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La droite réclame l’arrêt des négociations avec l’UE

La solution eurocompatible décidée en 2016 par le parlement n'est plus combattue par la seule UDC. Le doute gagne toute la majorité bourgeoise.

Doris Leuthard s’envole à Bruxelles jeudi pour rencontrer Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. L'entrevue sera-t-elle aussi chaleureuse qu'en 2010 (photo).
Doris Leuthard s’envole à Bruxelles jeudi pour rencontrer Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. L'entrevue sera-t-elle aussi chaleureuse qu'en 2010 (photo).
Keystone

La présidente de la Confédération Doris Leuthard s’envole à Bruxelles jeudi pour rencontrer Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Les attentes sont grandes avant ce rendez-vous. Ne sont-elles pas exagérées? C’est la question que pose NZZ am Sonntag dans sa dernière livraison. Citant des leaders des partis de droite, le journal dominical montre que la majorité bourgeoise aux Chambres fédérales ne désire pas faire avancer l’accord institutionnel entre la Suisse et l’Union européenne.

Débloquera, débloquera pas?

L’adoption par les Suisses de l’initiative «Contre l’immigration de masse», le 9 février 2014, a bloqué les discussions entre Berne et Bruxelles. La solution eurocompatible décidée en 2016 par les Chambres fédérales pour appliquer l’initiative devrait, en théorie, permettre une détente. Mais la finalisation des négociations de l’accord institutionnel, qui poserait un toit au dessus des accords bilatéraux, suscite une opposition croissante en Suisse.

L’UDC y a toujours été défavorable. La reprise automatique du droit européen et la subordination à la Cour européenne de justice constitueraient «une soumission à l’UE», a toujours estimé le parti national conservateur. Son président, Albert Rösti, demande à la présidente Doris Leuthard de signifier à Jean-Claude Juncker qu’«un tel accord n’entre pas en ligne de compte, ni aujourd’hui ni plus tard».

Scepticisme au PLR et au PDC

«Il n’y a aucune raison pour faire avancer un accord institutionnel avec l’UE», déclare maintenant Petra Gössi, la présidente du Parti libéral-radical, citée par NZZ am Sonntag. Le même attentisme gagne le PDC. Son président, Gerhard Pfister, «hésite entre l’interruption et l’abandon de l’exercice». Non seulement il n’y a pas de majorité populaire sur le sujet, mais un accord institutionnel n’est nullement nécessaire, suggère-t-il : «Un accord-cadre aujourd’hui, sans savoir à quoi ressemblera l’UE dans deux ans, je considère l’exercice comme prématuré.»

Il n’en demeure pas moins qu’une bonne douzaine de dossiers impliquant l’arrimage de la Suisse au grand marché européen sont bloqués. Leur avancement serait dans l’intérêt de différents pans de l’économie suisse, note NZZ am Sonntag. L’UE fait toutefois dépendre d’éventuels nouveaux accords à l’aboutissement préalable d’un accord-cadre.

«Le chemin est encore long»

L’UE est-elle prête à lâcher du lest sur des points sensibles pour la Suisse, comme sur le dossier des «juges étrangers» ? Des spéculations dans ce sens ont parfois été faites ces derniers temps dans la presse suisse. Notamment après la dernière visite à Bruxelles du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jacques de Watteville, qui a achevé son mandat la semaine dernière. Le journal dominical zurichois croit savoir que la rencontre du diplomate suisse était alors «informelle» et qu’il n’a reçu aucun signal positif sur d’éventuelles ouvertures de l’UE. Dans son rapport final de mission à l’attention du Conseil fédéral, Jacques de Watteville noterait, selon NZZ am Sonntag, que «le chemin est encore long» en vue d’un compromis.

En Suisse, le Parti socialiste milite toujours pour que les discussions avancent. Cité dans le journal dominical, son président, Christian Levrat, le dit sans ambages : «Le Parti socialiste veut un accord institutionnel afin de pouvoir poursuivre sur la voie bilatérale».

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