Démission: les ministres rivalisent de méthodes

Conseil fédéralComme Doris Leuthard, Johann Schneider-Ammann a profité d'un entretien avec des médias pour annoncer son départ. D'autres conseillers fédéraux l'ont fait différemment.

Eveline Widmer-Schlumpf avait jeté l'éponge après le renouvellement du Parlement.

Eveline Widmer-Schlumpf avait jeté l'éponge après le renouvellement du Parlement. Image: Keystone

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Les conseillers fédéraux rivalisent de méthodes pour annoncer leur départ. Comme Doris Leuthard, Johann Schneider-Ammann a profité d'un entretien avec des médias. Aucun des deux n'a fixé de date précise.

Avant eux, le PLR Kaspar Villiger s'était prêté à ce jeu. En mai 2003, il avait précisé ses intentions dans la presse: se retirer de ses fonctions à la fin de l'année, et non avant les élections fédérales d'octobre.

Campagne longue

En principe, un ministre annonce son départ lorsqu'il en a formellement informé le président de l'Assemblée fédérale et l'élection se joue à la session suivante. La campagne se déroule alors relativement vite.

Ce ne sera pas le cas avec Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann. Les spéculations sur les candidats et leur chance de réussite peuvent déjà aller bon train sans que l'on connaisse précisément quand la succession sera définitivement réglée.

Surprise!

Une tradition voulait cependant que le démissionnaire informe ses collègues lors d'une séance du Conseil fédéral, puis vienne rapidement s'exprimer devant les médias. La socialiste Micheline Calmy-Rey et la PBD Eveline Widmer-Schlumpf ont tenté de faire durer le suspense jusqu'à la fin d'une conférence de presse.

Le PLR Didier Burkhalter a quant à lui pris tout le monde de court en laissant le président du Conseil national annoncer son départ au milieu de l'après-midi. La démission de Pascal Couchepin avait elle aussi été communiquée du haut du perchoir du National, juste avant que le ministre ne participe à un débat.

Les départs sont plus ou moins pressentis. Celui du PDC Joseph Deiss a résonné comme un coup de tonnerre. La surprise faite par le socialiste Moritz Leuenberger avait été de communiquer son retrait juste au début de la pause estivale. Cette annonce avait précipité celle du PLR Hans-Rudolf Merz, quelques semaines plus tard.

Motivations

Les raisons qui conduisent un ministre à partir sont diverses. La pression du parti joue un rôle, mais elle est rarement invoquée officiellement. Certains comme l'UDC Adolf Ogi ou la socialiste Ruth Dreifuss ont estimé avoir fait leur temps. Eveline Widmer-Schlumpf a jeté l'éponge après le renouvellement du Parlement.

Certains n'ont pas eu vraiment le choix, rattrapés par la maladie comme le PLR Jean-Pascal Delamuraz ou les affaires comme la PLR Elisabeth Kopp. Et il y a ceux qui n'ont tout bonnement pas été réélus comme la PDC Ruth Metzler et l'UDC Christoph Blocher.

La proximité de la campagne électorale peut aussi jouer un rôle. Micheline Calmy-Rey a annoncé son départ à l'approche des élections de 2011. Le retrait d'Otto Stich, et son remplacement par Moritz Leuenberger en 1995, avaient donné un sérieux coup de pouce au PS.

L'annonce simultanée des démissions des démocrates-chrétiens Flavio Cotti et Arnold Koller en janvier 1999 a été interprétée comme une tentative d'imposer deux nouveaux conseillers fédéraux PDC (Joseph Deiss et Ruth Metzler), quel que soit le résultat du parti aux élections fédérales neuf mois plus tard. (ats/nxp)

Créé: 27.04.2018, 12h15

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