«Il faut des partenariats pour lutter contre l'alcool»

Espace publicLes boissons alcoolisées sont en jeu dans 50% cas de violences dans l'espace public, selon une étude. Genève correspond parfaitement à ce cas de figure. Interview avec le chef des opérations de la police cantonale.

Christian Cudré-Mauroux est le chef des opérations à la police cantonale genevoise.

Christian Cudré-Mauroux est le chef des opérations à la police cantonale genevoise. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'alcool et la violence composent un cocktail explosif en ville, dans les quartiers où l'on sort et près des gares, et surtout en début de week-end, révèle mardi une étude de l'Office fédéral de la santé publique. Celle-ci montre que l'alcool fait partie de l'équation dans la moitié des cas de violence physique ou verbale qui nécessitent l'intervention de la police dans l'espace public. Cette situation correspond en tous points à ce qui se passe à Genève. Interview avec Christian Cudré-Mauroux, chef des opérations à la police cantonale.

24 heures: en quoi l'étude présentée correspond à ce que vous vivez dans une ville comme Genève?

Christian Cudré-Mauroux: Effectivement, comme dans l'étude, l'espace public concerné par des nuisances liées à l'alcool sont avant tout la gare et ses abords, certaines places et les parcs, sans oublier les zones où l'offre en bars et pubs est grande.

On y retrouve également la tranche de population à problème, soit avant tout les jeunes gens?

On va effectivement retrouver une population plutôt jeune. Mais pas seulement. On retrouve aussi beaucoup d'adultes dans les zones peuplées de cafés et de bars. Ils ne provoqueront pas de problèmes de violences ou de bagarres, mais plutôt des nuisances sonores qui fâchent tout un quartier. En revanche les parcs sont fréquentés par des jeunes, voire des très jeunes, qui se retrouvent en groupe pour s'alcooliser à l'extrême. C'est un grand souci. Et comme dans l'étude, ce sont une majorité de jeunes gens qui est frappée, même si des filles sont aussi concernées.

Comment lutter contre les problèmes liés à l'alcool dans les villes?

Pour moi, je dirais qu'il faut privilégier les partenariats qui doivent s'inscrire dans la volonté politique de travailler sur le long terme. Endiguer les problèmes liés à l'alcool dans l'espace public passe non seulement par un travail de la police, mais aussi par les services de santé, l'instruction publique ou les communes. Autant d'acteurs qui doivent pouvoir discuter avec les organisateurs d'une fête ou d'un événement à risque et fixer avec eux des heures de fermeture d'établissements, surveiller l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, etc.

Attendez-vous un soutien de la part des politiques?

Dès lors qu’il y a des lois et des règles, je pense qu’elles doivent pouvoir être appliquées dans les meilleures conditions lorsque les gens ne respectent pas le règles du jeu. Il faut pouvoir agir d’un point de vue administratif de manière à ce que l’on puisse prendre des sanctions si nécessaire. Le moyen le plus efficace pour lutter contre l'alcoolisme dans l'espace public passe par trois étapes: 1. la prévention, 2. avoir la capacité de dissuader via des sanctions ou des amendes, et 3. avoir la capacité de réprimer de manière efficace.

Un problème évoqué aujourd'hui est le hooliganisme et la violence liée au sport. Une situation qui cause bien des soucis aux polices du pays. Un de vos confrères a critiqué les demi-mesures prévues par un concordat intercantonal et réclamé une norme pénale pour traiter ces cas. Partagez-vous son point de vue?

Non. Nous disposons déjà d'une série de lois qu'il faut commencer par appliquer strictement . Nous avons une grande marge de progression. Il est vrai que certaines mesures actuelles sont difficiles à mettre en œuvre. Mais là encore, je pense qu'il faut privilégier de bons partenariats entre pouvoirs publics, forces de l'ordre, responsables de clubs et les ligues. Aujourd'hui, chacun a sa part de responsabilité et je trouve étonnant et injustifié que l'on rejette la responsabilité sur les autorités politiques, judiciaires ou encore la police. Cela dit, il est vrai qu'en Suisse romande, la violence liée au sport est le premier problème de sécurité publique. Et si l'on ne fait rien, on risque d'avoir un jour des victimes. Alors certes, il faut de la répression, mais aussi et surtout appliquer tous les outils législatifs existants de manière très stricte, en échangeant un maximum les informations entre les différents acteurs.

(nxp)

Créé: 27.05.2014, 16h34

Articles en relation

L'alcool contribue à la violence physique ou verbale

Prévention L'alcool fait partie de l'équation dans la moitié des cas de violence physique ou verbale qui donnent lieu à l'intervention de la police dans l'espace public, révèle une étude de l'Office fédéral de la santé publique. Plus...

Dès le 1er juillet, la limite d'alcool importé passera à 5 litres

Douanes Dès le 1er juillet, les adeptes du tourisme d'achat ne devront plus se contenter de deux bouteilles de vin ou de cidre, ou d'un pack de six bières. Plus...

Les débordements des hooligans jugés «intolérables» à Berne

Conseil des Etats La commission des transports du Conseil des États refuse de renvoyer la révision de la loi sur le transport de voyageurs au gouvernement. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.