Erwin Sperisen est retourné en prison

GenèveL'ancien patron de la police guatémaltèque est de retour derrière les barreaux à Champ-Dollon au lendemain du jugement du Tribunal fédéral.

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La confirmation par le Tribunal fédéral de la condamnation d'Erwin Sperisen à 15 ans de prison pour complicité d'assassinats, jeudi, a eu pour conséquence immédiate de renvoyer l'ancien patron de la police guatémaltèque derrière les barreaux.

Erwin Sperisen est à Champ-Dollon, a indiqué vendredi son avocat Giorgio Campa, en écho à une information du «Temps». Celui qui était appelé «le Viking» au Guatemala avait bénéficié d'une remise en liberté voilà environ deux ans et se trouvait assigné à résidence, à Genève, puis à Berne, où il a déménagé avec sa famille.

Erwin Sperisen pouvait sortir pendant la journée, mais il avait l'interdiction de quitter le territoire du canton de Berne, sauf pour se rendre à Genève afin d'y voir ses avocats, a expliqué M.Campa. Dans un premier temps, l'objectif sera de lui trouver un lieu de détention plus proche de sa famille, a ajouté l'avocat.

M. Campa et son collègue Florian Baier vont aussi porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), jugeant incompréhensible le verdict du Tribunal fédéral. Les deux avocats rappellent que leur client a été condamné comme complice d'un accusé qui avait été acquitté par la justice autrichienne.

Une décision historique selon TRIAL

Dans un communiqué, l'organisation TRIAL International, en revanche, parle d'un événement historique. «Cette décision a été accueillie avec un énorme soulagement par les proches des victimes qui obtiennent enfin justice et pourront panser leurs plaies», a déclaré le directeur de l'ONG Philip Grant.

TRIAL International avait commencé à s'occuper de l'affaire, en 2009. Le jugement du TF «apportera certainement une lueur d'espoir à tous ceux qui luttent contre l'impunité au Guatemala». Selon l'organisation, le petit pays d'Amérique centrale a en effet un immense besoin «d'une justice indépendante et impartiale».

L'ONG rappelle que les «pires craintes» ont été ravivées depuis la dissolution récente de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG) et l'élection d'un nouveau président au Guatemala, qui est un proche d'Erwin Sperisen et qui est partisan du rétablissement de la peine de mort.

Trois procès

Erwin Sperisen avait été condamné en avril 2018, à Genève, à l'issue d'un troisième procès, à 15 ans de prison pour avoir participé à l'exécution de 7 détenus lors d'une intervention des forces de sécurité guatémaltèques dans le pénitencier de Pavon, en 2006. À cette époque, Erwin Sperisen dirigeait la police nationale.

Ressortissant suisse et guatémaltèque, Erwin Sperisen s'était réfugié en Suisse avec sa famille en 2007. L'ancien haut-fonctionnaire avait été arrêté à Genève en 2012. Il a passé cinq ans en détention préventive avant d'être remis en liberté en automne 2017, avec l'obligation de porter un bracelet électronique. (ats/nxp)

Créé: 29.11.2019, 12h00

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