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Doris Leuthard passe son oral aux Nations Unies

La conseillère fédérale a présenté mardi à New York le rapport sur la mise en oeuvre des objectifs de l’Agenda 2030.

La conseillère fédérale Doris Leuthard relève notamment que les cleantechs sont en croissance en Suisse.
La conseillère fédérale Doris Leuthard relève notamment que les cleantechs sont en croissance en Suisse.

La Suisse passait ce mardi son examen devant le Forum des Nations Unies sur le développement durable, à New York. Au menu, la présentation de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 dans notre pays. Ce plan, en vigueur depuis janvier 2016, appelle les États membres de l’ONU à contribuer à la réalisation de 17 objectifs de développement durable, de la lutte contre la pauvreté au changement climatique.

Ce mardi, 46 pays sont auditionnés et chaque intervention est minutée. La Suisse, comme les autres, a droit à 30 minutes. À la manette, la conseillère fédérale Doris Leuthard. Pour ce bilan, elle se base sur 85 indicateurs de l’Office fédéral de la statistique. «39 montrent une tendance positive, 12 n’ont pas d’évolution significative, 14 une évolution négative alors que dans 20 cas, on ne peut pas tirer d’évaluation concluante.»

Éducation, pauvreté, égalité…

Côté positif, la ministre met notamment en avant la croissance des cleantechs, qui représentent 5% du PIB. Elle souligne qu’il n’y a pas de pauvreté extrême ni de faim chez nous. Et puis, l’éducation est gratuite, obligatoire et de bonne qualité. La Suisse est sur la bonne voie dans les domaines de la santé, de l’énergie, du développement économique durable et de l’emploi, des infrastructures et de l’innovation. Mais elle peut mieux faire en matière d’égalité des genres. Et si Doris Leuthard mentionne le recyclage des appareils électroniques, elle admet que des efforts sont nécessaires dans l’utilisation des ressources: la consommation diminue pour les ressources locales, mais pas pour celles venant de l’étranger.

«Nous reconnaissons que la Suisse est sur le bon chemin en ce qui concerne un certain nombre de cibles. Cependant, nous voyons encore d’importants défis», complète Sophie Neuhaus, membre du Conseil suisse des activités de jeunesse, qui s’exprime, elle aussi, à la tribune. Au nom de la société civile, qui accompagne le processus en Suisse, la jeune femme s’inquiète de l’augmentation des inégalités dans notre pays. Elle demande donc que le prochain examen national se concentre sur les plus vulnérables.

Société civile critique

Sophie Neuhaus rappelle qu’en parallèle à celles des autorités, des organisations de la société civile ont rédigé leurs propres conclusions. Une allusion à la polémique qui a secoué la Suisse. En juin, «Le Matin Dimanche» a révélé que le rapport du Conseil fédéral sur l’Agenda 2030 avait été raccourci et embelli. Une coalition de plus de 40 organisations le lui a reproché.

À l’heure des questions, ce mardi à New York, deux représentants de la société civile prennent le relais de ces critiques. Ils évoquent l’empreinte climatique de la Suisse ainsi que les activités de son secteur financier, s’interrogent sur la politique migratoire ou encore sur l’intégration de minorités comme les handicapés. Doris Leuthard n’a que peu de temps pour répondre et mentionner notamment l’échange de données en matière fiscale.

Pas assez axé sur le futur

Quel bilan tirer de cet exercice? Mark Herkenrath, directeur d’Alliance Sud et membre du groupe d’accompagnement Agenda 2030, regrette que la présentation se soit surtout concentrée sur ce qui a été fait. «Le plus important, c’est ce qui va se passer par la suite. Le Conseil fédéral devrait justement discuter du futur de cet agenda en septembre, mais ce n’est pas certain.»

Parmi les défis à venir, il souligne la nécessité de réfléchir aux conséquences de notre politique dans d’autres pays. «L’Agenda 2030 est universel, il exige d’être attentifs aux effets de nos actions à l’étranger.» Mark Herkenrath, qui était pour l’occasion à New York, salue le fait qu’une représentante de notre société civile ait pu prendre la parole à l’ONU. «Les questions critiques d’ONG étrangères montrent aussi que le rapport officiel était trop optimiste», conclut-il.

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