L'éducation sexuelle à l'école plébiscitée

SantéLe Conseil national préconise le rejet d'une initiative populaire qui veut affaiblir la mission d'information de l'école pour responsabiliser davantage les parents

Cours d'éducation sexuelle et de prévention des abus sexuels au collège des Alpes, le 4 février 2014.

Cours d'éducation sexuelle et de prévention des abus sexuels au collège des Alpes, le 4 février 2014. Image: Florian Cella-A

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Quand le parlement met à son programme l’éducation sexuelle à l’école, la discussion, à défaut d’être torride ou croustillante, tourne au débat-fleuve. Plus de quarante élus ont pris la parole mercredi sur cette question sensible.

En grande majorité pour dire très sérieusement tout le mal que leur inspire l’initiative populaire «Protection contre la sexualisation à l’école maternelle et à l’école primaire», sur laquelle le peuple devra voter. Par 134 voix contre 36 et 12 abstentions, le National préconise le rejet de ce texte qualifié hier de tous les maux: «absurde», «dangereux», «incestueux», «idéologique», «réactionnaire».

Un texte qui, en matière d’éducation sexuelle, veut affaiblir la mission d’information et de prévention de l’école pour miser davantage sur les parents, supposés les mieux placés et les plus éclairés pour parler sexe avec leurs enfants.Les initiants prétendent protéger les écoliers contre l’évocation de la sexualité à un moment où ils n’y seraient pas préparés. Ils font le procès des professionnels, maîtres ou intervenants extérieurs selon les cantons, qui transmettraient des valeurs discutables et utiliseraient des méthodes choquantes.

Ils proposent donc d’interdire l’éducation sexuelle jusqu’à 9 ans révolus, puis de la rendre facultative. Seul serait obligatoire l’enseignement scientifique sur la reproduction humaine, comme si l’on pouvait réduire la sexualité à cette seule dimension.

Cette défiance envers un enseignement qui a pourtant fait ses preuves – un point souligné hier – n’a convaincu que l’UDC. Tous les autres partis plébiscitent le statu quo. Une poignée d’élus PDC se sont abstenus.

«Trop d’enfants ont été confrontés trop tôt à ce sujet délicat et en ont été traumatisés», a plaidé l’UDC Verena Herzog. On lui a opposé les résultats positifs à mettre sur le compte de l’éducation sexuelle dispensée depuis longtemps: la Suisse a le taux le plus bas d’Europe de grossesses non désirées chez les 15-19 ans; côté garçons, 90% des moins de 20 ans se protègent avec un préservatif lors d’un rapport sexuel.

Contre la tentation de croire les parents plus compétents que les pédagogues, des orateurs ont cité les travaux de pédiatres et de psychiatres, Françoise Dolto en tête. Ces experts ont montré les limites du vase clos familial quand l’intime, l’émotion et la sensualité y sont réprimés, pour des motifs psychologiques, moraux ou culturels. Il a aussi été rappelé que les proches parents peuvent être la première menace pour les enfants. Les abus sexuels sur mineur ont souvent lieu dans le cercle familial. «Au lieu de protéger les jeunes, l’initiative les met en danger», a résumé la socialiste zurichoise Chantal Galladé. (24 heures)

Créé: 04.03.2015, 21h36

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