Des chaussures rouges pour rendre visibles les bons gestes

Demain La SuissePour lutter contre le découragement, Lucien Willemin propose à ceux qui prennent soin de la vie de se manifester

En incitant les personnes engagées à porter des chaussures rouges, Lucien Willemin veut donner de la visibilités aux actions en faveur de la vie sur terre

En incitant les personnes engagées à porter des chaussures rouges, Lucien Willemin veut donner de la visibilités aux actions en faveur de la vie sur terre Image: Jean-Paul Guinnard

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Eviter le découragement et se sentir moins seul face aux enjeux environnementaux en portant… des chaussures rouges. L’idée – a priori saugrenue – a germé dans l’esprit de Lucien Willemin il y a quelques années, en pleine nuit. «Je me suis réveillé et j’ai directement noté le concept», se souvient cet ancien agent immobilier installé à La Chaux-de-Fonds. «D’abord, une chaussure n’est pas un gadget. C’est un objet nécessaire, qui symbolise le fait de se mettre en marche.» La couleur rouge est, elle, l’emblème du cœur, de l’amour et de l’action. «Mais c’est aussi la couleur que tout être humain porte en lui, au-delà des provenances, des croyances ou des couleurs de peau.»

«Mettre en lumière le positif»

Dans la vie de tous les jours, le fait de porter des chaussures rouges a plusieurs effets. «Le premier est de mettre en lumière tout le positif qui nous entoure. Beaucoup de choses se font, mais de manière dispersée. Elles se diluent dans le collectif et ne se voient pas assez.» Dès que quelqu’un connaît leur signification, il reçoit un message positif chaque fois qu’il en aperçoit. Et cela fonctionne même si le porteur des chaussures ne connaît pas leur sens symbolique! «La Chaussure Rouge, c’est le film Demain au quotidien. C’est offrir une visibilité aux actions collectives positives et donner la parole à tous ceux qui, individuellement, ont décidé d’agir pour améliorer la situation du vivant. C’est communiquer ensemble pour mettre en lumière tout le positif qui nous entoure.»

Deuxième effet: les chaussures rouges mettent en contact des personnes qui «prennent soin de la vie», selon le slogan inventé par Lucien Willemin. «Cela m’arrive désormais régulièrement et parfois dans des ambiances inattendues, comme récemment lors d’une réunion dans un milieu économique. Une personne de l’assemblée en portait, mais vu le contexte, je n’ai pas osé l’aborder. C’est elle qui est venue vers moi en me demandant si mes souliers étaient juste un choix vestimentaire ou quelque chose de plus.»

Enfin, le fait de porter des chaussures rouges est une invitation à être attentifs à ses choix. «Chaque fois que je les enfile, je vis une microméditation. Elles me rappellent que prendre soin de la vie est important et me permettent de ne pas oublier que je suis en chemin. Lorsque j’ai une décision à prendre, je me demande quelle est la meilleure option.»

Pas de structure

Indépendant de nature, le Chaux-de-Fonnier a tenu dès le départ à ce que le mouvement qu’il a créé vive sans fil à la patte et de manière spontanée. La Chaussure Rouge n’est donc pas une association. «C’est juste un symbole. Il ne s’agit pas d’adhérer à un club, une communauté ou autre, mais simplement de participer à une communication collective, au jour le jour, en fonction de ses envies.» Les personnes qui le désirent peuvent se manifester officiellement en s’inscrivant sur le site Internet www.lachaussurerouge.net. Le site héberge une radio «interactive et positive» sur laquelle Lucien Willemin invite chaque premier lundi du mois à 20 h une personnalité, qui répond en direct – parmi elles, le paysan conférencier Pierre Rabhi, «Mme Zéro Déchet» Béa Johnson ou le coréalisateur du film Demain Cyril Dion.

Pour augmenter la visibilité de leur démarche, les participants peuvent communiquer sur les réseaux sociaux. Des petits autocollants sont aussi disponibles, par exemple pour identifier un smartphone ou un vélo que l’on aurait choisi de faire réparer plutôt que de le remplacer par un neuf. «Car une belle manière de prendre soin de nos vies est de prendre soin de nos objets!»

