Attaque de l'UBS: «Un jour, il y aura des morts»

Fait diversLes habitants s'inquiètent de la violence de l'explosion au bancomat de Plan-les-Ouates, ce matin. Deux étages ravagés.

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A Plan-les-Ouates, ce matin, la consternation était unanime, devant la succursale de l'UBS attaquée durant la nuit. «Ah ben là, ils n'ont pas fait dans la demi-mesure, lançait un jeune homme sidéré, accouru après avoir appris la nouvelle. Je ne m'attendais pas à voir ça.»

Ça, c'est un bâtiment de quatre étages, éventré par la déflagration. Certains pans de murs intérieurs se balançaient encore en lambeaux, dans un décor post champ de bataille, vers 10h. Des ouvriers dégageaient toujours les décombres. «J'espère que le plafond ne va pas leur tomber dessus», s’inquiétaient deux retraitées, détournées de leur promenade matinale. L'une a entendu l'explosion, l'autre pas. «Avec la bise, le bruit ne va pas dans la même direction, précise l'une d'elles. Mais entendu ou pas, c'est désolant de voir ça.»

Colère et Inquiétude

Clients et curieux ébahis se sont relayés toute la matinée devant le bâtiment partiellement détruit. La déflagration a ravagé le rez de chaussée et détruit une bonne partie des bureaux du premier étage, les employés sont aussi sous le choc. Mais personne ne s'exprime. Des adolescents contemplent médusés les vitres écaillées. «C'est incroyable, les fenêtre sont sorties des cadres, sans voler en éclat», constate une jeune fille. «C'est des vitres blindées, comme les pare-brises, ça casse pas», rétorque sa voisine de droite. Une troisième râle timidement parce que le bancomat est hors service...

Un père de famille rejoint le groupe devant les barrières installées devant l'UBS sinistrée. «On a été réveillés en sursaut par la déflagration et les murs ont tremblé, explique-t-il très en colère. C'est la deuxième fois en quelques mois, ça devient infernal.» D'autres habitants s’inquiètent du mode opératoire extrêmement violent. «On habite juste au dessus d'un bureau de change, explique un passant. Quand je vois l'état du premier étage, je ne peux m'empêcher de prendre peur.» Plusieurs personnes abondent. «Un jour il va y avoir des morts, craint une femme. Avec de telles explosions, la prochaine fois c'est tout un immeuble qui va s'effondrer!»

Série noire dans le secteur

Le sanglant braquage, le 25 février dernier, de la Coop des Palettes, toute proche est aussi dans tous les esprits. Deux personnes, avaient été blessées par deux hommes, toujours en fuite. «Ça devient vraiment grave, estime une jeune mère, accompagnée de deux tous petits. Ces gens sont prêts à tout! Pourquoi? Quelques centaines, voire milliers de francs? Qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir dans ces bancomats? Pas grand chose, en fin de journée...»

Une réalité qui n'échappe pas aux autorités et plus particulièrement à celles de Plan-les-Ouates, localité victime d'attaques de plus en plus fréquentes sur son territoire. Après deux braquages à la voiture bélier du change Migros, un brigandage à la poste et, en novembre dernier, l'explosion du bancomat de la BCGe, l'attaque de cette nuit attise les inquiétudes. «La situation de la Commune, en ligne directe avec la frontière, en fait malheureusement une cible privilégiée, reconnaît la conseillère administrative Fabienne Monbaron. De notre côté nous ne pouvons que déplorer cette situation et travailler avec les entreprises peut-être en prévention.»

Car impossible de mobiliser les agents de sécurité municipale (APM) à la protection des bâtiments. «Leur première mission est d'être au service de la population de jour, pour un travail de proximité, détaille la magistrate. Nous avons déjà élargi leurs horaires le soir, notamment par le biais de patrouilles, en collaboration avec d'autres Communes.» Pas question donc d'engager d'autres APM. «Il ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas armés, que pourraient-ils faire face à des gens équipés de kalachnikovs ou d'explosifs, prêts à en découdre?»

Installer des alarmes antigaz?

Pour Fabienne Monbaron, c'est aux établissements d'assumer ces tâches de prévention. «Les banques doivent adapter leurs mesures de sécurité à l'évolution des événements, souligne-t-elle. Engager, par exemple, des services de sécurité privés pour surveiller leurs bâtiments la nuit. Et/ou installer des systèmes de prévention, tels des détecteurs de gaz à l'intérieur des bancomats qui actionneraient des alarmes immédiates.»

Parmi les mesures préventives déjà mises en place dans certaines banques, le jet d'encre instantané sur les billets lors d'une attaque. Les coupures deviennent ainsi inutilisables. Une méthode courante dans les magasins de vêtement, dont les antivols renferment une encre indélébile qui se répand immédiatement sur les habits.»

Impossible de savoir, pour l'heure, si les bancomats de l'UBS de Plan-les-Ouates en étaient munis. Les suspects sont toujours en fuite et le montant du butin, si butin y a, est toujours inconnu.

Créé: 03.05.2016, 09h41

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