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«Il faut laisser tomber cette enquête interne sur CarPostal»

Bloquée par l’enquête pénale, l’investigation lancée par La Poste n’est définitivement plus légitime, selon le conseiller national Olivier Feller.

Olivier Feller, conseiller national PLR, pose devant l'office de poste de Saint-François, à Lausanne.
Olivier Feller, conseiller national PLR, pose devant l'office de poste de Saint-François, à Lausanne.
DOMINIC FAVRE

L’Office fédéral de la police (FedPol) le souligne clairement dans un communiqué publié le 22 mars: «Comme dans n’importe quelle enquête pénale, la procédure pénale administrative a la priorité sur toute autre enquête.»

L’hebdomadaire alémanique SonntagsZeitung révélait dimanche que FedPol a effectivement interdit à La Poste d’interroger des témoins et de se procurer ou de transmettre des documents sur le scandale des transferts illégaux de bénéfice d’au moins 100 millions de francs chez CarPostal. Le géant jaune doit attendre le feu vert de l’Office fédéral de la police, chargé par le Conseil fédéral d’enquêter sur ces malversations, pour publier les résultats de sa propre enquête interne. Comme le souligne l’hebdomadaire, cela pourrait prendre des années. Début mars, le président du conseil d’administration de La Poste, Urs Schwaller, avait pourtant déclaré vouloir disposer des conclusions des experts avant l’été, afin de pouvoir prendre des décisions rapidement.

Quid de la portée pénale?

Quant aux résultats de l’enquête externe menée par l’étude d’avocats Kellerhals Carrard et la fiduciaire Ernst & Young, ils étaient attendus pour fin avril, toujours selon Urs Schwaller.

«Les dirigeants de La Poste n’ont visiblement pas mesuré la portée d’une enquête pénale», souligne le conseiller national PLR vaudois Olivier Feller, très critique par rapport à cette affaire qu’il considère comme «un scandale d’État». «Cela montre surtout à quel point les mesures annoncées par Urs Schwaller le 15 février ont été improvisées.»

Ce jour-là, le président du conseil d’administration déclarait s’être entouré d’un comité d’experts pour mener des investigations à l’interne sur les irrégularités en lien avec les subventions. Sous la pression des médias et de certains parlementaires l’accusant d’être à la fois juge et partie, il s’était ensuite retiré du pilotage de cette enquête.

Un des experts a déclaré forfait

Le 8 mars, il annonçait ainsi avoir confié cette tâche à trois experts indépendants. Mais l’un d’entre eux, Kurt Grüter, avait également dû déclarer forfait moins de deux semaines après sa nomination: ancien directeur du Contrôle fédéral des finances (CDF), sa neutralité pour faire la lumière sur les manquements de CarPostal était mise en doute par des politiciens et par le CDF lui-même.

«Comme je l’ai déjà souligné, cette enquête interne n’est ni indépendante, ni exhaustive (elle ne couvre que les années 2007 à 2015), ni transparente, relève Olivier Feller. Et en plus de cela, elle ne pourra pas être rapide, puisque le volet pénal est prioritaire. Je crois qu’il faut appuyer sur la touche « reset » et laisser tomber. Cette enquête n’a plus aucune crédibilité ni légitimité.»

Comme le souligne le conseiller national, le scandale CarPostal fait désormais l’objet d’une enquête pénale sérieuse en regard de la Loi sur les subventions. «S’il fallait faire d’autres investigations, elles devraient toucher l’ensemble de la période concernée, y compris les années 2016 et 2017, en déterminant par exemple si La Poste a failli en regard d’autres lois. Le cas échéant, le Contrôle fédéral des finances pourrait s’en occuper, dans l’hypothèse où ces recherches seraient compatibles avec l’enquête de FedPol.»

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