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«Nous n’échappons pas à une inquiétude à vie»

Les proches d'Adeline regrettent que son assassin n'ait pas été condamné à un internement à vie.

Dans une salle bondée et silencieuse, une porte claque! Comme un cri de désarroi. Le président du Tribunal criminel Fabrice Roch vient de répondre à la question cruciale du procès de Fabrice A.: «Il n’y a pas lieu de prononcer l’internement à vie.»

Ce mercredi 24 mai, le meurtrier d’Adeline vient d’être condamné pour assassinat à une peine de prison à vie et à une mesure sous forme d’un internement ordinaire. Le meurtrier livre un sourire à ses deux avocats en leur serrant la main, avant de s’engouffrer dans un couloir, direction la prison.

A la sortie, sur les marches du Palais, le procureur général Olivier Jornot prend le premier la parole face aux micros, satisfait. «Le tribunal a pris la mesure du crime exceptionnel de Fabrice A. et de la dangerosité qu’il revêt en raison de sa psychopathie. Il a prononcé la peine la plus lourde: la perpétuité. A cela, il a ajouté l’internement.» Lui qui avait plaidé l’internement à vie n’a pas de regret. «Ce qui m’importe, c’est l’internement prononcé.» Compte-t-il faire appel? Formellement, il a dix jours pour se prononcer, mais on voit mal pour quelles raisons il tenterait l’exercice. D’autant plus que le tribunal a bâti son jugement sur une bonne partie de son réquisitoire.

Solides et dignes tout au long du procès, les parents d’Adeline livrent des sentiments partagés. «C’est quand même un échec. On aurait aimé un internement à vie car cette mesure est une double sécurité, réagit Esther. Mais toutes les circonstances aggravantes ont été retenues. C’est donc, dans un sens, une victoire.» Ils ne feront pas appel, trop «épuisés», après des années de procédure et deux procès. Et de questionner: «L’internement à vie est inapplicable, alors pourquoi maintenir cette loi?» A leur côté, Juan, le compagnon d’Adeline, s’attendait à ce «type de sentence», en raison des expertises psychiatriques. Face au droit, il évoque l’humain. L’ex-petite amie polonaise de Fabrice A. «est condamnée à avoir peur toute sa vie». Il ressort de cette semaine de procès soulagé et un peu amer. «La moitié de mes déclarations devant le tribunal n’a pas été inscrite au procès-verbal.» En particulier ses critiques formulées envers l’Etat.

Les visages fatigués, trois membres du Collectif Justice pour Adeline ressortent déçues. «Il échappe à l’internement à vie, mais nous n’échappons pas à une inquiétude à vie, résume Aline Bachofner. Il faudra vivre avec l’idée qu’il pourra sortir un jour. Le collectif devra rester vigilant pour que la mémoire de ce drame ne s’évanouisse pas.»

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