Dopé par un esprit de reconquête, le Parti libéral-radical attaque tous azimuts

Les partis dans la bataille (2/7)C’est quoi être PLR aujourd’hui? Avant les élections, nous explorons l’ADN de chaque formation politique.

Le président du PLR, Philipp Müller (à g.), qui a dynamisé le parti, en compagnie de Christian Lüscher, vice-président et conseiller national genevois.

Le président du PLR, Philipp Müller (à g.), qui a dynamisé le parti, en compagnie de Christian Lüscher, vice-président et conseiller national genevois. Image: Keystone

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«Je suis libéral-radical parce que je veux vivre dans un monde où les gens sont en sécurité, où ils ont la liberté de bouger, de s’exprimer et d’entreprendre», résume le Genevois Christian Lüscher, vice-président romand du PLR. Et d’ajouter tout de go: «Je reproche à nos adversaires de vouloir offrir des prestations sociales intempestives en essayant de tarir les revenus qui permettent d’offrir ces prestations.»

Les adversaires ainsi désignés sont les socialistes. Le PLR a d’ail­leurs choisi de lancer sa campagne pour les fédérales le même jour que le PS, il y a deux semaines. Le parti a repris point par point le programme de la gauche, qualifié de «cadeau de Noël», biffant chaque article et alignant à la place ses propres propositions. Curieuse méthode pour un parti gouvernemental, non? L’historien politique Olivier Meuwly, spécialiste du radicalisme, y voit plutôt un signe de santé: «Le PLR a perdu beaucoup de plumes dans le passé en essayant de définir tout seul la vérité. Attaquer l’adversaire est une nouvelle formule, plutôt bonne. Après tout, même si elle s’en défend, chaque formation politique se définit un peu en fonction des autres.»

Posez vos questions à Christian Lüscher

Ce PLR plein de mordant est le résultat de la stratégie Philipp Müller. En reprenant les rênes en 2012, l’ancien plâtrier et coureur automobile argovien a voulu rompre avec l’image de la coterie de la Bahnhofstrasse. Une évolution qui semble payer à l’aube des fédérales: après plusieurs succès dans les cantons ce printemps et une hausse dans les sondages, le PLR apparaît être en mesure d’inverser la lente érosion des dernières décennies. Le «grand vieux parti» ambitionne de reconquérir le terrain perdu en 2011 au profit du PBD et des Vert’libéraux.

Le PLR est-il si profilé que cela? Son slogan peut paraître décousu: «Liberté, cohésion et innovation»… La Vaudoise Isabelle Moret, elle aussi vice-présidente, y voit de la cohérence: «La liberté individuelle, bien sûr! La cohésion, c’est notre responsabilité vis-à-vis de la société. Et l’innovation est capitale aussi dans un pays qui n’a pas de matière première.» Un programme qui mélange allègrement l’économie et le souci de l’Etat, «c’est la synthèse originelle du PLR, ajoute Olivier Meuwly. L’individualisme en équilibre avec l’importance de l’Etat, c’est toute l’histoire du libéralisme tempéré par le radicalisme.»

Les ailes du PLR

Une tension qui s’illustre «en permanence par une aile droite libérale et une aile gauche plus proche du PS», souligne l’historien. Le minis­tre des Finances, Johann Schnei­der-Ammann, et le ministre des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, illustrent ces différences. Ces deux «ailes» du PLR semblent convaincre. Un récent sondage montrait que la moitié des patrons considèrent que le PLR est celui qui défend le mieux l’économie. Un autre sondage montrait cette année que les Suisses jugent le PLR crédible sur la question européenne, en sauveur potentiel des Bilatérales.

Durant cette législature, «c’est moins ce qui a été voté par le parlement qui compte que ce que le peuple a voté, pense Christian Lüscher. Les votes sont révélateurs d’une Suisse qui travaille et qui ne veut pas se laisser étouffer par la bureaucratie, qui a refusé six semaines de vacances pour tous, qui a refusé d’abolir les forfaits fiscaux, de taxer les successions, de limiter les salaires à 1:12.» Et le 9 février? «Un message lancé aux autorités mais dont les conséquences politiques n’ont pas été bien mesurées», estime-t-il. Le PLR a pour sa part montré son incapacité à lancer des initiatives en échouant dans la récolte des signatures pour son texte «Stop à la bureaucratie» en 2012.

Sous la Coupole fédérale, «la loi sur la surveillance de l’assurance-maladie était un pas important, assure Isabelle Moret. C’est une garantie donnée aux Vaudois et aux Genevois qui ont payé trop de primes que cela n’arrivera plus.» Les députés PLR ont parfois voté en ordre dispersé à Berne, avec des différences de sensibilité marquées entre Romands et Alémaniques, comme sur la récente LRTV (soutenue par les PLR romands). «Ces différences existent dans tous les partis, réagit Isabelle Moret, mais elles se remarquent davantage chez nous car les Romands votent groupés.»

Créé: 01.09.2015, 10h00

Vos questions en direct

Christian Lüscher, vice-président du PLR suisse, est le deuxième responsable de parti à participer à notre série de «live chat», ou discussions en direct. Le conseiller national genevois répondra à vos questions sur les élections fédérales, son parti ou son activité politique. Tous les autres présidents ou vice-présidents de parti participeront à cet échange avec les lecteurs de 24heures, d’ici au 17 septembre. Vous pouvez poser vos questions à Christian Lüscher au moyen d’un formulaire sur notre site 24heures.ch. Ou alors en direct, dès 13h30. Le Genevois répondra au maximum d’entre elles pendant 45 minutes.

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