«Il faut aller plus loin avec les partenariats de migration»

AsileSimonetta Sommaruga revient d'Afrique avec deux nouveaux accords signés sur le modèle du Nigeria. Cesla Amarelle préconise d'étendre et de développer ces échanges.

La Vaudoise Cesla Amarelle (PS) est membre de la Commission des institutions politiques du Conseil national

La Vaudoise Cesla Amarelle (PS) est membre de la Commission des institutions politiques du Conseil national Image: Keystone

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Au terme d'une visite d'une semaine en Afrique, Simonetta Sommaruga tire un bilan positif de son déplacement. La ministre de Justice et police a notamment rencontré au Nigeria d'anciens requérants d'asile en Suisse, rentrés au pays avec des aides au retour.

Celles-ci ont été octroyées dans le cadre du partenariat migratoire signé avec le Nigeria début 2011. Celui-ci «fonctionne bien», jugeait ce matin l'élue socialiste. La conseillère fédérale a signé deux nouveaux accords du même genre avec la République démocratique du Congo (RDC) et l'Angola.

Pour quels bénéfices? Questions à la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD), spécialiste du domaine de l'asile.

24 heures: Est-ce que ces partenariats servent vraiment à quelque chose?

Cesla Amarelle: Ces accords ont des effets concrets. Ils sont en général signés avec des pays qui ont de fortes diasporas en Suisse et dont les ressortissants introduisent des demandes d'asile avec très peu de chances de l'obtenir. Cela concerne le Nigeria, la Serbie ou la Tunisie. Mais pas l’Érythrée, dont les ressortissants obtiennent plus facilement le droit d'asile.

Ces accords dits «de deuxième génération» permettent à la Suisse de renvoyer plus facilement les personnes et aux pays d'origine d'obtenir des avantages en contrepartie. Des stagiaires peuvent venir se former en Suisse et il y a des accords commerciaux.

24 heures: Y a-t-il un effet concret sur les retours?

Le lien de cause à effet me paraît clair, mais nous attendons des chiffres précis. J'ai déposé un postulat réclamant une évaluation de ces accords. Le Conseil fédéral souhaite attendre cinq ans pour un vrai bilan.

Mais si on regarde les statistiques 2012, on voit qu'il y a eu une intensification des renvois dans les pays concernés par ces accords (plus de 1500 Nigérians ont quitté la Suisse dans les six premiers mois de 2012, ndlr). Cela signifie en tout cas qu'il y a une normalisation des relations avec les pays concernés, qui acceptent mieux les renvois.

24 heures: Est-ce que les aides au retour (1000 francs de base puis jusqu'à 6000 francs pour redémarrer une activité au pays) ne risquent pas de favoriser une sorte de tourisme de l'asile?

Les chiffres que vous évoquez sont des plafonds. Personnellement je ne suis pas favorable à une aide standard. Je crois que certaines personnes n'ont pas besoin de 6000 francs.

Certains ont besoin d'un coup de pouce de formation, d'autres d'une aide directe pour démarrer une activité. Ce n'est pas un chèque en blanc et il ne suffit pas de venir en Suisse pour toucher un gros montant.

24 heures: Selon vous, ces partenariats constituent donc une solution idéale?

Non, je pense que le Conseil fédéral doit aller plus loin. L'Union européenne cherche à développer une troisième génération d'accords, appelés «partenariats de mobilité». Ils intègreront des échanges de formation portant sur de petits contingents de personnes: elles viendraient se former en Suisse quelques années avant de retourner au pays.

Je pense par exemple à la médecine: nous avons des hôpitaux universitaires avec une forte plus-value sur le savoir scientifique. Les pays sont demandeurs de telles formations, comme l'Algérie dans le domaine pénitentiaire. L'idée serait toujours de pouvoir en contrepartie optimiser les réadmissions.

Créé: 07.02.2013, 14h57

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