Le bruit des coups de feu aurait attiré les victimes hors de leurs foyers

Fusillade en ValaisAprès la fusillade qui a coûté la vie à trois personnes mercredi soir, le village de Daillon se réveille traumatisé. L'oncle du forcené serait l'un des deux blessés actuellement soignés à Sion.

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«Nous avons entendu les coups de feu pendant la soirée, mais nous avons cru que c'étaient des pétards. On ne pense pas qu'une fusillade pourrait avoir lieu chez nous.» La stupeur de Philippe Dessimoz, fils du restaurateur qui gère le café des Alpes à Daillon, reflète celle du village entier. «Le tireur? Bien sûr que je le connais, tout comme les victimes. On n'aurait jamais pensé qu'il puisse faire une chose pareille!»

Dans le petit village de 350 habitants, c'est le choc, la consternation. Président de la commune de Conthey depuis trois jours, Christophe Germanier fait part de sa «rage» et de son «incrédulité». Et adresse un message de soutien aux familles et à la population. Autour de lui, la police bouclait encore le centre du village en ce milieu de matinée, dans un calme perturbé essentiellement par une agitation médiatique évidemment inhabituelle.

Vingt coups de feu
La veille, vingt coups de feu avaient été tirés. Entendus «loin à la ronde», ils ont déchiré le calme de la nuit aux alentours de 20h50. «J'ai d'abord cru que c'était des pétards», raconte Philippe Dessimoz. La police a été avertie quelques minutes après le début de la fusillade. L'auteur, un habitant du village âgé de 33 ans, aurait tiré deux séries de coups, d'abord depuis son appartement, puis de la ruelle devant chez lui, un bâtiment à plusieurs étages du centre du village. D'après les premiers éléments de l'enquête, il semble que l'auteur des coups de feu ait tiré sur les passants qui se trouvaient directement aux pieds de son bâtiment ou à travers les fenêtres des maisons voisines. Il se pourrait que les victimes aient été attirées hors de leurs foyers par le bruit des détonations.

Trois personnes touchées par ses balles sont décédées. Il s'agit de trois femmes, âgées de 32, 54 et 79 ans. Toutes trois ont été atteintes par deux balles ou plus, à la tête et au thorax. La victime de 54 ans est une Vaudoise, les deux autres sont valaisannes. Toutes habitaient le village.

Deux hommes, des Valaisans de 33 et 63 ans, ont été blessés. Ils ont été transportés à l'hôpital de Sion et se trouvent dans un état stable, mais plus critique pour le trentenaire. Touché au bassin, il est aux soins intensifs. Le jeune homme est le mari de la plus jeune des victimes décédées. Tous deux sont parents de deux enfants en bas âge. Quant au plus âgé, policier à la retraite, il serait l'oncle du tueur avec qui ce dernier semblait nourrir une relation tumultueuse, selon lematin.ch.

En fin d'après-midi, la police valaisanne annonçait que le père de famille de 33 ans était conscient, mais que son pronostique vital restait engagé. L'oncle du tireur a été opéré à l'épaule.

Internement psychiatrique
L'auteur des coups de feu, tout comme les victimes, est un habitant du village. Selon la procureure du Valais central, Catherine Seppey, il est probable que les victimes et le tireur se connaissaient. Le tueur présumé aurait même un lien de parenté éloigné avec certaines de ses victimes. Touché par des tirs de la police, le tireur est grièvement blessé et est également hospitalisé à Sion. En fin de journée, la police annonçait que l'auteur présumé de la tuerie était conscient. Il sera interrogé par le Procureur du Valais central.

Sans emploi et au bénéfice d'une rente AI, il faisait l'objet d'une mesure de tutelle et avait fait l'objet d'un internement psychiatrique en 2005, pour des «problèmes d'impulsivité», apprend-on sur lematin.ch. Dans son passé, le jeune homme avait écopé d'une seule contravention pour consommation de stupéfiants. Toujours selon Le Matin, il avait été abandonné à 18 ans.

Plusieurs armes confisquées en 2005
Selon les enquêteurs, le tireur a utilisé au minimum deux armes: un mousqueton et un fusil à grenailles. En 2005, plusieurs armes avaient déjà été saisies à son domicile. Elles avaient été détruites. D'après la police, les registres officiels ne faisaient état d'aucune arme en sa possession. L'enquête devra donc déterminer l'origine des armes et des munitions utilisés. Les corps des victimes ont quant à elle été transférés à Lausanne pour autopsie.

Aucun policier n'a été blessé dans l'intervention. Une instruction a été ouverte pour meurtre et lésions corporelles graves. Une cellule psychologique a été mise en place. Le Conseil municipal a convoqué une séance extraordinaire ce jeudi matin.

Outre l’enquête sur la tuerie proprement dite, une instruction a été ouverte sur l’intervention policière. Une procédure normale dans les cas où les forces de l’ordre font usage de leurs armes. (24 heures)

Créé: 03.01.2013, 11h07

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