La bataille pour les États promet d’être impitoyable

Élections fédéralesLe PDC part favori pour rester le premier parti de la Chambre haute. Grosse lutte entre les Verts et l’UDC pour la 4e place.

Image: KEYSTONE/Lukas Lehmann

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La bataille pour le Conseil national est à peine terminée que celle pour le Conseil des États vit sa phase la plus chaude. Des candidats jettent l’éponge car ils se sont écrasés au 1er tour dimanche. D’autres sont galvanisés par leur bon résultat et ne rêvent que d’une chose: s’asseoir sur un des 46 sièges des États. Un fauteuil prestigieux qui a nettement plus de poids qu’un des 200 sièges du National.

Mais un fauteuil de sénateur – ou de sénatrice puisqu’il y a de nombreuses candidates en lice –, cela se mérite. Il faut aller le «chercher avec les dents» tout en affichant la sérénité d’un notable. Enthousiasmer et rassurer, telle est la clé. À Neuchâtel, dans le Jura, à Glaris, en Thurgovie, dans les Grisons et dans d’autres petits cantons, le verdict est déjà tombé. Mais ailleurs, le suspense règne. Et l’issue intéresse toute la Suisse car la Chambre haute, rappelons-le, a le même poids politique que le National.

Aujourd’hui, le caïd du Conseil des États, c’est le PDC. Le parti centriste occupe la première marche du podium avec quatorze sièges. Tout indique qu’il conservera cette place enviée au soir du 24 novembre, quand tous les 2es tours seront terminés. Le PDC a déjà 8 sièges en poche (voir l’infographie).

Le PLR et le PS, qui suivent le PDC, devraient perdre quelques plumes en raison notamment de la vague écolo. Les Verts, qui n’avaient qu’un seul représentant aux États avec Robert Cramer (GE), ont cette fois les dents longues. Ils peuvent espérer décrocher jusqu’à six fauteuils, dont deux dans l’arc lémanique. S’ils y arrivent, ils pourraient dépasser l’UDC, qui a beaucoup de mal à s’imposer dans ce type d’élection majoritaire. Pourquoi? Parce qu’il faut passer des alliances et ratisser large.

Dans nombre de cantons, la bataille s’annonce impitoyable. Coup de projecteur sur cinq points chauds.


Valais: une femme pour défendre la citadelle PDC

Depuis la nuit des temps, le PDC contrôle les deux sièges valaisans aux États. Mais le pouvoir du parti s’effrite. Un jeune chevalier socialiste, Mathias Reynard, qui a fait le meilleur score de son canton au National, se lance à l’assaut de la forteresse. Il jouit de l’appui de l’ancien conseiller fédéral PLR Pascal Couchepin. Pour défendre la citadelle, le PDC a eu la bonne idée de faire appel à une femme, Marianne Maret, qui accompagne le sortant Beat Rieder. Un atout-choc du ticket d’autant que la députation valaisanne au National est entièrement masculine. Quelle que soit l’issue, le Valais écrira l’histoire: la première femme ou le premier socialiste aux États.


Berne: Regula Rytz secoue le cocotier politique

L’élection aux États devait être une simple formalité. On reconduisait le sortant Hans Stöckli (PS) et la populaire ministre des Finances Beatrice Simon s’installait tranquillement dans le fauteuil vacant du PBD. Patatras. Simon a fait un score catastrophique. Elle a annoncé mardi qu’elle se retirait de la course pour rester au gouvernement cantonal. Du coup, la présidente des Verts, Regula Rytz, qui a fait un excellent score, secoue le cocotier. Elle repart au combat avec Stöckli. Le but? Faire basculer pour la première fois les deux sièges à gauche. À droite, l’UDC Werner Salzmann va tenter d’empêcher cette minirévolution de palais. Il sera secondé par Christa Markwalder (PLR), ancienne présidente du National, qui n’a pas fait un bon 1er tour.


Tessin: un quatuor explosif dans un mouchoir de poche

C’est une configuration très rare. Quatre candidats, des quatre partis gouvernementaux, ont terminé le 1er tour dans un mouchoir de poche au Tessin. Il y a d’abord le sortant Filippo Lombardi (PDC), qui, malgré sa notoriété, n’a pas réussi à creuser l’écart sur ses poursuivants du Conseil national. On trouve en second la surprise, Marco Chiesa (UDC), qui a bénéficié d’un report de voix massif de la Lega. Suit Giovanni Merlini, le PLR qui devait s’asseoir sur le fauteuil laissé libre à Berne par Fabio Abate. Enfin, à quelques poussières de voix, la présidente du Conseil national, Marina Carobbio (PS). Lombardi devrait être réélu. Mais pour le reste, c’est la bouteille à l’encre.


Fribourg: une jeune femme PLR contre un notable PDC

Christian Levrat, président du PS, n’a pas passé une bonne soirée dimanche, au vu des résultats de son parti. Mais son fauteuil de sénateur fribourgeois lui est acquis au vu de son score du 1er tour. En revanche, l’autre sortant, Beat Vonlanthen (PDC), fait un résultat médiocre. Il ne devance que de 4000 voix la jeune PLR Johanna Gapany. Peut-elle bousculer le notable PDC, ancien conseiller d'Etat? Cela dépendra en partie de sa faculté à mobiliser tout l’électorat de droite autour de sa personne. Mardi soir, l'UDC a décidé de retirer son candidat, Pierre-André Page, arrivé 4e au 1er tour.


Saint-Gall: le «dinosaure» défend âprement sa peau

Paul Rechsteiner (PS) est entré au parlement en 1986. Si, si, vous avez bien lu. Cela fait donc trente-trois ans qu’il siège sous la Coupole. D’où son surnom de «dinosaure». Eh bien la bête résiste toujours à l’extinction de l’espèce. Il fait un très bon score au 1er tour à Saint-Gall en prenant la seconde place derrière Beni Würth (PDC). Un autre animal politique, Roland Rino Büchel (UDC), va essayer de le déloger puisque Marcel Dobler (PLR), le sportif d’élite, s’est complètement ramassé. Mais quand un rhinocéros affronte un dinosaure, on parie plutôt sur le dernier.

Créé: 22.10.2019, 22h28

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