Encore une agression visant des homosexuels à Zurich

HomophobieDes personnes gays ont été violentées à Zurich dimanche. Les associations LGBT demandent des statistiques.

Dimanche, les citoyens suisses ont massivement accepté d'étendre la norme pénale contre le racisme à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle.

Dimanche, les citoyens suisses ont massivement accepté d'étendre la norme pénale contre le racisme à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle. Image: Lucien Fortunati

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Dans la nuit de samedi à dimanche, la vielle ville de Zurich a été le théâtre d’une nouvelle agression contre des personnes homosexuelles. Alors qu’ils se trouvaient devant une boîte de nuit gay, des noctambules ont été pris à partie par un groupe de jeunes hommes. L’un d’entre eux raconte à «20 Minuten» avoir été frappé tout en étant couvert d’injures homophobes. L’attaque a fait trois blessés, dont un videur qui tentait de s’interposer et qui a reçu un coup de couteau à l’épaule. Un suspect syrien âgé de 15 ans a été arrêté.

Les violences dirigées contre des membres de la communauté gay se sont répétées ces dernières semaines en vieille ville de Zurich. Si bien que la police a augmenté ses patrouilles dans le quartier. Fait marquant: l’agression de dimanche est intervenue le jour même où la population suisse votait massivement en faveur d’une meilleure protection pénale des personnes lesbiennes, gays et bisexuelles.

Un «effet indirect»

Un sondage de Tamedia (éditeur de ce journal) réalisé entre le 6 et le 8 février, montre que les citoyens sont bien conscients que ce vote ne suffira pas pour résoudre le problème: 54% des personnes interrogées estiment que l’acceptation de la norme n’aura pas pour conséquence de diminuer les agressions physiques de personnes homosexuelles et bisexuelles. Selon Muriel Waeger, directrice romande de l’association Pink Cross et de l’organisation suisse des lesbiennes, la nouvelle disposition pourrait avoir un «effet indirect» en ce qu’elle conduirait à mieux sensibiliser les agresseurs potentiels. «Mais c’est avant tout sur la prévention qu’il faut miser. Et pour bien agir, il faut savoir où il y a des problèmes. Or il faut des données fiables pour cela.»

Muriel Waeger se réjouit certes que la norme antihomophobie permette bientôt de recenser – à travers les poursuites pénales – les incitations à la haine et discriminations publiques. Mais cela ne donnera qu’une image très partielle du problème, les agressions physiques et verbales directes, tout comme les agressions transphobes, n’étant pas visées.

Motion en bonne voie

Au printemps dernier, les associations LGBT ont lancé un appel aux polices suisses pour que celles-ci enregistrent les agressions basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Des élus ont relayé la revendication au sein des parlements de 18 cantons, notamment Zurich, Vaud et Genève.

Une motion demandant des statistiques officielles a aussi été déposée en septembre au parlement fédéral. Le Conseil national l’a acceptée, tout comme la commission compétente du Conseil des États. Cité par le «Tages-Anzeiger», le Bernois Stefan Blättler, président de la Conférence des commandants de police cantonaux, juge la pratique «délicate» car elle requiert de poser des questions sur une «information hautement personnelle». Muriel Waeger exclut tout «coming out forcé». «Un policier n’a certes pas à demander si une personne est homosexuelle. Mais il peut lui demander si elle pense avoir été victime d’une agression homophobe. Des hétérosexuels aussi sont visés par des agressions homophobes.»

Créé: 11.02.2020, 19h13

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