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La droite veut armer les F/A-18, tollé à gauche

Le PS et les Verts se déchaînent contre le prochain programme d'armement. La bataille sera rude au Parlement.

Le Conseil fédéral avait lui renoncé à équiper les FA-18 pour des attaques au sol.
Le Conseil fédéral avait lui renoncé à équiper les FA-18 pour des attaques au sol.
Keystone

«C’est une décision aberrante. On va équiper des avions de combat pour qu’ils puissent tirer des bombes au sol, dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse.» Lisa Mazzone (Verts/GE) tombe des nues. La commission de la politique de sécurité du National vient de décider à une voix près de réarmer les F/A-18 pour des attaques au sol. Coût de l’opération: 20 millions, sur un programme d’armement 2017 de 920 millions.

«Même le Conseil fédéral dans son rapport sur la sécurité estime la menace d’une attaque traditionnelle comme peu probable, s’emporte encore la vice-présidente des Verts. Plusieurs autres pays européens ne sont pas dotés de cette capacité de bombardement. L’impression qui se dégage, c’est que la majorité de droite cherche à justifier les 5 milliards de budget de l’armée par tous les moyens en sautant sur la moindre opportunité de dépense, sans se poser la question du besoin.»

Politique absurde

Le courroux est partagé par le PS pour qui la politique financière de la droite est saugrenue, voire absurde. «Pour les assurances sociales, l’éducation ou la coopération au développement, les caisses sont vides. Mais pour financer l’armée, ils trouvent subitement des millions, s’énerve Pierre-Alain Fridez (PS/JU). Le message sur l’armée 2017 ressemble à un patchwork d’idées, sans cohésion apparente.»

Frappes chirurgicales

L’équipement des avions de combats pour les attaques au sol avait pourtant été abandonné en 1994. Guy Parmelin avait bien tenté de l’intégrer dans le programme d’armement, mais le Conseil fédéral avait retoqué le ministre de la Défense. La courte majorité de la Commission ne l’entend donc pas de cette oreille.

Pour Roger Golay (MCG/GE), il s’agit de combler un déficit. «L’armée, c’est un tout. Pour appuyer les troupes au sol, une défense aérienne est indispensable. Elle seule est capable d’effectuer des frappes chirurgicales. Elle est beaucoup plus précise que l’artillerie. Aujourd’hui, il n’y a pas de risques concrets de conflit aux frontières, mais on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Il est de notre devoir d’anticiper toutes les éventualités.»

Egalement membre de la commission de sécurité, Hugues Hiltpold (PLR/GE) balaye les critiques de la gauche d’un revers de main. «Les Verts sont contre l’armée, et critiqueront systématiquement toutes les dépenses dans ce domaine.» Sur le fond, il ajoute: «On s’est accommodé de l’idée qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une force aérienne pour appuyer les troupes au sol. Objectivement, ce n’est pas normal. La majorité des pays en dispose. Le Gripen devait rétablir cette lacune. La décision du jour doit être comprise comme un signal. Ancrer l’idée que cette option doit être intégrée dans l’acquisition du futur avion de combat.»

La discussion pourrait toutefois tourner court au Parlement. En commission, le PDC a lâché le PLR et l’UDC. La majorité est donc un peu courte pour l’emporter en plénum au National. Ce sera encore plus difficile aux Etats.

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