Déjà deux prétendants vaudois dans la course

Succession BurkhalterJacqueline de Quattro a déclaré samedi son intérêt pour le Conseil fédéral, suivi par Olivier Français quelques heures plus tard. Isabelle Moret, donnée favorite, y «réfléchit encore».

La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro veut qu’une femme figure sur le ticket. Elle a déclaré 
sa candidature avant Isabelle Moret, qui serait favorite pour figurer sur un ticket aux côtés du Tessinois Ignazio Cassis. Quant à Olivier Français, il est sorti du bois quelques heures après Jacqueline de Quattro.

La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro veut qu’une femme figure sur le ticket. Elle a déclaré sa candidature avant Isabelle Moret, qui serait favorite pour figurer sur un ticket aux côtés du Tessinois Ignazio Cassis. Quant à Olivier Français, il est sorti du bois quelques heures après Jacqueline de Quattro. Image: Patrick Martin/24 Heures, Keystone

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La campagne pour la succession de Didier Burkhalter (PLR) a subi un brusque coup d’accélérateur dans le canton de Vaud. Jacqueline de Quattro est sortie du bois samedi. La conseillère d’Etat a déclaré au journal alémanique Schweiz am Wochenende qu’elle faisait acte de candidature et qu’elle se tient «à disposition» du PLR vaudois, lequel devra statuer le 10 août sur les candidatures internes.


Edito: «Un tour de piste dans le désordre complet»


Jacqueline de Quattro précise au journal qu’elle veut pousser une candidature féminine et qu’elle en fait «une question de principe, pas de personne». Allusion au fait qu’elle pourrait s’effacer derrière la conseillère nationale Isabelle Moret, dont le nom est largement cité depuis plusieurs semaines et qui aurait les faveurs de la cote pour une telle course. Cette dernière ne s’exprime toujours pas sur la question: elle a fait savoir dimanche qu’elle «réfléchit encore» à sa candidature.


A lire: Les prétendants vaudois au Conseil fédéral n’inquiètent pas le Tessin


Deuxième acte samedi soir: le conseiller aux Etats Olivier Français s’est déclaré intéressé sur le plateau du 19:30 de la RTS. «Je serais très honoré si l’on me sollicitait pour être candidat au Conseil fédéral», déclare l’ancien municipal de Lausanne, qui précise toutefois qu’il n’a pas déposé formellement sa candidature. Les atouts qu’il met en avant sont «sa capacité de travail et son énergie à défendre la cause publique». Olivier Français a réagi au quart de tour après l’annonce de Jacqueline de Quattro. Une façon de lui couper l’herbe sous le pied? Le conseiller aux Etats élude la question: «Quand on m’appelle, je réponds, dit-il, et comme Jacqueline de Quattro était aux abonnés absents, j’ai pris la parole.»

Une «entente amicale»

Il est vrai que Jacqueline de Quattro n’a rien ajouté à ses déclarations de samedi dans la presse alémanique. En vacances aux Grisons, elle s’en tient au silence. «Il s’agit de respecter une consigne interne du parti et d’éviter de faire des déclarations qui vont dans tous les sens», explique une personne de son entourage proche. Et de préciser: «Il y a une entente amicale entre Jacqueline de Quattro et Isabelle Moret: si l’une est retenue, l’autre soutiendra sa candidature.»

Ce n’est en revanche un secret pour personne dans le landerneau politique, Jacqueline de Quattro et Olivier Français sont loin d’être des proches. Le candidat ne le confirme pas, mais il souligne les qualités d’Isabelle Moret: «Elle a ma préférence, j’espère qu’elle se déclarera.» Dans le camp de Quattro, on s’étonne un peu de l’entrée éclair du conseiller aux Etats: «C’est bizarre qu’il se mette en avant pour une telle fonction, il ne parle pas bien l’allemand.»

Curieuse campagne, où deux candidats sortent du bois et ne tarissent pas d’éloges pour une troisième personne, laquelle n’est pas encore candidate et garde le silence. «Le congrès du PLR tessinois, le 1er août, peut encore décider de la candidature d’une femme. Si Laura Sadis se lançait cela changerait un peu la donne», explique une source proche de Jacqueline de Quattro. Dans le cas contraire, «le fait d’avoir un candidat tessinois et une candidate romande serait légitime.» Voilà qui expliquerait en partie la prudence d’Isabelle Moret et la retenue de Jacqueline de Quattro. Mais pourquoi une conseillère d’Etat brigue-t-elle ce mandat, alors que les parlementaires fédéraux préfèrent élire les leurs? Jacqueline de Quattro aurait toutes les qualités pour tenter sa chance, estimait samedi le vice-président du PLR suisse, Philippe Nantermod: «Elle est parfaitement bilingue et a dix ans d’expérience dans un Exécutif. Micheline Calmy-Rey et Eveline Widmer-Schlumpf n’avaient pas non plus de réseau à Berne.»

«Magistrate entière»

Jacqueline de Quattro est connue pour son caractère indépendant. Elle a notamment décliné l’invitation de son parti à briguer la course aux Etats en 2012, ce qui lui a valu des critiques. «Disons que c’est une magistrate entière, qui n’accepte pas les pressions et qui n’est liée à aucun lobby, dit un proche. Cela constitue également son point faible: sa franchise et son indépendance font qu’elle n’a pas que des alliés. Elle ne cherche pas à plaire, mais à faire son travail avec compétence. C’est la seule chose qui compte pour elle.» La conseillère d’Etat ayant annoncé qu’elle entamait cette année sa dernière législature au gouvernement cantonal, il semble logique qu’elle tente sa chance.

