La droite met le paquet dans la campagne sur la réforme de l’AVS

RetraitesLes opposants à la Prévoyance 2020 mènent le bal. Les partisans n’ont pas encore trouvé leur rythme. Décryptage.

Différents élus du PLR et de l’UDC ont défilé, déguisés, sur une scène de la place Fédérale pour contrer Prévoyance 2020.

Différents élus du PLR et de l’UDC ont défilé, déguisés, sur une scène de la place Fédérale pour contrer Prévoyance 2020. Image: Keystone

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Distribution gratuite de barbes à papa! Pour dénoncer le «sucre» des 70 francs d’AVS distribués aux nouveaux rentiers, la droite a pris ses quartiers sur la place Fédérale lundi. Plusieurs conseillers nationaux UDC et PLR – déguisés pour l’occasion – étaient présents pour critiquer Prévoyance 2020, la réforme des retraites. Ils ont toutefois déçu les journalistes. Car l’invitation au point presse du jour avait des allures d’entrée au théâtre. Une pièce était attendue, à l’image des nombreux clips déjà visibles sur les réseaux sociaux.

Malgré le flop, cette nouvelle action montre que la droite entend s’engager sans relâche contre Prévoyance 2020. Il y a déjà eu un calculateur mis en place par l’Union suisse des arts et métiers pour que chacun puisse se rendre compte de ce que lui coûtera la réforme. Une série d’affiches a aussi fleuri sur les murs. On y voit un visage à double facette, juvénile d’un côté, ridé de l’autre. Dans un dossier aussi complexe, la droite a réussi à résumer son message en deux questions: voulez-vous trahir les jeunes et punir les retraités? Un message qui sera répété jeudi, lors de la conférence de presse de l’Alliance des générations contre Prévoyance 2020.

«Notre but est d’expliquer simplement les conséquences de cette réforme, explique Albert Rösti, président de l’UDC. Prenez la baisse du taux de conversion: la plupart des gens ne savent pas de quoi il s’agit. Nous cherchons à vulgariser de façon originale.» Et ça marche. Le premier sondage Tamedia montre que 52% des sondés sont prêts à voter non le 24 septembre. Une gageure pour la droite. Pris par la course au Conseil fédéral, le PLR partait affaibli. Quant à l’UDC, d’aucuns imaginaient qu’elle allait se la jouer petit bras dans la campagne.

«Isabelle Moret et Ignazio Cassis sont des spécialistes et leur engagement va manquer, mais d’autres PLR sont prêts à reprendre le flambeau, rétorque Albert Rösti. L’UDC ne manque pas non plus de porte-parole. Alex Kuprecht (UDC/SZ) a suivi le dossier de près au Conseil des Etats et Toni Brunner (UDC/SG) va se charger de convaincre les agriculteurs. On répète que notre base va soutenir ce texte, mais notre électorat est sensible à l’entraide générationnelle. Il s’opposera à cette injustice.» Et de tacler le PS. «On voit surtout qu’une importante minorité à gauche ne veut pas de cette réforme.» Le référendum lancé par la gauche alternative pourrait faire des dégâts.

Se retrousser les manches
En face, on accuse un temps de retard. Alain Berset a lancé la campagne avant l’été, mais depuis le soufflé est retombé. Ces dernières semaines, c’est plutôt une de ses déclarations qui a fait les gros titres. En affirmant qu’un non signifierait la fin de l’AVS, le ministre socialiste a suscité un tollé. On l’accuse de chantage.

Le PDC, qui a le lead sur la campagne des partisans, défend le Fribourgeois. «Tout le monde est d’accord sur le fait qu’une réforme est indispensable, explique Gerhard Pfister. Si on rejette ce compromis, il y a un danger pour l’avenir de la sécurité sociale.» Mais le président du PDC reconnaît que son camp doit redoubler d’efforts s’il veut s’imposer. Une conférence de presse est prévue vendredi. «Il est plus facile de s’opposer que de proposer. Nos adversaires répètent tout ce qui ne leur plaît pas, mais ils évitent de révéler leurs alternatives: la baisse des rentes et une hausse de l’âge de la retraite.»

Privés du soutien des grandes organisations économiques, les partisans ne roulent pas non plus sur l’or. La nervosité gagne du terrain. Après la publication du sondage, Christian Levrat, président du PS, a sonné le rappel des troupes. Dans un mail révélé par la RTS, il exhortait ses partisans à retrousser leurs manches pour défendre le projet, mais aussi à délier les cordons de la bourse.

Le camp du oui manque-t-il à ce point de ressources? «Nous avons de l’argent, répond Gerhard Pfister. Mais moins que nos adversaires.» Est-ce un problème? «En Suisse, ce ne sont pas ceux qui ont le plus de moyens qui l’emportent, mais ceux qui ont les meilleurs arguments. Souvenez-vous de la réforme de l’imposition des entreprises. La gauche l’a emporté contre le bloc bourgeois et les organisations économiques.»

Le Zougois sait de quoi il parle. Il faisait lui-même partie des perdants lors du vote sur la RIE III.

Créé: 14.08.2017, 22h42

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