Les départs s’accumulent au sein de l’UDC romande

Départs en sérieChef de campagne pour la Suisse romande, le Vaudois Kevin Grangier quitte à son tour son poste. Analyse avec Oscar Mazzoleni.

Kevin Grangier, chef de campagne pour la Suisse romande.

Kevin Grangier, chef de campagne pour la Suisse romande. Image: Jean-Bernard Sieber

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Les difficultés s’accumulent pour l’UDC romande. Kevin Grangier, chef de campagne pour la Suisse romande, quitte son poste, a révélé lundi «Le Temps». Ces derniers jours, les présidents des sections neuchâteloise et fribourgeoise, Stephan Moser et Ruedi Schläfli, ont déjà annoncé leurs démissions. Et avant les vacances, la conseillère nationale Céline Amaudruz a repris la tête de l’UDC genevoise, son président abandonnant le poste après deux ans et suite à son élection au Grand Conseil.

Ancien secrétaire général de l’UDC vaudoise, Kevin Grangier précise qu’il a présenté sa démission en juin. «Il n’y a pas de lien entre les annonces récentes. Mon départ est lié à une opportunité professionnelle.» Il va devenir directeur de la communication d’un groupe suisse, également actif à l’étranger. «Je travaille depuis 10 ans à l’UDC et j’ai envie de sortir de ma zone de confort. Mais je reste membre du parti et président de la section du district d’Aigle.»

Stephan Moser et Ruedi Schläfli, eux, ont invoqué des raisons professionnelles et la surcharge de travail. Dans sa lettre de démission publiée par la RTS, le second mentionne en outre des querelles à l’intérieur du parti. Pour mémoire, il avait échoué dans l’élection complémentaire au Conseil d’État fribourgeois pour reprendre le siège de la Verte Marie Garnier. L’épisode aurait exacerbé les tensions et les critiques.

À un an des élections fédérales, ces déboires dans plusieurs cantons sont des coups durs pour la formation d’Albert Rösti. «Le parti est redevenu plus alémanique», diagnostique le politologue Oscar Mazzoleni. Bien sûr, les problèmes et leurs causes varient d’une région à l’autre. Il y voit néanmoins un point commun: la difficulté à assurer la relève, après le départ des premiers Romands formés sous l’aile blochérienne.

En mars 2017, la non-réélection d’Oskar Freysinger au Conseil d’État valaisan avait déjà été une gifle. Depuis, l’UDC ne compte plus d’élus dans les gouvernements romands. Avant cela, deux autres hommes qui ont fait le parti de ce côté de la Sarine ont chuté. Yvan Perrin a présenté sa démission du Conseil d’État neuchâtelois en 2014, suite à son burnout, et Claude-Alain Voiblet a été exclu de la section vaudoise en avril 2016.

En avril 2017, le président de l’UDC Suisse, Albert Rösti, admettait avoir sous-estimé les efforts à fournir pour progresser de ce côté de la Sarine. Un an plus tard, il n’y a pas eu de victoire. Mais la formation relativise les difficultés actuelles. Sa secrétaire générale, Silvia Bär, refuse toute généralité. À Fribourg, «les structures sont solides, mais le président réalise qu’il y aura beaucoup de travail jusqu’aux élections fédérales de 2019».

Et à Neuchâtel? «C’est un cas particulier, qui n’est pas nouveau. Il y a eu des disputes et c’est difficile de remotiver tout le monde.» Le président de l’UDC vaudoise, Jacques Nicolet, rappelle que la formation a grandi vite de ce côté de la Sarine. Le conseiller national Yves Nidegger (GE) ajoute qu’il n’y a pas de formation universitaire pour apprendre à gérer «le plus grand parti de Suisse».

Selon Oscar Mazzoleni, l’UDC est un parti exigeant. Sous l’impulsion de Christoph Blocher, il n’a pas seulement revu son idéologie. «La façon de faire de la politique a changé. L’UDC est devenue une formation très active, qui demande beaucoup de travail à son personnel, un dévouement 24 heures sur 24 à la cause.» Pour les responsables cantonaux, ce n’est pas facile de suivre. Selon le professeur lausannois, cela devient carrément difficile quand les défaites font tomber la motivation. «Sans oublier que les conflits deviennent plus nombreux quand vous perdez…»

Oscar Mazzoleni pointe du doigt un paradoxe: «La question européenne devient un thème central de notre politique fédérale. L’UDC, qui a aussi deux initiatives sur le feu, est au cœur de ce dossier mais a de la peine à mobiliser son personnel politique en Suisse romande.» De mauvais augure pour les élections fédérales de l’an prochain? «Si l’UDC réussit à imposer ses thèmes dans le débat, le résultat se jouera sur les idées défendues par le parti, et moins sur les personnalités.»

Créé: 20.08.2018, 21h24

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