Les policiers vaudois comparaissent derrière un paravent

Drame de l'A1Le procès de la fusillade mortelle survenue dans le tunnel de Sévaz (FR) a débuté lundi. Un paravent a été placé pour assurer la sécurité des deux policiers, l’un accusé du tir fatal, l’autre appelé comme témoin.

Le passager d'une berline volée a été tué il y a quatre ans dans le tunnel de la Sévaz (FR).

Le passager d'une berline volée a été tué il y a quatre ans dans le tunnel de la Sévaz (FR). Image: Sébastien Feval - A

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Pour des raisons de sécurité, un paravent de trois mètres sépare en deux la salle du tribunal de la Sarine à Fribourg où siège exceptionnellement le Tribunal d’arrondissement de la Broye. La paroi doit protéger des regards des voleurs de voitures français les deux policiers vaudois qui ont dressé un barrage en avril 2010 dans le tunnel de Sévaz (FR).

Si le plus jeune des policiers est là comme témoin, le second, âgé de 38 ans, est accusé de meurtre par dol éventuel ou homicide par négligence, et de mise en danger de la vie d'autrui. C’est lui qui a tiré 7 coups à l’aide de son pistolet mitrailleur (sans mode rafale) en direction de la voiture volée arrivant à grande vitesse devant le barrage dressé dans le tunnel. L’un des tirs a été fatal au voleur assis à l’avant du véhicule.

Le chauffeur de la berline volée, un Français de 23 ans, comparaît lui aussi devant le tribunal : il est accusé notamment de mise en danger de la vie d'autrui, subsidiairement de violence ou menace envers les autorités et les fonctionnaires. Il a déjà été condamné en août 2013, avec le frère jumeaux du défunt, à de la prison ferme pour vol en bande et par métier. Il est arrivé libre au procès.

Tirs maitrisés

Après l’audition du second policier sur les circonstances du drame, le tribunal a entendu ce lundi matin un expert de la police fribourgeoise sur les facteurs humains qui ont influencé le tir du policier. Selon l’expert, le sentiment de menace ressenti par le policier au moment où le bolide fonçait dans le tunnel a provoqué un effet blooming faussant l’évaluation de la distance. «Sous l’effet de l’adrénaline, la pupille se dilate et la personne perd la notion de profondeur de champ. Il devient alors difficile d’estimer la distance», ajoute-t-il. Le policer, qui est un bon tireur, a gardé la maîtrise de ses tirs.

L’expert en veut pour preuve le fait qu’il ait arrêté de tirer une fois que la voiture a dépassé le barrage et la menace disparue. Le policier visait bien selon l’expert, le bas de la calandre. Si le premier tir a touché malgré tout le bas du pare-brise, tuant le passager, l’expert l’explique par la distance (5 à 6 mètres) parcourue par le bolide entre le moment où le policier a décidé de tirer et celui de l’impact. L’audience se poursuit cet après-midi par l’audition des deux accusés.

Créé: 06.10.2014, 13h48

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