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TurquieDidier Burkhalter défend la liberté d'expression

Le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu est attendu en Suisse dimanche mais sa venue n'est pas encore confirmée.

Didier Burkhalter n'exclut pas des mesures «si les conditions de sécurité ne sont pas garanties».
Didier Burkhalter n'exclut pas des mesures «si les conditions de sécurité ne sont pas garanties».
Keystone

Didier Burkhalter a défendu samedi la décision de ne pas interdire la venue du chef de la diplomatie turque en Suisse. Berne se base sur ses principes, dont la liberté d'expression, la primauté du droit et le dialogue avec Ankara sur tous les dossiers pendants.

Pour l'heure, il n'est pas encore certain que le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu se rende bien en Suisse dimanche, a déclaré le conseiller fédéral sur les ondes de la RTS. Mais pas question de limiter les droits fondamentaux et la liberté d'expression.

De cette manière, on montre clairement aux autres pays qu'il est important de garantir ce genre de droits, a expliqué le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Raisons de sécurité

Si la Confédération n'interviendra pas pour limiter la liberté d'expression, il est «clair» qu'elle peut prendre des mesures si les conditions de sécurité ne sont pas garanties, a ajouté M. Burkhalter. M. Cavusoglu pourrait alors être empêché de se rendre où il l'avait prévu ou de faire ce qu'il a prévu, a-t-il dit. Une analyse de la situation est faite quasiment toutes les heures.

On a laissé des leaders kurdes s'exprimer en Suisse l'année passée, les leaders turcs doivent aussi pouvoir le faire dans le cadre de ce référendum du 16 avril sur la réforme de la Constitution turque, qui est très important pour l'avenir du pays, a-t-il souligné.

Selon lui, la Suisse a adopté une position «très claire» après le putsch avorté de juillet en Turquie, a rappelé M. Burkhalter. Elle l'a condamné et a fait en sorte d'avoir un dialogue «direct, franc, les yeux dans les yeux» avec Ankara. Il y a eu des contacts pratiquement tous les mois à plusieurs niveaux, relève M. Burkhalter.

Espionnage inacceptable

Dans ce contexte, la diplomatie helvétique a fait savoir à Ankara qu'il est «inacceptable» de mener des activités de police ou de renseignement sur le sol suisse. Une lettre émanant de l'ambassade de Turquie à Berne, révélée récemment, indique quelles institutions et associations sont soupçonnées d'être en contact avec le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'être l'instigateur du putsch.

Les autorités turques doivent passer par l'entraide judiciaire, «ce qu'elles ont d'ailleurs fait dans plusieurs cas». La Confédération est prête à étudier ces demandes, a précisé M. Burkhalter.

Dans le même contexte, Berne traitera «avec beaucoup de sérieux» les demandes d'asile déposées par des citoyens turcs. Selon le Conseil fédéral, la Suisse a enregistré depuis la tentative de putsch de juillet, 408 demandes d'asile de citoyens turcs, parmi lesquels il pourrait y avoir quelques détenteurs de passeports diplomatiques.

ats

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