Les favoris du PS dévoilent leur plan de bataille

PolitiqueCandidats à la présidence du parti, Mattea Meyer et Cédric Wermuth détaillent leur projet commun. Ils plaident notamment en faveur du droit du sol.

Image: Keystone

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La succession de Christian Levrat à la tête du Parti socialiste suisse approche. L’élection aura lieu 4 avril à Bâle. Deux tandems se présentent pour une coprésidence. Le délai de candidature échoit ce mercredi, le jour même où Cédric Wermuth fêtera ses 34 ans. Ce dernier et sa collègue conseillère nationale Mattea Meyer (ZH) font figure de favoris face au binôme formé de Mathias Reynard et de Priska Seiler Graf. Mais que proposent-ils? Quelles orientations souhaitent-ils donner au Parti socialiste? Cédric Wermuth et Mattea Meyer dévoilent leur plan détaillé pour le PS, avec quelques propositions chocs.

Pour un «renouveau de gauche»

Les deux jeunes Alémaniques inscrivent leur vision sous un slogan: le «renouveau de gauche». Pour eux, le Parti socialiste doit redevenir le parti de l’espoir et du rêve. Il ne l’est plus? «Ce n’est pas un reproche à la direction actuelle, souligne Cédric Wermuth. Mais sous la pression de la vague néolibérale, dans les faits, nous sommes devenus un parti en permanence sur la défensive. Nous aimerions sortir de ce schéma et pouvoir imposer nos propres idées dans le débat.»

Au niveau structurel, ils comptent ainsi faire du PS un mouvement et un lieu de débat de la société civile. Cédric Wermuth observe: «On ne peut pas se contenter de 16% de l’électorat. Mais nous n’avons pas l’impression qu’il faille seulement se concentrer sur regagner ceux qui sont partis chez les Verts ou au centre. Il faut davantage convaincre ceux qui ne sont pas politisés, leur donner l’espoir que le changement est possible.» Mattea Meyer renchérit: «Cédric et moi sommes issus des mouvements sociaux. Il y a beaucoup de personnes prêtes à s’engager. Mais il nous faut aussi des instruments et des lieux qui permettent des engagements ponctuels, par exemple sur le congé paternité ou le climat. Cela dit, nous n’oublions pas les sections locales qui font un travail très important. Nous voulons développer les deux axes en parallèle.»

La politique des 99%

Au niveau du programme politique, Mattea Meyer et Cédric Wermuth définissent quatre axes prioritaires qui pourraient se résumer ainsi: le PS s’engage pour le pouvoir d’achat, en faveur de la justice climatique, d’une société inclusive et se définit comme le parti de l’avenir, notamment sur la question de la digitalisation du travail. Dans le détail? Sur le pouvoir d'achat, les deux candidats réservent peu de surprises. Ils disent leur soutien à une 13e rente AVS, à un allègement des primes maladie, à des logements moins chers, à des crèches financées par les pouvoirs publics, à l’introduction d’une nouvelle taxe sur le capital.

La question climatique? Ils la désignent comme «le problème le plus urgent de notre temps», sans réinventer la roue verte. Le PS doit être le parti de la justice climatique, assènent-ils. «La justice climatique, cela veut dire que les petites mesures, comme les taxes sur les billets d’avion, ne suffiront pas, explique Mattea Meyer. Nous désignons les vrais responsables, la place financière, qui provoque vingt fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que l’ensemble de la population suisse. À elle de prendre ses responsabilités.» Ils réclament une taxe sur la fortune pour cofinancer la transition énergétique.

Accorder le droit du sol

C'est peut-être dans le troisième axe défini par le jeune tandem que se trouve la proposition concrète la plus audacieuse. La Zurichoise et l'Argovien veulent (re)positionner le PS sur la question des droits humains. Ils comptent lancer une «nouvelle offensive pour la citoyenneté à la naissance». Mattea Meyer souligne: «Nous voulons faire de la politique pour le 99% des gens, pas seulement pour ceux qui ont le passeport suisse. Nous pouvons être fiers de notre démocratie, mais elle est imparfaite. Un quart des gens qui vivent en Suisse ne peuvent pas voter, même pas se prononcer parfois sur la construction d'une école dans leur village. C'est inadmissible!» Quitte à crisper: «Nous nous sommes mis d'accord sur un principe: nous voulons toujours faire de la politique en disant ce qui est vrai, ajoute Cédric Wermuth. Cela signifie avoir une position migratoire claire même si, à court terme, certains estimeront peut-être que c'est difficile».

Plus surprenant, leur projet ne dit pas un mot sur deux thèmes prioritaires aux yeux des Suisses: les relations avec l'UE et la santé. Sont-ils pour l'adhésion? Les deux marquent un long silence. «Je pense que ce n'est pas le moment d'en discuter, résume Mattea Meyer. De manière générale, nous voulons être actifs pour construire une Europe solidaire. Cela suppose dans tous les cas d'avoir de bonnes relations avec l'UE.» Sur la santé, Cédric Wermuth estime qu'il s'agira pour le PS de faire des propositions après le projet d'allègement des primes. «Pourquoi pas relancer le projet de caisse unique?» lance l’Argovien aux racines romandes.

Créé: 17.02.2020, 17h14

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