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Les amis de Jakub, emprisonné en Indonésie, se mobilisent

Ce Polonais vivant en Suisse est soupçonné de liens avec des rebelles. Il réfute les accusations.

Jakub risque jusqu’à 20 ans de prison s'il est reconnu coupable par les autorités indonésiennes.
Jakub risque jusqu’à 20 ans de prison s'il est reconnu coupable par les autorités indonésiennes.
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Les amis de Jakub se sont retrouvés ce lundi devant le Palais fédéral pour demander à la Confédération d’intervenir en faveur de ce Polonais établi dans le canton de Vaud. Ce quadragénaire a été arrêté à la fin d’août 2018 dans la province indonésienne de Papouasie. Il est soupçonné d’avoir entretenu des liens avec des séparatistes. Il risque jusqu’à 20 ans de prison et réfute les accusations.

«Pas un ressortissant suisse»

«Jakub est Polonais et la Suisse ne veut pas s’en mêler. Vu l’urgence de la situation, elle devrait essayer de faire quelque chose», plaide l’une de ses amies, Sonja Mletzkowsky. À Berne, ses proches ont trouvé porte close. Le Département fédéral des affaires étrangères explique avoir connaissance de ce cas, mais ne peut pas donner davantage d’informations. «La personne en question n’est pas un ressortissant suisse et ne bénéficie donc pas de la protection consulaire», ajoute son porte-parole.

Le procès de Jakub devrait durer jusqu’au 11 mars. Selon l’agence de presse AFP, le Parquet indonésien a argué qu’il avait rencontré des responsables du Mouvement de la Papouasie libre, une organisation recouvrant plusieurs groupes indépendantistes, et qu’il a été retrouvé avec des documents et vidéos promouvant la lutte pour l’indépendance de la Papouasie. L’Indonésie l’accuse aussi d’avoir discuté de la façon de fournir des armes aux rebelles.

«Ce n’est pas un extrémiste»

Ses amis s’inscrivent en faux. «Jakub n’était pas avec des rebelles mais avec l’organisation pacifique semi-officielle KNPB», assurent-ils. Selon eux, il n’a eu que quelques rares contacts avec ce groupe. Son but était de rencontrer des amis qui ont déménagé dans la région. Et si des photos avec des armes ont été trouvées, certains clichés proviennent du centre de tir de la Blécherette à Lausanne et les autres, réalisés dans la forêt en Papouasie, ont été pris avec une arme de chasse pour animaux.

Pour eux, il était «effectivement imprudent et naïf» de se rendre dans la région, «mais ce sont ici les seules erreurs qu’il ait pu commettre». «Si vraiment il était un espion et un trafiquant, Jakub n’aurait jamais voyagé de façon si ouverte, ni posé sur les réseaux sociaux avec une arme dessinée sur son t-shirt», argumente Sonja Mletzkowsky. En Suisse, Jakub a milité pour les initiatives «Monnaie pleine» et «No Billag». Il s’est engagé avec Sonja Mletzkowsky dans une association qui promeut l’autonomie des communes et l’économie circulaire. Celle-ci décrit un homme «charitable, qui milite pour des causes nobles». Des journaux ont relevé des accointances avec des groupes d’extrême droite. «Jakub a un côté patriote, mais ce n’est pas un extrémiste», assure son amie, en dénonçant un amalgame.

Voyageur de l’extrême

Deux ONG de défense des droits humains en Indonésie ont appelé en septembre à la libération du quadragénaire. Elles le présentaient comme un voyageur de l’extrême et relevaient qu’en 2017, il avait rencontré des militants kurdes en Irak. «Il a visité de nombreux pays, raconte Sonja Mletzkowsky. Il aime rencontrer les gens et connaître leur culture.»

D’après ses amis, qui citent son avocate, un chef de police a menacé de tuer Jakub s’il était jugé coupable. Ils ajoutent qu’un coaccusé a été libéré et va témoigner contre lui. Pour eux, le temps presse. «Nous devrons peut-être partir en Pologne, voire en Indonésie, pour que les choses bougent. Je pense que nous pourrons obtenir des résultats si nous ne lâchons rien. Et nous espérons que la Suisse fera tout ce qu’elle peut pour libérer Jakub.»

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