«Il faut bétonner les codes d'éthique des hauts fonctionnaires»

Affaire HildebrandL’organe de surveillance des institutions fédérales veut examiner l’affaire Hildebrand. L’élu UDC vaudois Pierre-François Veillon regrette la perte du sens de l’Etat.

Maria Roth-Bernasconi (PS/GE) et Pierre-François Veillon (UDC/VD), membre de la commission de gestion du parlement.

Maria Roth-Bernasconi (PS/GE) et Pierre-François Veillon (UDC/VD), membre de la commission de gestion du parlement. Image: Keystone

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Quel mandat sera confié, dans les suites de l’affaire Hildebrand, à la commission de gestion du parlement? «C’est bien la question qu’on se posera lors de notre séminaire du 26 janvier. Une fois l’émotionnel retombé, nous verrons bien ce qui reste de cette affaire», analyse Pierre-François Veillon (UDC/VD), membre de la dite commission.

En effet, jeudi dernier, l’organe de surveillance des institutions fédérales (administration, Parlement et Conseil fédéral) a annoncé qu’elle se penchera sur l’opportunité d’examiner l’affaire.

Pas de boucs émissaires

«L’important sera de déterminer si le Conseil fédéral a bien géré les événements», explique Maria Roth-Bernasconi (PS/GE), également membre de la commission de gestion. «Pour le reste, la Banque nationale suisse est indépendante du politique: tant sa direction que son conseil de banque. Et c’est bien ainsi. Quant aux indiscrétions, il est toujours très difficile d’aboutir. De plus, il n’est pas de notre ressort de trouver des boucs émissaires», ajouter la socialiste genevoise.

Mais alors à quoi pourrait servir une enquête des parlementaires? «A mettre en lumière certains dysfonctionnements du Conseil fédéral, s’ils ont eu lieu», lance Pierre-François Veillon.

«Et une commission d’enquête parlementaire, bien qu’elle ait davantage de prérogatives, ne peut aller beaucoup plus loin que nous», estime Maria Roth-Bernasconi. Surtout que les personnes impliquées dans cette affaire sont soit des élus, soit des hauts fonctionnaires, pour toute la partie hors banque Sarasin.

Fuite d’informations

Les deux élus font allusion ici d’une part aux reproches de fuite d’informations orchestrés par le Conseil fédéral dans le but de mettre en cause le rôle joué par Christoph Blocher. Et d’autre part aux interprétations du règlement interne de la BNS qui ont permis les transactions licites, mais «moralement répréhensibles», du président démissionnaire de la BNS.

«Le manque d’éthique dont Philipp Hildebrand s’est rendu coupable pose la question du sens de l’Etat. Et de sa perte notamment. C’est une évolution de la société. On l’a vu dans d’autres cas, comme l’affaire Nef (ndlr: une plainte pénale était pendante contre l’ex-chef de l’armée lors de sa nomination), ce qui était évident il y a quelques années ne l’est plus. Je pense que nous devrons dans la mesure du possible faire des propositions pour que les règlements, les codes d’éthique et de conduite soient désormais bétonnés et assimilés par les élus et les hauts fonctionnaires», explique pour conclure Pierre-François Veillon.

Créé: 13.01.2012, 14h51

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