EconomieSuisse pousse à la réforme des gymnases

FormationLa faîtière livre des pistes pour revoir l’enseignement et mieux informer les élèves sur les filières universitaires. Réactions mitigées.

Avec une maturité, il devrait être possible d’étudier ce qu’on veut «en connaissance de cause», souhaite EconomieSuisse.

Avec une maturité, il devrait être possible d’étudier ce qu’on veut «en connaissance de cause», souhaite EconomieSuisse. Image: ALAIN ROUÈCHE - A

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Trop d’étudiants (34%) abandonnent leur formation universitaire en cours de route. Des hautes écoles déclarent que le niveau des étudiants est insuffisant, ajoute EconomieSuisse. Forte de ces constats, l’organisation faîtière propose huit mesures pour garantir l’aptitude des gymnasiens aux études supérieures.

«Nous pouvons encore améliorer la formation dans certains domaines, résume Maxim Wuersch, collaborateur scientifique à EconomieSuisse. Les jeunes doivent avoir un socle de connaissances solide pour poursuivre leurs études. Nous sommes aussi concernés par la pénurie de main-d’œu­vre qualifiée et nous avons notamment des soucis dans les branches MINT (maths, sciences naturelles et informatique).» Le but est que toute personne décrochant une maturité puisse étudier ce qu’elle veut «en connaissance de cause» et d’éviter l’instauration de numerus clausus.

Huit semaines pratiques
Comment y parvenir? Parmi les mesures proposées, les gymnases devraient encourager les élèves à effectuer des stages, les cours d’orientation professionnelle devraient être obligatoires et les hautes écoles devraient offrir des tests d’autoévaluation pour leurs filières. Les élèves devraient aussi justifier une expérience pratique (petit job, stage, activité caritative) d’au moins huit semaines avant leurs études. Il ne faudrait pas former les classes en regroupant les élèves d’une même option (ce qui ne se fait pas, en général, dans les cantons de Vaud et de Genève). En revanche, il s’agirait de limiter les possibilités de compensation en maths et dans la première langue ou de publier les taux de succès des gymnases.

«Ce serait une mauvaise idée d’instaurer un numerus clausus, acquiesce Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat genevoise en charge de l’Instruction publique. Mais il y a dans ces propositions à boire et à manger.» Certaines sont déjà pratiquées dans certains cantons. A Genève, par exemple, les élèves doivent obtenir, dès la deuxième année, un total minimal de 16 (sur 24) dans quatre disciplines dont les maths et le français. «Un classement des établissements serait aberrant car les résultats dépendent aussi du milieu socioculturel, ajoute la conseillère d’Etat. Dans notre canton, les directeurs collaborent. Chacun d’entre eux est ainsi responsable d’une discipline et doit s’assurer de la qualité des examens.» Et la Genevoise de conclure qu’il est important de garder une maturité généraliste.

Réflexion nationale
«Ces questions sont d’une grande complexité. Elles ne peuvent pas se traduire par des «Y a qu’à», estime Séverin Bez, directeur général de l’enseignement postobligatoire vaudois. A ses yeux, les solutions doivent être basées sur des études. Et puis, «une première année d’université, même si elle a un coût, permet aussi de construire son choix».

Ces propositions sont présentées dans un contexte particulier. «Elles arrivent comme la pluie après l’orage», estime Carole Sierro, présidente de la Société suisse de l’enseignement secondaire. La Conférence des directeurs cantonaux de l’Instruction publique mène depuis plusieurs années une réflexion sur le sujet. Ce travail a débuté suite à une étude nationale évaluant la maturité gymnasiale (EVAMAR II). Celle-ci a montré que, si la majorité des élèves sont bien préparés pour l’université, un groupe possède des compétences «lacunaires ou insuffisantes», par exemple en maths et dans la langue première. Cette réflexion pourrait notamment aboutir à un complément au plan d’études cadre actuel.

Le monde de l’enseignement se veut rassurant. «Notre maturité est bonne et les jeunes universitaires trouvent du travail après leurs études», souligne Séverin Bez. Tout va donc pour le mieux? Anne Emery-Torracinta admet que des progrès pourraient être faits dans l’orientation professionnelle au niveau secondaire I. Quant à Carole Sierro, elle estime qu’il est important de toujours remettre en question et améliorer la formation initiale et continue des enseignants.

Créé: 07.07.2015, 11h07

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