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Dette: le PS préconise de changer de cap

Selon une étude commandée par le parti socialiste, le frein à l'endettement est dépassé. Il faudrait maintenant investir et même créer un fonds d'investissement souverain.

Le palais fédéral. Photo d'illustration.
Le palais fédéral. Photo d'illustration.
Keystone

Le frein à l'endettement pèse sur les finances fédérales dans le contexte actuel des taux d'intérêt bas, voire négatifs. Pour le PS, la réduction de la dette n'est plus la meilleure stratégie. Il a ainsi demandé une étude sur la façon dont la Suisse pourrait tirer profit de sa dette.

Le frein à l'endettement a été adopté dans les années 90, quand l'état des finances publiques suisses était préoccupant. La Confédération ayant remboursé un cinquième de sa dette, celle-ci est actuellement modérée, s'élevant à 14,5% du PIB, selon l'étude. Et les projections annoncent une baisse continue dans les années à venir.

Le coût du financement de la dette se trouvant actuellement à des niveaux exceptionnellement bas, l'étude du professeur d'économie genevois Cédric Tille, commandée par le PS, recommande une vision plus souple du mécanisme de frein à l'endettement. Le parti a présenté cette étude aux médias jeudi à Berne.

Les taux d'intérêt sont plus bas que les taux de croissance. Le gouvernement peut donc se permettre un déficit jusqu'à 2,6 milliards de francs avant paiement des intérêts de la dette, tout en gardant sa dette stable par rapport au PIB, selon l'économiste.

Le faible niveau des taux d'intérêt permet aussi le financement raisonnable d'investissements publics, dans les infrastructures, l'éducation ou la recherche. Les rendements sont difficilement quantifiables, mais les besoins sont là, selon le PS: préparer la population à la numérisation et améliorer l'efficience énergétique.

L'établissement d'un fonds souverain

Le parti à la rose évoque également la question de l'établissement d'un fonds souverain, au vu du faible niveau des taux d'intérêt sur les emprunts de la Confédération. Financé par des obligations fédérales, ce fonds investirait dans des placements plus rémunérateurs.

Selon Cédric Tille, un bénéfice annuel entre 700 millions et deux milliards de francs est envisageable. Cela représenterait 10% du PIB. L'étude préconise que ce fonds soit distinct de la Banque Nationale Suisse (BNS), les mandats étant différents. Le choix de la gouvernance serait encore à discuter, fait savoir le PS.

Ces diverses considérations portent sur une vision à long terme des finances publiques. A court terme, la politique budgétaire peut stimuler la croissance si elle cible des ménages à revenus faibles. Le PS mentionne des prestations de chômage plus élevées par exemple. Ces ménages ont plus de propension à consommer et donc à stimuler la demande.

(ats)

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