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Google lance le débat sur la liberté d'expression

L'ingénieur de l'entreprise américaine avait justifié l'inégalité de traitement entre femmes et hommes dans le secteur des hautes technologies. Il a été viré!

Le traitement des femmes dans le milieu très masculin de la Silicon Valley fait l'objet de vifs débats depuis plusieurs mois.

Le licenciement d'un ingénieur de Google, auteur d'un mémo jugé sexiste, attise les accusations de discrimination portées contre les grands noms de la Silicon Valley aux Etats-Unis. Mais il relance aussi le débat sur la liberté d'expression.

Dans un «manifeste» publié sous forme de mémo interne, James Damore affirme que les «différences biologiques» sont un facteur important expliquant la faible représentation des femmes dans le secteur de la technologie sur sol américain. Cette affirmation a aussitôt provoqué une levée de boucliers accusant le salarié de Google de sexisme et de véhiculer des stéréotypes.

James Damore a indiqué, dans un courrier au site d'informations d'extrême-droite Breitbart, qu'il avait été renvoyé à la suite de la publication de ce blog. Il a ajouté que cette décision portait atteinte à sa liberté d'expression.

Le directeur-général de Google, Sundar Pichai, sans commenter directement sur le cas Damore, a affirmé pour sa part que les employés du géant de l'internet avaient le droit de faire part de leurs opinions mais que le mémo avait franchi «les limites en avançant des stéréotypes de genre nuisibles sur notre lieu de travail». «Suggérer qu'un groupe de nos collègues a des traits qui les rend biologiquement moins adaptés à ce travail est offensant», a-t-il poursuivi dans un courriel au personnel.

Cette dernière affaire s'ajoute à une longue liste d'accusations de discrimination sur la base du genre portées contre les entreprises de la Silicon Valley. Mais le renvoi de James Damore porte aussi maintenant le débat sur le terrain de la liberté d'expression.

«Très triste que James Damore soit renvoyé par Google pour n'avoir que résumé les sciences du comportement. C'est scandaleux et immoral», a notamment affirmé un internaute sur Twitter.

Politiquement correct

La décision de licencier l'ingénieur en a instantanément fait un héros de l'extrême-droite et de ceux qui estiment que le «politiquement correct» va trop loin. Breitbart a ainsi commencé à publier ce que le site présente comme une série d'entretiens avec des «rebelles de Google» qui affirment que l'entreprise étouffe les opinions avec lesquelles elle n'est pas d'accord.

«La chasse aux sorcières est un problème culturel connu chez Google», affirme ainsi un salarié identifié sous le seul nom de «Hal». «Beaucoup d'activistes passent des journées entières à se livrer à une guerre culturelle et ne font rien d'autre», ajoute-t-il.

Le mémo de dix pages de James Damore, d'abord publié par le site spécialisé Gizmodo puis ensuite sur un autre Motherboard, affirme que Google fait taire tous ceux qui ne sont pas d'accord avec la politique officielle, créant une «chambre d'écho idéologique».

Près de 70% des employés de Google sont masculins, une proportion qui grimpe à 80% quand ne sont pris en compte que les emplois technologiques, selon les derniers chiffres fournis par l'entreprise. Chez Facebook, en 2016, seulement 27% des cadres dirigeants étaient des femmes et, dans le cas d'Apple, 30% de l'ensemble des employés.

Dans son bon droit

Roger Kay, qui dirige le cabinet de consultants Endpoint Technologies Associates, estime que le cas de James Damore n'est pas lié à la liberté d'expression et que Google a le droit de ne garder que les employés qui partagent les valeurs de l'entreprise. «Ils ne le mettent pas en prison, il n'est pas inculpé», souligne-t-il. «Son texte était odieux et ils ont absolument le droit de le renvoyer si cela permet de défendre les valeurs» de la société.

«Même s'il y a une grande indignation au sein des employés de Google et d'autres dans l'industrie technologique concernant le blog, il y en a aussi un certain nombre qui l'ont bien accueilli», souligne Jan Dawson de Jackdaw Research dans un blog. «En dépit de l'effort général effectué pour promouvoir la diversité au sein des entreprises technologiques, il y a toujours une bonne partie des salariés qui partagent ces opinions et qui voudraient les exprimer plus librement», ajoute-t-il.

(ats)

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