95'000 personnes en Suisse ne peuvent détenir des armes

ConstatAlors que le drame de Daillon relance la question du contrôle des armes, il apparaît que 95'000 personnes en Suisse ne sont pas autorisées à détenir des armes. Mais tous les gens dangereux ne sont pas recensés.

En Suisse, des collectionneurs ou simples amateurs peuvent vendre ou acheter des armes modernes ou anciennes si leur casier judiciaire est vierge. Archives :  Bourse aux armes de décembre 2008 au Palais de Beaulieu, à Lausanne.

En Suisse, des collectionneurs ou simples amateurs peuvent vendre ou acheter des armes modernes ou anciennes si leur casier judiciaire est vierge. Archives : Bourse aux armes de décembre 2008 au Palais de Beaulieu, à Lausanne. Image: AFP

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Le nombre de personnes à risque qui tentent en Suisse de se procurer légalement des armes, ou qui doivent s'en séparer, est important. Depuis 2001, l'armée et les polices cantonales ont recensé 95'000 individus présentant ce profil, selon la dernière édition de la SonntagsZeitung.

Ces gens se sont vus refuser un permis d'acquisition d'armes ou retirer leurs armes, précise le journal dominical, qui se réfère à la banque de données «Armada» de l'Office fédéral de la Police (Fedpol) . Les offices cantonaux des armes ont accès à celle-ci depuis mai 2011 et l'armée depuis septembre 2012.

A 75% retirées par l'armée

Selon la plateforme informatique de la Fedpol, l'armée a retiré leurs armes à 71'250 soldats ou officiers. A celle-ci s'ajoutent 23'731 civils à qui la police a retiré ou refusé le permis d'achat d'armes.

La décision de retirer son arme de service à un militaire intervient lorsque la personne présente un risque pour elle-même ou pour les tiers ou présente une propension à la violence. L'arme peut également être retirée pour raisons médicales, notamment lors de troubles psychiques ou psychiatriques.

Au niveau civil, les armes et l'autorisation d'en acheter sont retirées ou le permis d'acquisition n'est pas délivré lorsque des actes de violence figurent au casier judiciaire de la personne. Idem si la personne a commis des actes dangereux.

Pas exhaustif

Même avec 94'981 personnes inscrites, la banque de données «Armada» ne couvre pas toutes les personnes à risque, estime le criminologue Martin Killias, qui enseigne aux Universités de Lausanne et de Zurich. De nombreuses violences domestiques par exemple ne sont jamais dénoncées. Ou les procédures ouvertes sont ensuite suspendues.

«Beaucoup d'autorités ou de bureaux spécialisés - ndlr: notamment de tutelle - sont trop peu sensibilisés aujourd'hui à la violence potentielle des armes chez leurs clients», note par ailleurs Josef Sachs, chef de la Clinique de psychiatrie forensique d'Aarau, interrogé dans le Sonntag.

«L'entourage de personnes souffrant de troubles psychiques devrait agir» lorsque celles-ci «exercent des menaces ou collectionnent des armes et des munitions», ajoute Josef Sachs. Le cas échéant, «les armes devraient être confisquées», estime le spécialiste.

Créé: 07.01.2013, 13h59

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