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«Il faut agir pour baisser le prix des génériques»

Les dernières analyses montrent que ces médicaments coûtent deux fois plus cher en Suisse qu'à l'étranger. Analyse de Monsieur Prix

Stefan Meierhans: «Les chiffres présentés ici montrent que les mesures prises jusqu'à présent sont insuffisantes.»
Stefan Meierhans: «Les chiffres présentés ici montrent que les mesures prises jusqu'à présent sont insuffisantes.»
Keystone

Le prix des médicaments en Suisse n’a pas fini de créer des tensions. La faîtière des assureurs SantéSuisse et Interpharma, association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche, ont présenté jeudi leur dernière comparaison des tarifs avec l’étranger (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Suède). Résultat? Les génériques restent deux fois plus chers dans notre pays (+52%). La situation est meilleure pour les médicaments originaux. Ceux tombés dans le domaine public coûtent 17% de plus en Suisse, et ceux sous brevet 9% (6% avec un taux de change plus récent, contre 14% en septembre 2016). Outre les modifications du taux de change, cette baisse s’explique par les contrôles sur les prix effectués. Stefan Meierhans, surveillant des prix, livre son analyse.

Pourquoi les génériques sont-ils si chers en Suisse?

Ce problème trouve sa racine dans le système de fixation des prix. En Suisse, le tarif est établi en fonction de celui du médicament original – il doit être un certain pourcentage meilleur marché. À l’étranger, on définit un montant remboursé par l’assurance pour chaque substance active. Ensuite, chaque producteur établit son tarif. S’il est trop élevé, plus personne n’achète son médicament. Je revendique depuis des années que la Suisse pratique ce système, dit du prix de référence.

Le Conseil fédéral a pris l’an dernier des mesures pour faire baisser ces prix.

Oui, mais les chiffres présentés ici montrent que ces mesures sont insuffisantes. Il faut agir sur le prix de référence.

Le gouvernement a annoncé que l’introduction du prix de référence va figurer dans un paquet de mesures qui partira en consultation cet automne.

Il a annoncé sa volonté d’introduire un tel système en juin 2014 déjà, mais on attend toujours son message (Ndlr: l’Office fédéral de la santé publique explique ce délai par le fait qu’il a fallu réviser la LAMal, puis que le travail a dû être reporté suite à un arrêt du Tribunal fédéral). Il semble qu’il va finalement ouvrir une consultation cette année. Compte tenu du processus législatif, cela signifie qu’il n’y aura pas de changement avant 2020. Tout cela est d’autant plus dommage que, selon nos calculs, le système du prix de référence permettrait d’économiser jusqu’à 400 millions de francs par année.

Dans ces conditions, faut-il malgré tout encourager l’utilisation de génériques?

Oui. Même si les génériques sont plus chers en Suisse qu’à l’étranger, ils restent meilleur marché que les médicaments originaux. Pour encourager leur utilisation, on pourrait par exemple exiger des médecins qu’ils indiquent la substance active sur leur ordonnance et non plus le nom du médicament. Ou encore donner des incitations supplémentaires aux pharmaciens pour qu’ils privilégient les remèdes bon marché.

La bonne nouvelle est que les différences de prix avec l’étranger se réduisent pour les médicaments sous brevet.

Oui, et j’ai envie de vous dire enfin! Mais on devrait améliorer des choses là aussi. Toute une série de mesures pourraient être prises.

Que pourrait-on faire?

Le contrôle du prix de nos médicaments a repris, ce qui est une bonne chose. Mais celui-ci n’est effectué que tous les trois ans. On devrait le faire tous les ans. Et puis cette analyse est basée sur une comparaison avec des pays étrangers où les traitements sont relativement chers. On ne prend par exemple pas en compte l’Italie. Je pense que les Tessinois doivent avoir du mal à le comprendre. Et, dans le cadre de cet exercice, le taux de change n’est pas adapté suffisamment rapidement.

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