«Je lui demandais des comptes en la tenant par le cou»

SuisseJugé à Besançon, le Français qui avait mortellement étranglé sa compagne et abandonné leur bébé à Yverdon nie avoir eu l’intention de tuer.

L’accusé est apparu sûr de lui devant le tribunal.

L’accusé est apparu sûr de lui devant le tribunal. Image: DR

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«Une semaine plus tôt, elle m’avait demandé de quitter les lieux pour la fin du mois. Alors ce soir-là, je cherchais des réponses…» C’est un meurtrier très sûr de lui qui a pris la parole dans le box des accusés, mercredi à l’ouverture de son procès devant la Cour d’assises de Besançon. Français aujourd’hui âgé de 37 ans, Aurélien* avait été arrêté en pleine cavale vers son Midi natal, en janvier 2017. Il est jugé dans son pays – l’Hexagone n’extradant pas ses ressortissants – pour avoir mortellement étranglé Maéva* (30 ans), sa compagne et mère de leur bébé de 7 mois, dans leur appartement d’Yverdon (lire «24 heures» de mercredi).

«J’ai perdu pied»

«Je lui demandais des comptes alors que j’étais en train de remonter du linge de la buanderie», a poursuivi cet ex-chauffeur livreur, qui conteste fermement avoir eu l’intention d’ôter la vie de la victime, rencontrée 20 mois plus tôt en région lausannoise. «On s’est assis sur le canapé, et on a discuté longuement. Je n’avais pas trop la parole. La conversation tournait en boucle autour de mon investissement dans le couple. C’est vrai que je travaillais beaucoup, 7/7 et de nuit une semaine sur deux.» Le trentenaire aurait alors signifié à Maéva qu’il refusait cette séparation, annoncée comme définitive par la Vaudoise ce même week-end d’hiver. «Elle m’a annoncé à ce moment-là qu’elle voyait quelqu’un: j’ai perdu pied, en la basculant sur le canapé, et me suis mis à lui parler de beaucoup de choses, tout en la maintenant au cou.»

«Il a expliqué avoir eu une drôle de sensation au moment de se jeter sur elle; une réaction qu’il ne pouvait expliquer», a déclaré le directeur d’enquête de Besançon, en se référant aux déclarations de l’étrangleur lors de son premier interrogatoire. L’officier de police judiciaire précisera en revanche que l’analyse fouillée du téléphone de Maéva ne laisse transparaître aucune nouvelle relation sentimentale dans la vie de la Vaudoise.

Ce que confirmera chacune des trois confidentes de la victime, longuement interrogées par les parties. «Je sais qu’elle ne voyait personne d’autre: elle me l’a dit», a juré une ancienne collègue de travail, décoratrice dans une grande enseigne de prêt- à-porter. «Son bébé lui prenait toute son énergie, elle n’était plus en phase de se projeter avec un autre homme», a assuré une de ses meilleures amies. Et d’ajouter: «La veille du crime, elle me disait encore que son fils était l’homme de sa vie.»

Un projet d’enfant initié par Aurélien trois ou quatre mois après sa rencontre avec Maéva. Mais dont le Français a toujours refusé d’en reconnaître la paternité. Ce n’est qu’une fois en prison que les démarches ont été entreprises. «Monsieur est parti seul quelques jours à Barcelone alors qu’ils avaient rendez-vous à l’état civil. Il lui a dit de se débrouiller et qu’il ne voulait pas payer», a témoigné la mère de la Vaudoise. Toutes deux s’écrivaient des messages quotidiennement et se voyaient au moins une fois par semaine.

«Ma fille me parlait de ses déboires avec cet homme qui l’humiliait et la rabaissait régulièrement. Elle me demandait si c’était normal qu’il lui dise telle ou telle chose, comme de la menacer de retourner vers son ex, qui serait plus belle qu’elle…» La sexagénaire a fini par craquer, en interpellant son ex-beau fils qui refusait de la regarder: «Tout a été brisé avec tellement de violence et de méchanceté! Pourquoi peut-on faire des choses comme ça?»

Le procès se poursuit ce jeudi, avec notamment l’audition des experts psychologues et psychiatre, ainsi que du père et du frère de l’étrangleur. Que rien ne semble affecter. (24 heures)

Créé: 13.03.2019, 22h10

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