Une de ces élues pourrait prendre la tête du PS

SuccessionAlors que le départ de Christian Levrat est effectif, la pression est grande pour élire une femme à la présidence du PS, seule ou en duo.

De gauche à droite: La bernoise Flavia Wasserfallen et les zurichoises Mattea Meyer et Tamara Funiciello.

De gauche à droite: La bernoise Flavia Wasserfallen et les zurichoises Mattea Meyer et Tamara Funiciello. Image: Keystone

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Alors que le PS se bat encore dans plusieurs cantons pour le deuxième tour du Conseil des États, tous les regards portent déjà sur la succession de Christian Levrat. Le Fribourgeois va en effet quitter la tête du parti après près de douze ans de règne.

Un nom revient régulièrement pour le remplacer, celui de Cédric Wermuth. Le conseiller national argovien a été le flamboyant président de la Jeunesse socialiste. Mais sa candidature peine à s’imposer. Il a non seulement échoué dans sa tentative de garder le siège de sénateur socialiste dans son canton, mais il a aussi deux autres handicaps. Son profil très à gauche ne plaît pas aux centristes du parti, et il a le défaut d’être un homme. Et alors que Roger Nordmann (VD) a déjà annoncé vouloir se représenter à la tête du groupe socialiste, il est de plus en plus dérangeant pour les sympathisants qu’un parti qui prône haut et fort l’égalité soit dirigé par un duo masculin.

Du coup, l’idée d’une coprésidence revient avec insistance auprès des élus que nous avons contactés. Qui pour partager le pouvoir avec Cédric Wermuth? Deux conseillères nationales sont citées: la bernoise Flavia Wasserfallen et la zurichoise Mattea Meyer. Ajoutons-y Tamara Funiciello, dont l’élection au nez et à la barbe de deux sortants aurait l’avantage de sérieusement décoiffer le parti.

Par contre, les chances de la conseillère nationale bernoise Nadine Masshardt semblent avoir fondu depuis dimanche. La Bernoise a certes réalisé un bon score personnel, mais en tant que responsable de la campagne du PS suisse, elle porte une responsabilité dans l’échec électoral.



La favorite: Flavia Wasserfallen

Il suffit de quelques coups de téléphone pour comprendre que c’est elle la chouchou des caciques du parti. Normal, c’est la papable qu’ils connaissent le mieux. La Bernoise a codirigé pendant six ans – de 2012 à 2018 – le secrétariat général du parti national. Elle sait donc comment fonctionne le PS de l’intérieur, et connaît tant ses élus que ses rouages. À 40 ans, Flavia Wasserfallen a déjà un joli pedigree politique. Membre du Grand Conseil bernois de 2002 à 2012, elle a été la vice-présidente du groupe.

Elle vient d’être réélue au Conseil national après y être entrée en 2018 comme vient-ensuite après l’élection d’Evi Allemann au gouvernement cantonal. Elle siège à la Commission des affaires juridiques. Maîtrisant le français, la politologue a toutes les qualités requises pour le poste, mais elle hésiterait à se lancer dans la course, notamment parce qu’elle a trois enfants en bas âge.

Une coprésidence pourrait être la combinaison gagnante, d’autant que celle qui a aussi été professeure de snowboard a déjà expérimenté la formule durant deux ans, lorsqu’elle était à la tête du PS de la ville de Berne.



La challenger: Mattea Meyer

Parcourir le CV de Mattea Meyer, c’est prendre un sacré coup de vieux. À 24 ans, elle est élue au parlement du canton de Zurich, quatre ans plus tard elle franchit les portes du National. Et à 32 ans, elle pourrait être à la tête du deuxième plus grand parti du pays. Issue de l’aile gauche du PS, l’ancienne vice-présidente des Jeunes socialistes a conservé sa posture militante sous la Coupole, notamment au travers de nombreuses interventions sur les questions d’égalité des sexes, d’aide aux réfugiés et en matière de fiscalité.

Elle représente une jeune génération de femmes politiques dont l’influence s’est accrue au cours de la législature. Même la très libérale «NZZ» disait d’elle en 2015 qu’elle était l’un des «supertalents» du pays. Reste qu’elle doit encore améliorer son français.

Actuellement, celle qui a étudié l’histoire, la géographie et les sciences politiques à l’Université de Zurich siège dans la Commission des finances, qui a son mot à dire sur tous les dossiers qui passent à Berne. Elle s’entend très bien avec Cédric Wermuth, et a été son assistante parlementaire, quand il a été élu au Conseil national en 2011.



La surprise: Tamara Funiciello

Militante féministe à la provocation assumée, la Bernoise Tamara Funiciello a été la très médiatique tête de file de la Jeunesse socialiste suisse (JSS) de 2016 à 2019. Trilingue, cette étudiante bernoise – secrétaire syndicale Unia – a notamment marqué la JSS en lançant plusieurs initiatives populaires durant sa présidence, notamment celle intitulée 99%, qui exige que les 1% les plus riches contribuent davantage à la fiscalité du pays.

Égérie de la grève des femmes du 14 juin dernier dont elle est une des initiatrices, elle n’a pas hésité à faire campagne sur un slogan ambivalent: WTF (non pas What the f*, mais Vote Tamara Funiciello, en allemand). Et ça a marché.

À 29 ans, la joueuse de hockey sur gazon fait une entrée remarquée au Conseil national, en éjectant deux sortants, le dinosaure syndicaliste Corrado Pardini et le président de Travail.Suisse, Adrian Wüthrich.

Celle qui dit «devenir encore plus radicale avec l’âge» affirme être une anticapitaliste et une utopiste. L’élire à la coprésidence serait tout sauf évident, d’autant qu’elle est nouvelle, mais ça aurait le mérite de dépoussiérer un bon coup l’image du PS.

Créé: 12.11.2019, 10h10

Les candidats potentiels à la succession

Le patron





Bilingue et médiatique, Cédric Wermuth s’est fait connaître comme président de la Jeunesse socialiste. S’il a perdu son côté provocateur depuis qu’il siège au National, où il a été élu en 2011, l’Argovien reste très marqué à gauche, ce qui peut refroidir les centristes du PS. À 33 ans, ce père de famille a un autre défaut, il est un homme. Et pour beaucoup, la priorité va à une femme. Un autre papable a le même problème: Jon Pult (GR), 35 ans, qui vient d’être élu au National.




L’outsider





Bien que le moment soit à une femme alémanique, une figure s’impose côté romand: Mathias Reynard. À 32 ans, il entame déjà sa troisième législature au National et est un des poids lourds du PS. Contrairement à Cédric Wermuth, qui a renoncé à se présenter au second tour pour le Conseil des États en Argovie, le Valaisan a tenté le coup et est passé à un cheveu d’un exploit. S’il ne devient pas président, il est un candidat sérieux à une co- ou à une vice-présidence.

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