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Economiesuisse embauche des trolls

Une agence travaillant pour le lobby des entrepreneurs a engagé cinq étudiants pour descendre et critiquer l'initiative Minder sur les sites d'information en ligne.

Les opposants à l'initiative sur les salaires abusifs ne se contentent pas d'affiches. Ils ont aussi lancé cinq Trolls contre le texte de Thomas Minder.
Les opposants à l'initiative sur les salaires abusifs ne se contentent pas d'affiches. Ils ont aussi lancé cinq Trolls contre le texte de Thomas Minder.
Keystone

L'agence de publicité zurichoise Werbeanstalt Schweiz AG a en outre conçu pour la faîtière economiesuisse les affiches et annonces contre l'initiative sur les salaires abusifs. La fédération des entreprises helvétique a prévu d'injecter 8 millions de francs dans cette campagne pour contrer le texte de l'indépendant schaffhousois.

La responsable de la campagne d'economiesuisse, Silvia Fraefel, réfute cependant la paternité de cette idée. L'initiative revient au patron et associé de l'agence de pub, Reto Dürrenberger, a-t-elle expliqué au journal zurichois Tages-Anzeiger.

Le bureau a engagé cinq étudiants par le biais de l'agence de placement Poolside et les a chargé de commenter dans le sens des opposants à l'initiative Minder des contributions de lecteurs publiées sur les portails comme blick.ch, 20.minuten.ch ou srf.ch. Dans le jargon de l'internet participatif, ces personnes sont appelées des trolls.

Au nom des PME

Les étudiants - trois pour la Suisse alémanique et deux pour la Suisse romande et le Tessin - ont recouru à de fausses adresses e-mail et des noms d'emprunt.

Reto Dürrenberger confirme les faits et explique que l'idée de ce projet aurait germé après une partie de tennis avec le chef de l'agence Poolside Marcel Flückiger. Tous deux auraient craint que «la Suisse se tire une balle dans le pied avec l'initiative contre les salaires abusifs», écrit-il samedi dans une prise de position envoyée à l'ats.

Ils auraient agi en tant que représentants préoccupés des PME. Les commentaires des étudiants auraient apporté des arguments nouveaux au débat, notamment dans quels domaines l'initiative serait dangereuse. «Nous n'avons jamais laissé écrire des contrevérités», précise Reto Dürrenberger.

«Coup bas pour la démocratie»

Claudio Kuster, militant pour le texte de Thomas Minder, est indigné. «Le comité d'initiative condamne au plus haut point de telles manipulations de la démocratie directe», a-t-il fait savoir samedi par communiqué. Cette manière opaque d'influencer l'opinion, avec de l'argent, va à l'encontre de la garantie des droits politiques et entrave la volonté populaire des citoyens suisses.

Lui-même s'est rendu compte depuis environ trois semaines qu'une foule de commentaires de même tonalité étaient apposés à des articles sur l'initiative Minder, a-t-il confié au Tages-Anzeiger. Les contenus étaient parfois simplement copiés.

Les exploitants des portails online sont désormais priés de mettre le holà à ces contributions trompeuses. Ils doivent veiller à contrôler les commentaires et leur auteur, demande Claudio Kuster. Mais dans l'immédiat, ce ne sera pas nécessaire.

Campagne stoppée

Reto Dürrenberger a confirmé samedi que le projet avec les étudiants cessait avec effet immédiat. Lui et son ami Flückiger «ne veulent pas verser plus d'huile sur le feu».

Une décision saluée par la responsable d'economiesuisse Silvia Fraefel. La faîtière de l'économie connaît suffisamment de politiciens et d'entrepreneurs pour animer le débat avec des moyens normaux, selon elle.

Le dernier mot reviendra au peuple lors de la votation le 3 mars. L'initiative veut renforcer le pouvoir des actionnaires en matière de rémunération des «top managers». Un contre-projet indirect lui est opposé. Il prévoit également que les actionnaires approuvent chaque année le montant total des rémunérations des cadres, mais de manière moins rigide, notamment pour les caisses de pension.

(ats/SK)

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