D’autres candidats se déclareront-ils ces prochains jours? Le président du PLR Vaud, Frédéric Borloz, ne l’exclut pas (lire ci-contre). Lui-même ne songe en tout cas pas à se lancer dans la course. Quant à Olivier Feller, autre conseiller national PLR vaudois, il déclarait en juin: «J’aime les femmes et le Tessin. Mais je n’ai pas l’intention de changer de sexe ni de domicile. Je ne suis donc pas candidat.» Dimanche, il déclarait que «son analyse de la situation et sa décision n’ont pas changé».


Face aux Tessinois, le PLR vaudois dégaine des chiffres

A ceux qui l’accuseront de tuer des cousins latins ou d’être, avec deux élus potentiels, surreprésenté parmi les sept Sages, le PLR vaudois a préparé la réplique. Le parti a demandé à son bureau de concocter un petit dossier statistique. Le résultat tient sur cinq pages, graphiques inclus. Qui servent déjà d’éléments de langage aux candidats, déclarés ou non.

Il en ressort d’abord, chiffres à l’appui, l’argument femme. Depuis 1971 et l’introduction du vote des femmes, ces dernières sont clairement sous-représentées à l’Exécutif national: 17% alors qu’elles représentent la moitié de la population. Cela ne s’améliore guère depuis 1986, soit la date de la dernière élection d’un Tessinois: 24%. Premier message sous-jacent: en ne proposant qu’un homme, nos amis italophones ne jouent pas la carte de l’égalité des sexes.

Deuxième axe de travail, la représentation cantonale. Là, avec respectivement 4,6% (depuis 1971) et 5,6% (depuis 1986) de conseillers fédéraux pour une population équivalent à 4,3%, le Tessin aurait déjà largement eu sa part du gâteau. Si on prend, dans l’ordre, les mêmes chiffres pour le canton de Vaud, on obtient respectivement seulement 6% et 7,9% du total des ministres alors que les Vaudois représentent près de 10% de l’ensemble des Suisses.

Et si on comparait Vaud avec les deux autres grands cantons de Suisse, Zurich et Berne? Ce dernier, que cela soit depuis 1971 ou 1986, est clairement surreprésenté par rapport au nombre de ses habitants. Ce qui n’est pas le cas pour nos amis des deux côtés de la Limmat.

On pourrait ajouter, mais cela ne figure pas dans le document, que les Vaudois ont attendu dix-sept ans pour que Guy Parmelin succède à Jean-Pascal Delamuraz. L’ancien syndic de Lausanne avait pourtant repris directement le flambeau de Georges-André Chevallaz, assurant près d’un quart de siècle de présence vaudoise consécutive au Conseil fédéral (entre 1973 et 1998). Les Tessinois, eux, attendent un nouveau Flavio Cotti depuis dix-huit ans. Nello Celio avait précédé et battu le même Georges-André Chevallaz en 1966. Après le duel Guy Parmelin-Norman Gobbi en 2015, la bataille valdo-tessinoise semble bel et bien relancée.

Créé: 24.07.2017, 06h40

«Nous ne sommes pas contre le Tessin»

Pour le président du PLR vaudois, ce n’est pas une surprise. «Jacqueline de Quattro avait déjà dit, fin juin, son intérêt pour le Conseil fédéral», rappelle Frédéric Borloz. Interview.



Isabelle Moret pourrait aussi se lancer. Va-t-on au-devant d’un duel de femmes?

C’est encore trop tôt pour le dire. Madame Moret est dans une réflexion positive et on sent bien qu’elle a envie d’y aller. Alors, un conflit de femmes, je ne l’espère pas. Mais c’est la politique et c’est donc difficile à éviter.

Le canton de Vaud a déjà un élu au Conseil fédéral, avec Guy Parmelin. N’est-ce pas de l’arrogance que d’en réclamer un deuxième alors que le Tessin n’a plus de conseiller fédéral depuis 18 ans?

On n’en réclame pas un deuxième. Et nous ne sommes pas contre le Tessin. Ce que l’on dit, c’est que nous sommes légitimés à présenter un candidat au vu de notre représentation ces dernières années.

Au risque de faire encore attendre le Tessin durant dix ans?

Dix ans, c’est beaucoup et c’est peu. Il faut apprécier la formule magique sur le long terme. Et aucune zone en Suisse n’est pénalisée parce qu’elle n’a pas de conseiller fédéral. Notre système est équilibré. Et avoir deux Bernois, ou deux Zurichois au Conseil fédéral n’a posé aucun problème.

Voir Olivier Français déclarer publiquement son intérêt pour le Conseil fédéral quelques heures après Jacqueline de Quattro, cela vous a-t-il étonné?

Pas du tout. Pour un parlementaire à Berne, il est légitime de s’intéresser au gouvernement. Au sein du PLR, il était prévu de laisser les gens réfléchir durant le mois de juillet, et s’exprimer le cas échéant. Olivier Français n’a rien fait d’autre. Les choses se passent comme prévu.

Pour vous et votre comité, cela complique-t-il les choses en vue de la réunion du 10 août?

Je ne l’ai pas encore organisée. En tant que président, je suis très content, Nous avons des candidatures de poids, des gens ambitieux qui ont envie de consacrer une partie de leur vie à notre pays. Cela veut dire que nous avons une section vivante. Attendons fin juillet pour voir la suite. Si nous nous retrouvons avec cinq candidatures officielles le 10 août, cela compliquera un peu les choses…

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