Un élan de solidarité national pour 33 chevaux abandonnés

JuraUn agriculteur jurassien se retrouve avec des chevaux à l’abandon. La situation émeut dans tout le pays

Image: DR

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Michel Prêtre ne sait plus où donner de la tête. Cet agriculteur de Boncourt (JU) héberge et nourrit depuis près de quatre mois 33 chevaux qui ne lui appartiennent pas. L’éleveur de bisons expli­que avoir loué pour 2500 francs par mois un bâtiment à un Argovien, qui y a installé les bêtes à la mi-octobre. Depuis, il ne l’a revu qu’une fois, le 24 décembre, et a dû puiser dans ses réserves pour s’occuper des animaux.

Groupes de soutien

Il est sans nouvelles de leur propriétaire et affirme ne pas avoir été payé. «J’ai dû acheter du fourrage. Il me doit 40'000 francs… Je ne pouvais pas laisser ces bêtes sans les nourrir. Mais là, je n’ai plus les moyens financiers d’assumer tout cela.»L’affaire a été relayée la semaine dernière sur Facebook. Des groupes de soutien ont été créés, les médias se sont intéressés au sort des animaux et Michel Prêtre a vu débarquer une soixantaine de personnes chez lui le week-end dernier. «Des gens sont venus avec des vermifuges, du pain, des carottes, des biscuits, raconte-t-il. Cette mobilisation m’a surpris et m’a fait chaud au cœur.»

Mardi, l’organisation Network for Animal Protection (NetAP) a fait livrer du foin et de la paille. Le Refuge de Darwyn a vermifugé les animaux. «Ils sont au propre et, pour les trois quarts, dans un bon état général, commente sa directrice et fondatrice, Anouk Thibaud. Il y a deux à trois chevaux dont on voit les côtes et une jument poulinière mérite d’être retirée du groupe pour lui donner des compléments alimentaires.» L’association de défense des chevaux maltraités, située à Sézenove (GE), précise que ses moyens sont limités, mais qu’elle aidera Michel Prêtre à trouver des places. Des maréchaux doivent se rendre sur place ce week-end et un dentiste a proposé gratuitement ses services.

Plaintes déposées

«J’ai maintenant du fourrage pour quinze jours à trois semaines. Mais, si cela dure six mois, il faudra les nourrir», commente Michel Prêtre, qui ne peut vendre des chevaux qui ne lui appartiennent pas. Le 12 janvier, il a déposé une plainte contre l’Argovien. L’Association jurassienne de protection des animaux a fait de même lundi pour abandon, maltraitance et manque de soins. L’affaire s’est encore corsée ces derniers jours: des personnes auraient reconnu dans le lot leurs bêtes, qui avaient disparu l’été dernier.

Les autorités cantonales suivent elles aussi de près les événements. «Nous prendrons position cette semaine encore», assure le conseiller d’Etat jurassien Michel Thentz. Le ministre estime qu’une décision de séquestre devrait être prise. Tout l’enjeu est de savoir où les animaux seront placés – cela pourrait être chez l’agriculteur lui-même – et qui paiera pour leur entretien. Une prise en charge du Canton, conclut-il, ne pourrait être que temporaire.

Créé: 04.02.2015, 09h37

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