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SuisseComment encourager la carrière des femmes?

Tous s'accordent à souligner qu'il faut mieux promouvoir les femmes et les mères au travail. Par le biais de quotas? Ou une fiscalité individuelle? Petit tour d'horizon.

C'est la journée mondiale des droits des femmes ce 8 mars et la majorité des journaux abordent ce sujet ce vendredi, souvent sur la question de place de la femme dans le monde du travail. Ainsi le «Tages-Anzeiger» donne la parole à Carolina Müller-Möhl, philanthrope, présidente du groupe et de la fondation qui portent son nom. Celle-ci estime notamment que le signal donné aux femmes après le mariage est dévastateur.

Fiscalité individuelle à établir

Car, selon elle, le système fiscal suisse décourage les femmes à travailler une fois qu'elles ont des enfants. «Notre régime est fondé sur une répartition des rôles datant du siècle dernier, où les femmes quittaient souvent le marché du travail après le mariage», explique-t-elle. Et les incitations sont encore mauvaises aujourd'hui, critique-t-elle. En effet, lorsqu'une maman veut retravailler après la naissance de son 2e enfant, ce qu'elle gagne est englouti par l'imposition conjointe du couple et les frais de garde des enfants.

Le signal est donc terrible, souligne Carolina Müller-Möhl. «Cela veut dire pour les femmes: travailler n'en vaut pas la peine pour vous. Or nous ne pouvons pas nous permettre de nous passer des nombreuses femmes hautement qualifiées sur le marché du travail.»

L'entrepreneuse prône donc une fiscalité individuelle pour la femme mariée, en expliquant que sa Fondation avait commandé une étude scientifique à cet effet. Mais selon un résultat préliminaire, cette forme d'imposition aurait un effet très positif sur la participation des femmes au marché du travail, affirme-t-elle. «J'espère que la diffusion des résultats de l'étude conduira à une nouvelle réflexion parmi les majorités politiques.»

80% des mères sont à temps partiel

Ce constat, la «Neue Zürcher Zeitung» le fait aussi dans son édito. La NZZ souligne à quel point la Suisse est dominée à tous les échelons politiques et économiques par les hommes et remarque aussi que la maternité péjore les femmes. «Dès qu'un couple a des enfants, la femme prend du retard sur l'homme dans son travail», lance le journal. Qui constate: seul un père sur dix travaille à temps partiel, contre 80% des mères.

«Concilier carrière et enfants est toujours une évidence pour la plupart des hommes. Pour la majorité des Suissesses, c'est au mieux difficile, au pire impossible», écrit l'éditorialiste. «Bien sûr, il y a beaucoup de femmes qui ne veulent pas des deux. Mais si personne ne peut leur faire comprendre que c'est possible, elles mettent automatiquement leurs attentes de côté.»

Le Blick a choisi lui d'examiner de près la proportion de femmes occupant des postes de direction dans les plus grandes entreprises suisses et leur présence dans les conseils d'administration. Si elles sont 9% à occuper des fonctions dirigeantes, elles sont 21% à siéger dans les conseils. Et dans un conseil d'administration sur deux, il n'y a carrément pas de représentante féminine. Ce qui place notre pays en queue de peloton européen en la matière. En effet, c'est la France qui compte le quota féminin européen le plus élevé (44%), devant la Norvège (40), la Suède et l'Italie (36),et la Finlande (35).

Il faut des quotas

Comment augmenter donc la part des femmes dans les conseils d'administration? Pour l'expert en personnel Guido Schilling, c'est clair: les entreprises doivent fixer des quotas. En outre, estime-t-il, «il ne suffit pas qu'elles embauchent davantage de femmes, elles doivent aussi pouvoir les retenir». Et le spécialiste avance un autre conseil: il est important de former un nombre suffisant de femmes parmi les cadres moyens et subalternes, afin qu'elles puissent ensuite être promues à l'interne.

Néanmoins Guido Schilling ne veut pas des quotas de femmes fixé par la loi, comme c'est le cas en Allemagne et en France. Pour lui, c'est aux entreprises d'être volontaristes en la matière à l'image des firmes anglaises où la proportion des femmes dans les conseils d'administration est passé de 12 à 30 % en sept ans. Et il lance: «Une entreprise moderne a des objectifs pour la proportion des femmes à tous les niveaux».

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