Le durcissement des CFF fâche les voyageurs et le personnel

RailAmendes salées, restrictions diverses. Les nouvelles mesures passent mal auprès des usagers

Mieux vaut se prémunir d'un billet

Mieux vaut se prémunir d'un billet Image: Keystone

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Depuis le changement d’horaire, ça râle sec dans les compartiments des trains. Motif: l’introduction de plusieurs mesures perçues comme vexatoires par les voyageurs et maladroites par le personnel. En vrac, l’amende de 90?francs – au lieu de 10?francs – infligée aux personnes qui voyagent sans billet dans les trains grandes lignes. La hausse de 5 à 10?francs du montant minimum du surclassement. Et, cerise sur le gâteau, la possibilité de faire payer un billet demi-tarif au voyageur qui étale ses bagages sur un deuxième siège dans un train bondé.

«Il ne s’agit pas d’une mesure tarifaire», précise Patricia Claivaz à propos de l’occupation d’un deuxième siège. Mais d’une campagne de sensibilisation rappelant le principe «une place payée égale une place». «En pratique, les voyageurs sont courtois et nous n’avons pas vendu de demi-tarif pour ce motif, indique la porte-parole des CFF. Mais les gens font désormais davantage attention.»

Le poids de la resquille

Les CFF expliquent le durcissement dans les Intercity par une volonté de serrer la vis. Car la resquille pèse lourd dans les comptes: 10 millions de francs par an uniquement pour les amendes non payées. La compagnie a constaté en particulier que des petits malins ont fait leurs comptes: il est plus rentable de voyager sans billet, quitte à se faire pincer de temps en temps et à payer la taxe de 10?francs. «Le prélèvement d’une amende de 90?francs ( ndlr: comme dans les trains régionaux ) est un signal à leur égard, et aussi vis-à-vis de la majorité des voyageurs qui paient leur billet», explique Patricia Claivaz. «Le message est qu’on ne monte pas dans un train sans avoir acheté son billet. Ce d’autant plus que les possibilités n’ont jamais été aussi nombreuses: au guichet, à l’automate, en ligne, par smartphone…»

Il n’en demeure pas moins que cette mesure suscite des réactions non seulement parmi les usagers mais aussi parmi le personnel. «Nous ne sommes pas contents de la situation, admet Peter Moor, porte-parole du syndicat SEV. Les cheminots ont pu discuter de l’application, mais pas du principe même. S’ils n’avaient pas obtenu une certaine souplesse, la situation aurait été vraiment tendue.» De son côté, Patricia Claivaz confirme qu’il n’est pas question de prélever l’amende auprès des passagers qui sont visiblement de bonne foi, auprès des touristes égarés ou des handicapés, par exemple.

«Mauvaise image»

Secrétaire général de l’association Ouestrail, Jean-Claude Hennet nuance. «Je ne suis pas opposé au principe, car il ne serait pas correct de ne rien faire par rapport aux voyageurs en règle. Mais le montant de 90?francs est choquant et donne une mauvaise image.» Ce partisan du rail s’étonne aussi que les CFF veuillent renforcer la chasse aux fraudeurs alors qu’il constate qu’il y a moins de contrôles dans les trains. «Aux heures de pointe, nos agents n’ont souvent pas le temps de contrôler tous les voyageurs entre deux arrêts rapprochés, reconnaît Patricia Claivaz. Depuis l’an passé, nous avons donc systématisé l’accompagnement des trains grandes lignes par deux agents.»

Fausse identité

De manière générale, Peter Moor constate que les CFF ont tendance depuis plusieurs années à prendre des mesures restrictives à l’égard de la clientèle. Et de citer par exemple la réduction des ouvertures des guichets. «D’ailleurs, les quelques milliers de profiteurs qui donnent une fausse identité et ne paient jamais d’amende, ne seront pas davantage touchés par ces nouvelles règles.» «Il est difficile d’agir lorsqu’une personne est vraiment décidée à ne pas payer, reconnaît Patricia Claivaz. Un contrôleur ne peut pas la contraindre à décliner son identité ou à descendre du train. Cela relève des missions de la police des transports.»

Créé: 16.01.2012, 23h03

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