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L'énergie du vent est sous-utilisée selon Suisse Eole

«Le vent souffle et cette énergie n'est pas utilisée: c'est intolérable!», ont dénoncé lundi les représentants de Suisse Eole.

Selon l'association, il est incompréhensible et contradictoire que des défenseurs du tournant énergétique s'opposent à l'énergie éolienne.
Selon l'association, il est incompréhensible et contradictoire que des défenseurs du tournant énergétique s'opposent à l'énergie éolienne.
Archives, Keystone

Trop d'écologie tue l'écologie. C'est le sentiment que doivent ressentir les promoteurs de la force éolienne. Onze projets, qui pourraient alimenter 125'000 ménages, sont bloqués par des recours d'organisation de protection de l'environnement notamment.

«Le vent souffle et cette énergie n'est pas utilisée: c'est intolérable!», ont dénoncé ce lundi matin 31 août devant les médias à Berne les représentants de Suisse Eole, emmenés par leur présidente, la conseillère nationale vert'libérale vaudoise Isabelle Chevalley.

Selon cette association, il est incompréhensible et contradictoire que des défenseurs du tournant énergétique s'opposent à l'énergie éolienne. Et de rappeler qu'une installation moyenne produit sur l'année suffisamment d'électricité pour 1000 à 2000 ménages.

L'ensemble des projets en suspens, bloqués par des recours, représente une puissance de plus de 190 MW. C'est quatre fois plus de courant que les éoliennes suisses n'en ont fourni en 2014, relève encore Suisse Eole dans un communiqué.

D'après l'association, les recours font fi de la décision positive des communes et de la planification cantonale en matière d'énergie éolienne. Or certains d'entre eux bloquent des projets prêts à être réalisés depuis plus de 10 ans.

L'attitude d'associations comme la Fondation pour la protection du paysage ou Helvetia Nostra, principaux recourants en plus de particuliers, a aussi quelque chose d'anti-démocratique. Pro Natura s'est aussi vue brocardée par Mme Chevalley.

Divisions écologistes

Sur ce coup-là, les organisations écologistes n'avancent pas groupées. «Même les associations écologistes collaborent de manière parfois constructive avec Suisse Eole, en particulier le WWF Suisse, explique Isabelle Chevalley. La Vert'libérale souligne aussi le rôle positif des Verts suisses, qui se rangent du côté de Suisse Eole.

Suisse Eole demande aux associations écologistes de ne pas abuser de leur droit de recours, déclare Isabelle Chevalley. L'association «tend une main amicale à ces associations en espérant de leur part une collaboration plus intense encore. Elle s'emploie en outre à accélérer les procédures juridiques.»

Lenteurs

Ces dossiers doivent bénéficier d'un traitement prioritaire par les tribunaux, requiert Suisse Eole. Et l'association de noter qu'en Allemagne l'ensemble d'une procédure d'autorisation de construire prend un lustre, alors qu'elle nécessite près de 17 ans en moyenne en Suisse.

Ces recours sont d'autant plus inutiles qu'aucun d'entre eux n'a jusqu'à présent abouti à l'abandon d'un projet ou même à des modifications importantes, renchérit Isabelle Chevalley. Ils n'ont en fait de véritable objectif que de retarder les projets, dénonce-t-elle.

Reproches rejetés

Les organisations ainsi accusées rejettent les reproches. Il existe de nombreux projets d'éoliennes contre lesquels la Fondation pour la protection du paysage n'a déposé aucun recours, a déclaré Matthias Rapp, directeur de projet auprès de la fondation.

Selon lui, son organisation n'est pas fondamentalement opposée à l'énergie éolienne, mais elle est contre un foisonnement de ces installations. La loi ne doit pas être sacrifiée sur l'autel du tournant énergétique.

Trois Suisses sur quatre pour Eole

Les défenseurs de l'énergie éolienne sont d'autant plus confiants qu'ils brandissent des études de l'Office fédéral de l'énergie. Selon celles-ci, plus des trois quarts des Suisses habitant à proximité d'éoliennes soutiennent cette production d'énergie et mentionnent que les installations n'ont pas d'impact ou qu'un impact très limité sur leur bien-être.

Malgré les recours, Suisse Eole se veut optimiste. L'accueil favorable réservé par les communes aux projets planifiés avec soin et les expériences positives recueillies avec les installations déjà réalisées confirment que les objectifs de la stratégie énergétique 2050, fixés à 4 milliards de kilowattheures, sont absolument réalistes, affirme-t-elle dans son communiqué.

14 cantons

Quatorze cantons ont déjà des installations en cours de planification qui pourront fournir 3 milliards de kilowattheures par année, précise Suisse Eole. L'organisation se félicite du reste de l'intérêt «très important» des fournisseurs d'énergie suisses pour ces sites.

L'énergie éolienne helvétique va devenir un pilier d'un approvisionnement basé sur les énergies renouvelables, affirme Suisse Eole. L'association estime le potentiel réalisable de l'énergie éolienne à 6 milliards de kilowattheures par année (kWh), ce qui représente 10% de la consommation actuelle d'électricité.

Cette moyenne de 10%, l'Europe l'a déjà atteinte aujourd'hui, contre 0,2% en Suisse. Et Bruxelles vise 30% à l'horizon 2030. Mais pour Matthias Rapp, la Suisse n'est de toute façon pas un pays de vent. Il serait préférable d'investir dans des projets éoliens à l'étranger et de se concentrer sur l'énergie solaire, plus efficace en Suisse.

Pro Natura regrette pour sa part une polémique qui n'a pas lieu d'être. Contactée, l'organisation dit s'être toujours engagée dans un dialogue avec Suisse Eole.

(ats)

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