Par tous ces canaux, Lucien Willemin constate qu’il existe désormais des porteurs «conscients» de chaussures rouges dans toute la Suisse romande, ainsi qu’à Berne ou à Zurich. Et même au Canada! Une progression qui permet d’avancer vers «l’optimum des optimums» de Lucien Willemin: que prendre soin de la vie devienne le seul but de la société!


A lire: trois livres pour élargir sa vision

En parallèle à la Chaussure Rouge, Lucien Willemin a publié trois petits ouvrages très accessibles, destinés à élargir les visions et proposant des solutions. Sorti en 2013, En voiture Simone! Comprendre l’énergie grise prend l’exemple de la voiture pour pointer les incohérences de la société. La dépense énergétique et l’atteinte aux ressources nécessaires pour construire une nouvelle voiture ne seront en effet jamais compensées par l’éventuel gain en consommation d’un nouveau véhicule.

Publié il y a deux ans, Fonce Alphonse! Croissance, décroissance: sortons de l’impasse prolonge la réflexion en proposant de réparer plutôt que d’acheter du neuf. La réparation possède en effet plusieurs avantages, dont le premier est de créer des places de travail ici, dans les métiers manuels.

Enfin, Tu parles Charles! Manger local, c’est loin d’être idéal vient de sortir de presse. Lucien Willemin poursuit sur la voie de l’ouverture de la vision à l’ensemble de la planète. Il y explique pourquoi il vaut mieux acheter une carotte bio venant d’un pays lointain qu’une carotte non bio locale. (24 heures)

Créé: 01.07.2017, 08h37

L’économie sera durable ou… ne sera pas!

La transition énergétique, c’est bien. Dans cinquante ans, soit près d’un siècle après le choc pétrolier qui nous a fait prendre conscience de la dépendance de notre civilisation aux énergies fossiles et nucléaire, la génération qui vient de naître sera libérée de cette contrainte. Mais ce n’est pas suffisant. Une société durable passe par d’autres transitions: environnementale, sociale et économique. C’est la conviction des animateurs de NiceFuture, cette association neutre et indépendante qui organisait ces jeudi et vendredi la 7e édition du G21 Swisstainability Forum au Swiss Tech Convention Center de l’EPFL. Le thème qui réunissait les milieux académiques, politiques, culturels et des chefs d’entreprise: «Vivre ensemble la transition vers une économie suisse durable».
Pour Barbara Steudler, l’initiatrice de NiceFuture, «le mouvement est vraiment en marche», même si on vit dans un système qui peine à se transformer car on persiste dans l’idéologie que la nature, c’est du stock à gérer. Mais le passage vers une économie durable va au-delà. Elle place l’être humain en symbiose avec cette nature. «La valeur de planter un arbre va bien au-delà du fait qu’il absorbe le CO2», remarque François Vuille, directeur du développement du Centre de l’énergie de l’EPFL. Tandis que le philosophe et essayiste Patrick Viveret estime, lui, qu’«on ne peut régler la question du climat sans régler celle de la glaciation, du mal de vivre et de la maltraitance».

Antonio Hautle – qui représente le Pacte mondial (Global Compact), une initiative de l’ONU lancée en 2000 pour inciter les entreprises à adopter une attitude socialement responsable – a rappelé que l’économie joue un rôle central dans le développement durable. «L’entreprise doit faire du profit. Mais est-ce qu’elle le fait de manière durable? L’objectif est que le secteur privé prenne ses responsabilités pour l’avenir de nos enfants.» Cela tombe bien: cette semaine, les milieux économiques suisses, relayés par EconomieSuisse, ont affirmé leur soutien à l’Agenda 2030 de l’ONU pour un développement durable, qui «repose sur la conviction que des solutions entrepreneuriales peuvent contribuer à un monde meilleur».

Lors du G21 à Lausanne, Marieke Breugem, de Nestlé Suisse, a présenté ses objectifs ambitieux pour réduire son empreinte écologique tandis que l’entrepreneur et récent candidat au Conseil d’Etat Toto Morand a expliqué son combat pour une économie de partage équitable de la marge bénéficiaire à travers le cas du prix du lait. Mais toute cette philosophie émerge d’un nouveau modèle d’entreprise qui essaime autour de la planète: les B Corps. Des sociétés novatrices qui fonctionnent avec les outils de l’économie actuelle, mais pour leur donner un visage plus social et permettre aux employés d’accéder au mieux-être dans la vie active.
Jean-Marc Corset

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