L’espace de coworking où l’on vient avec ses enfants

Softspace à Genève organise des ateliers pour les 6-12 ans dont les parents fréquentent les lieux. Hors activités, il est aussi possible de venir avec ses rejetons, à condition de les garder à l’œil.

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Dans un grand bureau, au rez-de-chaussée d’un immeuble du quartier des Eaux-Vives à Genève, six enfants dessinent, installés autour d’une longue table. Concentrés, ils décorent avec feutres et crayons une feuille prédécoupée qui s’ajustera sous la coque transparente d’un smartphone pour lui créer un habit unique. Pour ce dernier atelier avant les vacances scolaires, la Genevoise Lovisa Santi a adapté pour les jeunes pousses son concept «paperandtechnology», qui valorise les œuvres d’artistes en les transformant en dos de portables originaux.

Shanon et Kira, 10 ans, sont enthousiastes: «On adore venir ici. On a déjà suivi un atelier robot.» Derrière elles, des casiers avec des jouets pour tous les âges. Softspace n’est pourtant ni une école ni une structure d’accueil pour écoliers, mais bien un espace de travail partagé pour adultes. Particularité de la structure de coworking Softspace: les utilisateurs des lieux sont les bienvenus avec leurs enfants. Soutenu par la Ville de Genève, le programme intitulé Softkids propose divers ateliers pour les 6-12 ans. Le mardi, méditation et yoga figurent au programme. Le mercredi, l’activité tourne autour de la technologie, le jeudi, les jeunes participants s’initient à la citoyenneté en montant des projets autour de causes qui les intéressent. Des traces subsistent d’ailleurs sur un grand tableau blanc où il est inscrit: «Les voitures ne devraient pas rouler à l’essence», mais aussi «il faut plus de livres de Harry Potter».

«Chacun peut venir avec son ou ses enfants, à condition d’en être responsable»

En dehors de ces activités, «chacun peut venir avec son ou ses enfants, à condition d’en être responsable», indique Aurore Bui, directrice du lieu et mère d’Elouan, 7 ans et de Fantine, 6 ans. «L’idée est de déculpabiliser les parents. Ici, on n’a pas besoin de s’excuser parce qu’on vient avec son enfant.» La Genevoise qui propose aussi du coaching pour lancer ou développer son entreprise à l’enseigne de Softweb, a eu l’idée de cette cohabitation pionnière en Suisse un jour qu’elle avait rendez-vous avec un client: «Ce père était très gêné, il n’avait pas pu faire garder son fils. Or j’avais aussi ma fille avec moi. Ils ont joué ensemble pendant que nous examinions le business plan du papa.» La plupart du temps cependant, ce sont des femmes qui viennent avec leurs juniors. «Ces mères souvent actives à temps partiel ont besoin de pouvoir avancer sur leur projet mais n’ont pas toujours de solution de garde. Certaines ont remarqué que, même quand il n’y a pas d’activité organisée, elles peuvent travailler plus tranquillement ici qu’à la maison car leurs enfants découvrent de nouveaux jouets», relève la fondatrice.

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Pour rendre la cohabitation possible, de nombreuses portes permettent d’isoler les espaces de travail. Le lieu tient ainsi davantage d’un appartement aux multiples chambres et à la décoration zen qu’à des bureaux impersonnels. Marco Castroni, architecte genevois, y vient en moyenne trois jours par semaine. Que pense ce jeune quadra du concept kids frien dly? «Je trouve ça très bien. Ça m’intéresse beaucoup car j’aimerais avoir des enfants bientôt. Quand je dois me concentrer et faire des dessins, je reste chez moi, et je viens ici pour l’administratif ou pour rencontrer des clients.» Dans une autre salle, Roberta Campani, qui vit à Satigny, est penchée sur son portable tandis que l’un de ses fils se repose non loin, et que l’autre participe à l’atelier: «L’idée est vraiment bonne, et les thèmes très intéressants. L’an passé, l’un d’eux a porté par exemple sur la gestion financière du point de vue des enfants.»

Aussi un coworking solidaire
En plus de l’ouverture aux plus jeunes, Aurore Bui souligne le caractère solidaire de l’endroit, avec une place de travail dès 200 fr. par mois dans une ville où le moindre bureau se monnaie entre 600 et 800 francs mensuels: «On accueille tant des entrepreneurs que des personnes qui sont en train de chercher un emploi ou ont besoin de faire le point pour se réorienter. Le but est aussi de leur permettre d’éviter l’isolement. Il y a également beaucoup d’échanges de compétences.»

On y trouve même un fauteuil de massage. Pour se déstresser entre deux tâches, ou pour profiter de se relaxer tandis que la nouvelle génération est absorbée par les ateliers.

La carte des sujets de notre série Demain la Suisse

(24 heures)

Créé: 11.07.2017, 07h10

Un concept cousin à Lausanne

The Village Coworking proposera dès août à Lausanne une autre offre novatrice en Suisse, cousine de celle du bout du lac. La structure située au chemin de Malley 30 accueillera les coworkers et leurs enfants en âge préscolaire. Tandis que les petits seront encadrés par des professionnels par tranche de quatre heures, les parents en seront responsables lors du repas de midi, qu’ils prendront avec leur bambin. Une zone pour les femmes qui allaitent a aussi été prévue. Fondée par trois mères actives qui se sont inspirées de ce qui se fait à Paris, à Milan, à Singapour ou aux Etats-Unis, l’endroit est géré par une association à but non lucratif. «Nous nous sommes demandé comment continuer à travailler sans poser son enfant en bas âge toute la journée à la garderie», motive Jelissa Risse, mère de deux jeunes pousses de 1 et 3 ans. Chimiste de formation, elle a mis pour l’instant sa profession entre parenthèses afin de monter ce projet qui lui tient à cœur. Pour offrir un maximum de flexibilité aux usagers, la fréquentation minimale a été établie à une demi-journée par semaine, pour au moins un mois.

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