[VIDÉO] La maison qui recharge les Tesla et les êtres humains

Demain la SuisseLe chalet de Thomas Büchi à Nax (VS) produit plus d’électricité qu’il n’en consomme. Confortable et construit selon la règle d’or ancestrale, le bâtiment est aussi zen qu’écolo.

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Nous voici dans le village de Nax, près de Sion. Un balcon au-dessus de la vallée du Rhône. Après quelques virages, nous découvrons la fameuse maison «énergétique» de Thomas Büchi. Construite en 2014, «c’était la première habitation de Suisse romande qui produisait plus d’énergie qu’elle n’en consommait», explique son propriétaire en nous faisant visiter les lieux. Trois ans plus tard, elle n’est plus la seule: rien qu’à Nax, trois autres ont été construites sur le même modèle. Il n’empêche que Thomas Büchi, ingénieur bois et directeur de l’entreprise Charpente Concept, à Genève et à Morges, est plutôt fier de sa réalisation.

Qu’est-ce qu’il a donc de si spécial, ce chalet tout en hauteur? «Des panneaux photovoltaïques sur le toit, une pompe à chaleur et surtout une ossature de bois couverte de verre solaire qui permet d’emmagasiner de la chaleur», explique le maître des lieux. La consommation annuelle de la maison est d’environ 4500 kWh et «grâce aux panneaux solaires on produit environ 9000 kWh, ce qui permet de faire 25 000 kilomètres par an avec une voiture électrique de type Tesla». Cette maison est l’actuelle résidence secondaire de Thomas Büchi et de son épouse, Patricia Rochat. Tous deux passionnés de montagne, ils comptent s’y établir un jour.

Le système de façade verre-bois proposé par Charpente Concept équipe un nombre grandissant de bâtiments en Suisse et en France. Il a été utilisé pour rénover la façade du gymnase d’Yverdon-les-Bains en 2014. «Avec ce système, même quand il fait très froid, la température ne descend jamais au-dessous de 18 degrés», explique Patricia Rochat. L’été, le système de géocooling de la pompe à chaleur permet au contraire de refroidir les lieux. Globalement pourvoyeuse d’énergie, la maison n’est cependant pas encore autonome. «Les batteries de stockage coûtent cher, il faut environ 5000 francs pour stocker 14 kWh, dit Thomas Büchi. Mais ce n’est qu’une question de temps, dès que les prix seront plus abordables on pourra envisager de ne plus passer par le réseau.» Le coût d’un tel bâtiment? Comptez 800 000 francs, sans le terrain. C’est moins de 10% de plus qu’une construction normale, selon le propriétaire. «Celle-ci a coûté un peu plus cher car nous avons choisi de la faire en mélèze, mais on aurait pu prendre de l’épicéa.»

Comme une cathédrale

L’intérieur est à la fois chaleureux et ultramoderne. La structure de mélèze, le mobilier en érable et la disposition des pièces rendent l’endroit chaleureux. Mais il y a plus: Thomas Büchi est non seulement un créateur soucieux de l’environnement, mais il est également passionné par les techniques de construction à l’ancienne. Fasciné par les constructeurs de cathédrales, il en a étudié l’art et adopté les principes: «Cette maison a été construite en utilisant le «nombre d’or», comme le Parthénon, comme Chartres, dit-il. Même si on n’en est pas conscient, l’utilisation de cette proportion dans un bâtiment rajoute au bien-être. Cela crée un rapport d’harmonie entre la maison et ses habitants. Je propose à tous mes clients d’en tenir compte s’ils le veulent.»

Le respect de la nature s’accompagne, chez Thomas Büchi, d’une quête personnelle et spirituelle. Cette maison est un peu une photographie de ses connaissances et de ses aspirations. Ce judoka ceinture noire (troisième dan) pratique également la méditation dans un coin aménagé au premier étage, inspiré de l’habitat japonais. Est-ce les vibrations positives de cette maison écologique, est-ce son confort ou l’air de la montagne? Toujours est-il qu’on s’y sent très zen après un moment. «Nous y invitons parfois des architectes et certains clients à venir visiter, dit Patricia Rochat. Et nos amis adorent venir à Nax.»


Demain: Soleil, vers de terre et partage, les dessous de la maison du futur. (24 heures)

Créé: 05.07.2017, 11h10

Le bois des anciens est aussi le matériau du futur



«Le bois? Il faut le connaître, le travailler, le sentir. C’est un matériau qui vous donne de l’amour.» Thomas Büchi nourrit non seulement une passion pour le bois, mais il en est aussi un ambassadeur extraordinaire. Né en 1958, ce Genevois était plutôt intellectuel que manuel, mais il a choisi de faire un apprentissage de menuisier, suivi d’un autre de charpentier avant une formation d’ingénieur et la création de l’entreprise Charpente Concept, en 1991. Il s’est illustré par des réalisations telles que la halle 7 de Palexpo et, avec l’architecte Hervé Dessimoz, la fabuleuse sphère du Palais de l’Equilibre à l’Expo.02 ou le Refuge du Goûter au Mont-Blanc. L’entrepreneur n’est pas du genre à se laisser arrêter par les difficultés. En 2005, déjà quadragénaire, il a gravi le Cervin avec sa femme, alors qu’il s’était mis à l’escalade deux ans plus tôt. «Une volonté de fer», disent ses amis. Cet ancien député radical s’est battu pour imposer le développement durable. Mais un habitat, selon Thomas Büchi, ne saurait être pleinement écologique s’il ne respecte pas d’abord ses occupants. Selon lui, les constructeurs d’aujourd’hui ont parfois «perdu la joie de bâtir: on loge des personnes sans leur donner des endroits où ils sont heureux». Passionné par la géométrie des anciens bâtisseurs, par l’esprit des Compagnons, Thomas Büchi s’est initié à la tradition et à ses dimensions spirituelles. Il aime cette phrase de Churchill: «Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.»

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