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Trafic de drogue: les peines sont alourdies

Les accusés de l'affaire dite «Chrome», qui désigne un vaste trafic de cocaïne entre Le Havre (F) et Neuchâtel, voient leur peine allongée par la Cour pénale du Tribunal cantonal.

Le Tribunal cantonal neuchâtelois.
Le Tribunal cantonal neuchâtelois.
Keystone

Le principal accusé d'un important trafic de drogue, nommé affaire «Chrome», a été condamné jeudi à Neuchâtel à 8 ans et 9 mois de prison par la Cour pénale du Tribunal cantonal. En 1re instance, le prévenu avait écopé de 8 ans de prison.

Le principal accusé, âgé de 52 ans, a été notamment condamné pour infraction grave à la loi sur les stupéfiants, pour blanchiment d'argent et faux dans les titres. La Cour d'appel a retenu des actes préparatoires pour 30 kilos de cocaïne dans le port du Havre, des transactions de 5 kilos de cocaïne avec l'agent infiltré et un trafic de 216 kilos de marijuana.

«On a retenu le fait que l'agent infiltré était sorti de son rôle» le 5 mai 2015 en déclarant qu'il avait une personne de contact dans le port du Havre (F), a expliqué Marie-Pierre de Montmollin, présidente du tribunal. Cela a amené «une solution pratique», a-t-elle ajouté. La Cour en a donc tenu compte pour fixer la peine du principal prévenu et du restaurateur italien de 59 ans, propriétaire de l'établissement où avaient lieu les rencontres.

Nouvelles règles: peines alourdies

La Cour a rappelé qu'en matière de stupéfiants, pour faciliter l'obtention de preuves, les actes préparatoires non aboutis constituent une infraction. Dans cette affaire, elle a estimé que le principal accusé n'avait pas agi en bande mais par métier pour le trafic de marijuana.

Marie-Pierre de Montmollin a expliqué que la Cour a appliqué les nouvelles règles judiciaires et individualisé les infractions. Cela alourdit certaines peines, par rapport au verdict d'octobre 2018 où le Tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds avait rendu un jugement global.

Possible appel

Outre les 8 ans et 9 mois de prison ferme, le principal accusé écope de 150 jours-amende avec sursis. Son défenseur, qui demandait 3 ans de prison et qui estimait que l'accusation avait largement exagéré l'ampleur du trafic, pourrait faire appel au Tribunal fédéral.

Le bras droit de l'accusé, âgé de 59 ans, écope de 42 mois de prison, contre 33 mois infligés en première instance. Le troisième homme, âgé de 44 ans, a été condamné à 21 mois et 150 jours-amende, le tout avec sursis, contre un an de prison avec sursis en 1ère instance. Le restaurateur italien, dont l'établissement avait servi de lieu de rencontres, a de nouveau été condamné à 2 ans de prison avec sursis, ainsi qu'à 240 jours-amende.

Lors de sa plaidoirie, la procureure Nathalie Guillaume-Gentil Gross avait accusé les prévenus d'avoir agi en bande, par métier et d'avoir mené un trafic de drogue et de blanchiment d'argent entre 2011 et 2015. «On est ici dans un milieu mafieux d'origine kosovare», avait-elle affirmé en dénonçant la densité de l'activité criminelle déployée par les prévenus qui auraient agi par appât du gain.

La procureure avait requis une peine de 15 ans de prison pour le principal accusé, de 8 ans de réclusion contre le bras droit et de 5 ans contre l'homme de main. Le Ministère public demandait aussi une peine de 8 ans contre le restaurateur italien.

(ats)

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