La présidente du PLR rend hommage à Burkhalter

SuisseLa démission du conseiller fédéral a suscité une énorme surprise sous la Coupole ce mercredi. Plusieurs partis ont réagi.

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La présidente du PLR suisse Petra Gössi a rendu hommage au travail accompli par Didier Burkhalter au sein du Département fédéral des affaires étrangères, notamment lorsqu'il a oeuvré à la tête de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). «Le PLR et la Suisse lui doivent beaucoup».

Elle réfute l'hypothèse selon laquelle le chef du DFAE ait pu se sentir insuffisamment soutenu par le PLR dans le débat sur un accord-cadre avec l'UE. «La diversité des idées fait partie des libéraux-radicaux», a-t-elle indiqué. En outre, le parti n'a pas à être toujours d'accord avec son représentant au Conseil fédéral, a ajouté la Schwyzoise.

«Didier Burkhalter se retrouve aujourd'hui avec un dossier européen dans les mains qui en trois ans a fait tout un chemin, mais un chemin qui n'est pas le même que l'opinion publique», relève le président du groupe PLR Ignazio Cassis.

Il s'est probablement dit que le Conseil fédéral devait maintenant prendre la main de manière claire, a ajouté le conseiller national tessinois.«Didier Burkhalter ne veut plus être considéré comme un poids dans cette décision,donc il fait un pas en arrière, c'est très élégant».

Regrets du PS

Le PS regrette le départ du ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter. Selon son président Christian Levrat, il «a permis à la Suisse de rayonner avec dignité sur le plan international». Concernant la procédure qui réglera sa succession, le groupe socialiste en débattra lors de sa séance en août.

«Didier Burkhalter s'est opposé aux coupes orchestrées dans la coopération au développement et a participé, dans le cadre de son mandat à la présidence de l'OSCE, à la conciliation des relations avec la Russie. Il s'est par ailleurs efforcé, en politique européenne, de poursuivre le développement des relations avec l'UE», déclare Christian Levrat, cité dans une prise de position du PS.

Didier Burkhalter a permis de donner une image de la Suisse positive et ouverte sur le monde. «Son retrait est regrettable, même s'il n'est pas toujours parvenu à résoudre certains blocages», écrit le PS. Le Conseil fédéral doit maintenant saisir l'occasion pour analyser la situation et préparer les négociations avec l'UE.

Moment pas opportun

La vice-présidente du PS Barbara Gysi ne s'attendait pas au départ de Didier Burkhalter. Que ce soit dans ses rangs ou au sein du Parti socialiste, la surprise est totale, a-t-elle déclaré à l'ats. Ce d'autant plus que la Suisse est en négociation avec l'UE concernant l'accord institutionnel.

Le moment n'est pas opportun, a relevé la conseillère nationale st-galloise, faisant référence au dossier européen. L'avenir de ces discussions dépendra de son successeur, il faut espérer qu'il suive la même voie que le Neuchâtelois, car Didier Burkhalter a toujours été «un très bon représentant de la Suisse» à l'étranger.

Pascal Broulis salue

Le conseiller d'Etat vaudois Pascal Broulis a salué mercredi l'action de Didier Burkhalter à la présidence de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Il ne dévoile pas ses intentions concernant une éventuelle candidature.

«Didier Burkhlater a fait un magnifique travail avec l'OSCE pour la Suisse. Et il a remis la diplomatie suisse à la place qu'elle doit occuper: au service de la Confédération et au service de l'étranger par sa politique des bons offices», a-t-il dit mercredi à l'ats.

Le Neuchâtelois a aussi pacifié le Conseil fédéral, où il y avait beaucoup de tensions, a observé M. Broulis. Le conseiller d'Etat vaudois, qui s'était présenté en 2009 dans la course à la succession de Pascal Couchepin, ne dit pas s'il sera candidat. «Le problème, c'est qu'il y a déjà un Vaudois à Berne», a-t-il glissé. «Mais comme en 2009, des questions se posent à chaque fois», a-t-il ajouté.

Pas assez vite

A l'UDC, le président Albert Rösti retient que le Neuchâtelois a sans doute trouvé que le dossier européen n'avançait pas aussi vite qu'il l'aurait souhaité. »Et là c'est clair, l'UDC s'est toujours opposée«, a-t-il déclaré à l'ats.

Céline Amaudruz, vice-présidente de l'UDC, a déjà donné les préférences de son parti au prochain ministre des affaires étrangères. Elle mise sur un successeur PLR qui défendra une politique ferme sur la question européenne.

Il devra se souvenir des citoyens qui ont voté en faveur de l'initiative sur l'immigration de masse le 9 février 2014. En clair, ne pas reprendre le droit européen comme l'impliquerait l'accord institutionnel en cours de discussion.

Critiques

L'Action pour une Suisse indépendante s'est quant à elle montrée critique à l'égard du Neuchâtelois. D'après elle, il n'a pas suffisamment défendu l'indépendance, la souveraineté, la démocratie directe et la neutralité de la Suisse. Il n'a pas réussi à mettre la Suisse sur un pied d'égalité avec les autres partenaires européens.

Le PDC n'a pas répondu aux sollicitations de l'ats. Au téléjournal de la RTS, son président Gerhard Pfister s'est toutefois dit «très surpris de cette décision et du moment de cette décision, deux jours avant une séance du Conseil fédéral sur le dossier européen».

A l'étranger, l'OSCE a salué l'action du ministre suisse lors de son passage à la tête de l'organisation en 2014. L'OSCE profite encore des fruits de son engagement, a indiqué LAmberto Zannier, secrétaire général de l'OSCE. (ats/nxp)

Créé: 14.06.2017, 18h10

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