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A Vidy, Le Pavillon en bois repousse les limites de l’architecture

Prototype de construction low-tech imaginé en collaboration avec l’EPFL, l’origami en bois qui remplace l’ancien chapiteau du théâtre lausannois attise les curiosités.

Prototype de construction low-tech imaginé en collaboration avec l'EPFL, l'origami en bois qui remplace l'ancien chapiteau du théâtre lausannois innove et attise les curiosités.
Prototype de construction low-tech imaginé en collaboration avec l'EPFL, l'origami en bois qui remplace l'ancien chapiteau du théâtre lausannois innove et attise les curiosités.
ODILE MEYLAN
une salle de spectacle préfabriquée qui remplacera le chapiteau circulaire acheté d'occasion et installé en 1995 à côté du vénérable bâtiment dessiné par Max Bill. Avec plus de 20 ans La nouvelle salle de spectacle préfabriquée remplace le chapiteau circulaire acheté d'occasion et installé en 1995 à côté du théâtre lausannois dessiné par Max Bill en 1964. Avec plus de 20 ans d'âge à son compteur, l'infrastructure en toile était hors d'usage. Le chapiteau était devenu insécure et de moins en moins adapté à la présentation de spectacles, avec de vrais soucis d'isolation thermique et sonore.
une salle de spectacle préfabriquée qui remplacera le chapiteau circulaire acheté d'occasion et installé en 1995 à côté du vénérable bâtiment dessiné par Max Bill. Avec plus de 20 ans La nouvelle salle de spectacle préfabriquée remplace le chapiteau circulaire acheté d'occasion et installé en 1995 à côté du théâtre lausannois dessiné par Max Bill en 1964. Avec plus de 20 ans d'âge à son compteur, l'infrastructure en toile était hors d'usage. Le chapiteau était devenu insécure et de moins en moins adapté à la présentation de spectacles, avec de vrais soucis d'isolation thermique et sonore.
Patrick Martin
Avec ses 28m par 20m, le Pavillon se dresse devant le théâtre lausannois. Au faîte, la voûte intérieure culmine à 10 mètres.
Avec ses 28m par 20m, le Pavillon se dresse devant le théâtre lausannois. Au faîte, la voûte intérieure culmine à 10 mètres.
ILKA KRAMER
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Un bâtiment low-tech entièrement en bois et qui repousse les limites de la mécanique des structures. Un pavillon modulaire réalisé en un minimum de temps. Alors que la tour, éphémère et durable, du festival Origen attire les médias du monde entier dans les montagnes grisonnes, un autre théâtre en bois s’apprête à marquer les esprits. Le 11 septembre prochain, le théâtre de Vidy, à Lausanne, ouvre sa saison avec une création originale: une nouvelle salle qui prend les atours d’un petit joyau modulaire. Sous ses airs d’origami ou d’accordéon déplié, le Pavillon – c’est son nom – synthétise de nombreuses innovations autant qu’il s’inscrit dans une longue tradition de construction en bois.

Réalisé presque sans le moindre clou ou vis – au niveau de la «coque», du moins –, cette construction remplace l’ancien chapiteau devenu inutilisable. Et complète l’offre au bord du lac, avec ses 250 sièges, ses gradins rétractables, ses espaces annexes et, surtout, un plateau de 19 mètres d’ouverture (de mur à mur) et 11 de profondeur.

Son auteur en chef? Le professeur Yves Weinand, directeur du laboratoire IBOIS à l’EPFL. On lui doit déjà la chapelle multifacettes de Saint-Loup. Assisté par l’Atelier Cube – avec qui il a participé en tant qu’ingénieur civil à la conception du toit cathédrale qui abrite le nouveau Parlement vaudois – et nourri de différentes recherches menées à l’école polytechnique, l’architecte d’origine belge a, cette fois-ci, imaginé une structure entièrement préfabriquée.

