en dehors des zones habitables.

Créé: 27.12.2014, 15h25

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