Deux arrestations et trois perquisitions à Genève

Menace terroristeEn pleine crise, quatre suspects, au moins, restent recherchés. Dans une voiture, la police a retrouvé hier des traces d’explosifs. Les autorités maintiennent les festivités de l’Escalade.

Une opération de déminage a eu lieu hier sur la route de Thonon, coupée à la circulation. Des traces d’explosifs ont été découverts dans une voiture (en haut à droite).

Une opération de déminage a eu lieu hier sur la route de Thonon, coupée à la circulation. Des traces d’explosifs ont été découverts dans une voiture (en haut à droite). Image: Sharmila Bertin

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La menace terroriste reste sérieuse et inédite à Genève. Le niveau d’alerte atteint 3 sur une échelle de 5. Un outil de gradation récemment introduit à l’interne de la police. Toutes les forces de l’ordre genevoises sont sur le qui-vive. La Haute-Savoie et l’Ain ont même reçu des renforts en nombre. Les contrôles se multiplient, à la recherche d’au moins quatre suspects. Deux personnes ont été arrêtées ce jeudi après-midi à Genève, a indiqué le site du Dauphiné Libéré. Des traces d’explosifs ont même été retrouvées dans leur voiture, selon nos informations. Des faits inquiétants s’accumulent. Preuve d’une grande nervosité.

Cette vigilance accrue repose sur des indications fournies par des services de renseignements américains. Quatre hommes, dont la photo a été diffusée au sein des forces de l’ordre, avec leur nom de guerre, sont activement recherchés. On connaît peu de chose de ces personnes. Et selon les sources de CNN, une communication a récemment été interceptée: des extrémistes, en lien avec le groupe Etat islamique (EI), parlaient de l’idée d’attaquer Genève. Mais aussi Toronto (Canada) et Chicago (Etats-Unis).

Deux arrestations

A Genève donc, on cherche tous azimuts. Hier après-midi, deux personnes d’origine syrienne ont été arrêtées, route de Thonon, laquelle a été coupée le temps d’une opération de déminage. Car dans leur voiture, on a retrouvé des traces d’explosifs. Mais on ne sait pas si cette affaire est liée à la menace terroriste. Par ailleurs, trois perquisitions menées jeudi ont permis de découvrir des armes. L’intervention n’a donné lieu à aucune arrestation, selon nos sources. On n’en saura pas plus. C’est le «no comment» du côté du Ministère public genevois, qui a ouvert jeudi une procédure pénale pour actes préparatoires délictueux. Le porte-parole du pouvoir judiciaire, Henri Della Casa, précise simplement que «l’enquête se poursuit. Le procureur général Olivier Jornot et le premier procureur Yves Bertossa suivent de très près la situation.»

Qu’en est-il du véhicule utilitaire immatriculé en Belgique entré puis reparti du territoire suisse dans la nuit de mardi à mercredi? Il a d’abord suscité des inquiétudes, avant d’être relégué au second plan. Ses deux occupants se trouvent être des voyous de 21 et 24 ans connus de la police belge, mais sans liens avérés avec la mouvance islamiste. Bref, un homme de terrain résume la difficulté de la mission: «On est en train de chercher une aiguille dans une botte de foin, et l’aiguille change en plus de forme.»

Manque de coordination

Dans ce contexte tendu, Pierre Maudet, chef du Département de la sécurité et de l’économie, qui a décidé jeudi de communiquer sur cette menace plus précise, tente de rassurer. Le magistrat s’est rendu hier au siège de l’ONU, placé en alerte depuis mercredi soir. Accompagné de Monica Bonfanti, la cheffe de la police, il s’est entretenu quelques minutes avec le directeur général de l’ONU à Genève, Michael Moller. La rencontre a eu lieu devant l’entrée principale, où des hommes armés montent désormais la garde. Pierre Maudet a assuré que la police genevoise allait maintenir un niveau de vigilance renforcé autour du Palais des Nations et des autres organisations internationales. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls sites particulièrement surveillés. La tension est aussi palpable en coulisses. L’ouverture jeudi de deux procédures pénales, l’une à Genève, l’autre à Berne, laisse penser à une certaine cacophonie. En fait, à ce stade de la menace, le Ministère public genevois et celui de la Confédération sont chacun compétents. Enfin, le manque de coordination entre les différents acteurs genevois se fait sentir.

Sophie Roselli, collaboration Alain Jourdan

Créé: 11.12.2015, 21h52

Maintenue, la fête de l’Escalade est surveillée

Faut-il fréquenter les lieux publics ce week-end et se mêler à la foule pour la fête de l’Escalade? La question effleure l’esprit ou inquiète, depuis que les autorités ont communiqué jeudi sur le relèvement de l’alerte terroriste à Genève. «Au lendemain de l’augmentation du niveau de vigilance par la police genevoise, le Département de la sécurité et de l’économie confirme la tenue des manifestations du week-end», a-t-il communiqué hier. Il invite d’ailleurs la population à se tenir informée par le biais de l’application mobile «Votre police».
C’est toute l’ambiguïté de la situation. Toutes les manifestations sont maintenues, alors que la menace reste sérieuse, si l’on en croit les efforts déployés. Sur le terrain, on a rarement vu à Genève autant de policiers, en tenue ou en civil, dans les rues. «Beaucoup d’agents sont sur le pont et beaucoup d’autres sont prêts à intervenir si besoin», indique le porte-parole de la police genevoise, Sylvain Guillaume-Gentil. Fait exceptionnel, une large majorité des quelque 300 inspecteurs de la police judiciaire sont notamment chargés de récolter du renseignement dans le cadre de la menace terroriste, selon nos sources. «Nous procédons à beaucoup de contrôles depuis jeudi», poursuit le porte-parole, sans livrer de chiffres. Les gardes-frontière genevois restent aussi sur le qui-vive: «Nous avons réarticulé nos effectifs, dont une bonne partie n’est pas forcément visible. L’objectif, c’est le renseignement et la recherche d’individus suspects», explique Michel Bachar, chargé de communication. Preuve s’il en est que Genève ne sombre pas dans la paranoïa: la France vient de mobiliser deux escadrons de gendarmerie, soit 160 militaires, qui ont rejoint la Haute-Savoie et l’Ain, selon nos sources. «Je vous confirme que jeudi après-midi, un escadron de gendarmerie, soit 80 militaires, est venu renforcer à la frontière les services déjà actifs des douanes et de la police aux frontières», indique Hervé Gerin, directeur de cabinet de la préfecture de Haute-Savoie. S.R.

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