Finesse et légèreté

Un grand puzzle de onze arches (composé de 33 pièces usinées) qui attise déjà la curiosité de la profession. Surtout, de par la finesse (45 mm) et la légèreté des panneaux, à la fois parements et structures portantes d’une voûte à longue portée (jusqu’à 21 m). Une méthode de travail nouvellement déployée, avec une phase préparatoire importante, a permis de réduire drastiquement la marge d’erreur. Et de restreindre, ainsi, les potentiels risques de dépassements budgétaires. Sans oublier – et c’est la grande force de cette réalisation – le geste esthétique qui rallonge la liste des bâtiments emblématiques de la région lausannoise. «J’en suis persuadé, confie Yves Weinand, pour que le bois demeure un matériau de construction essentiel, il faut pouvoir injecter une véritable dimension esthétique dans les projets.» Une ambition artistique souvent limitée par des questions techniques.

A Vidy, le résultat est probant. Les choix architecturaux adoucissent la lecture formelle du bâtiment. Avec cette structure pliée, ces lignes brisées et une subtile courbure qui bombe le bâtiment, on est loin des boîtes préfabriquées. La perspective change continuellement quand l’œil glisse sur l’arête. Le regard ne bute jamais contre une façade plate. Et, une fois à l’intérieur seulement, le visiteur mesure alors le volume de ce nouveau théâtre.

Innovations techniques

Mise au point d’une structure plissée à double nappe réalisée entièrement en panneaux dérivés de bois, développement et application d'une maquette numérique de découpe et de fabrication automatisée, calculs des résistances mécaniques des connexions bois-bois... Les innovations sont multiples. «Nous avons pu, pour la première fois, appliquer des connexions bois-bois à l’échelle d’un bâtiment», explique Yves Weinand. Avec une planification très détaillée via la modélisation, le processus de création s’en est trouvé nettement amélioré. Gain de temps et sécurité assurés pour les différentes phases de construction. A Vidy, le nouveau pavillon a été assemblé en une dizaine de jours par six ouvriers aidés d’une grue. Les huit mois de travaux supplémentaires ont essentiellement servi à aménager le site, à fabriquer les panneaux puis à finaliser et transformer la boîte en un théâtre entièrement équipé.

«La méthode de travail développée peut être appliquée à d’autres projets, assure Yves Weinand. Et, à moyen terme, ce que nous avons pu démontrer va faire réfléchir les sociétés liées à la filière bois. En s’attelant à la réalisation de telles constructions, elles tendent à devenir des entreprises générales.» Lors des visites professionnelles du chantier, près de soixante d’entre elles sont d’ailleurs venues de toute la Suisse.

«Un rêve initial devenu création»

Au total et sans compter les frais de recherches technologiques menées à l’EPFL, le Pavillon aura coûté 2,8 millions de francs au Théâtre Vidy-Lausanne, qui a bénéficié du soutien de la Ville, de l’Office fédéral de l’environnement, de la Loterie Romande et de fondations privées. «Il s’agit d’un projet totalement inédit et, de ce point de vue-là, c’est une belle métaphore de ce qu’est la création artistique défendue au fil des saisons, se réjouit Vincent Baudriller, directeur de l’institution.

Un questionnement – qu’est-ce qu’une architecture durable? – et un rêve initial ont évolué au gré de la complicité tissée avec le laboratoire IBOIS. Une technologie est devenue un bâtiment, puis ce bâtiment est devenu un théâtre. En recherche scientifique comme en création artistique, il s’agit d’aller vers l’inconnu, avec l’envie de découvrir du nouveau.» Inventer l’avenir en sachant d’où l’on part. «La structure architecturale du bâtiment définit la technique autant que l’esthétique. On retrouve là les notions d’art concret que Max Bill défendait», ajoute Vincent Baudriller. La nouvelle réalisation poursuit ainsi l’esprit qui traverse toute l’histoire de Vidy, ce théâtre initialement temporaire imaginé à l’occasion de l’Expo 64.

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