Mort dans une benne à habits: les habitants enquêtent

GenèveLe quartier est en émoi après qu’un corps d’homme a été retrouvé dimanche matin dans une benne à vêtements.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«J’ai eu peur de voir un nouveau mort en passant devant la benne ce matin, confie Carla Juilland, la responsable du Café Salento, aux Eaux-Vives, à Genève. J’espère vraiment qu’ils vont l’enlever, c’est glauque. Et plus personne ne voudra mettre d’habits dedans.»

Lundi à midi, plus de vingt-quatre heures après les faits, le container à vêtements situé à l’angle des rues Montchoisy et de l’Avenir était toujours là. Les rubans rouge et blanc et la porte arrachée du caisson rappelaient aux passants qui osaient furtivement regarder la boîte argentée que c’est bien là que le corps d’un homme a été retrouvé dimanche matin. S’agissait-il d’un règlement de comptes? Ou d’un SDF mort en cherchant en vain à attraper quelques vêtements? Lundi, alors que la justice poursuivait son enquête, ces questions étaient sur toutes les lèvres dans le quartier, dont les habitants sont encore choqués par le drame.

«C’est forcément des gens qui l’ont mis dedans, ce n’est pas possible pour un adulte de rentrer seul dans la benne», avance Michel Huber, assis à la terrasse du Café Salento, situé pile en face du container. «Mais pourquoi l’auraient-ils mis là-dedans? C’est curieux quand même», relève de son côté Ivano Bisetto, le garagiste du coin. «Et comment ont-ils fait pour le faire passer? s’interroge très pratiquement Alexandra, responsable de l’institut de beauté voisin. On avait l’habitude d’avoir des problèmes de drogue dans le quartier, mais là ça dépasse tout ce qu’on peut imaginer.»

Depuis deux jours, le drame alimente toutes les discussions des habitants de la rue. «Les gens sont choqués, mes clients ne parlent que de ça», confirme la patronne du Salento. Mais les questions dépassent largement les réponses que la justice peut apporter à ce stade de l’enquête.

Pour l’heure, on sait uniquement que la Brigade de police technique et scientifique (BPTS) a relevé dimanche les empreintes et l’ADN de la victime ainsi que toutes les autres traces de tierces personnes sur les habits et le cadavre. Le but est de voir si ces marques correspondent à celles d’un ou de plusieurs individus connus des services de police.

La justice a d’autre part mandaté une autopsie afin de connaître les causes de la mort du malheureux. A-t-il été tué par des coups reçus? Mort par étranglement? Par étouffement dans la boîte à habits? A moins qu’il ne s’agisse d’un accident? L’homme a pu également être tué puis mis dans le container. Ou glissé par la force dans cette boîte et tué par la pièce qui bascule et referme le dispositif: «Ce clapet se rabat très lourdement», explique un employé communal.

Pascal Mundler, président de la Coordination textile genevoise qui gère l’ensemble des bennes à habits (lire l’encadré), ne sait pas si le mécanisme des containers peut tuer un individu qui tenterait de s’y introduire. «C’est la première fois qu’on retrouve un corps à l’intérieur, confie-t-il. Nous n’aurions pas été étonnés d’apprendre qu’une personne s’est blessée en tentant d’entrer ou de sortir du caisson, mais on n’aurait jamais imaginé y découvrir un mort…»

Depuis plusieurs années déjà, la Coordination textile genevoise doit faire face à des vols récurrents dans ses bennes à habits. Rien que ces deux dernières semaines, douze containers ont été vandalisés à Genève. «Nous avons décidé de remplacer l’ensemble de nos containers par des nouveaux caissons dont l’ouverture sera plus petite et évitera que des individus puissent s’introduire à l’intérieur, explique Pascal Mundler. Les nouvelles bennes seront installées cet automne en ville de Genève.»

Créé: 24.03.2015, 07h34

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.