La fake news qui interdit le mariage mixte en Suisse

MédiasUne nouvelle diffusée sur Internet annonce que notre pays veut interdire aux Africains d’épouser des Blanches. Faux!

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La nouvelle a de quoi faire sourire. Ou pleurer. Elle apparaît en ligne sur des médias africains. La Suisse, y lit-on, voudrait interdire aux Africains d’épouser des femmes blanches. Rien de moins! Les membres du «Parti démocrate conservateur de Suisse», donc, y songeraient. L’info s’est répandue, mais disons-le d’emblée: elle est fausse et la formation en question n’existe pas.

Le Parti démocrate conservateur de Suisse fait ainsi polémique avant même d’avoir été créé! L’un des dirigeants de cette pseudo-formation s’inquiéterait que la Suisse soit à l’avenir remplie de métis et de Noirs. Cerise sur ce gâteau amer, les citoyens interrogés dans la rue seraient en majorité favorables à l’idée. Seule limite apportée, on ne sait pas «si un tel projet sera voté car de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme critiquent déjà l’idée et disent que c’est une discrimination et une honte». La fake news, dénoncée par plusieurs internautes, est démontée par la rubrique de fact-checking du journal Libération.

«Cela peut faire mal»
En essayant de remonter le fil, on découvre qu’elle a été partagée à 28'000 reprises depuis 24jours.com, un site Internet dont l’adresse débouche désormais sur une page… blanche. Un lien permettait d’atteindre une autre source, qui affiche la couleur: infobidon.me, un site truffé d’affaires abracadabrantes.

Présence Suisse, l’organisation responsable de l’image du pays à l’étranger, a eu vent de l’affaire. «C’est un cas typique de fake news bien foutue, réagit son directeur, Nicolas Bideau. On y introduit des éléments qui pourraient s’intégrer dans le contexte actuel. Elle utilise le fait que l’Europe est traversée par des questions identitaires et que celles-ci sont particulièrement fortes en Suisse en raison de votations populaires liées à ces thèmes.»

«L’impact serait plus fort si les offices fédéraux concernés intervenaient, mais ceux-ci sont moins outillés pour le faire»

Une telle fausse information peut «faire mal en termes de perception de la Suisse», poursuit Nicolas Bideau. Malheureusement, elle est aussi «difficile à contrer». Son organisme tente de le faire en intervenant sur les médias sociaux. «Notre souci est que Présence Suisse est perçue comme une instance faisant le marketing du pays et n’est pas la plus apte pour agir. L’impact serait plus fort si les offices fédéraux concernés intervenaient, mais ceux-ci sont moins outillés pour le faire.»

La meilleure solution serait d’agir sur place (en l’occurrence en Afrique). Une formation sera justement donnée aux ambassades et autres bureaux consulaires en juin, portant sur la présence digitale. Et la question des fake news sera traitée.

Créé: 29.01.2018, 19h42

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